Julien
Lepage

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À moi
Erwan Bracchi

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À moiÀ ce moment, qui n’est que passager,
Passager que je fus à bord de lui,
Je dédie, du passé le messager,
Ce passager poème de la Nuit ;

Seul dans mon salon,
Sagement assis,
Par l’effroi saisi –
Seul dans la pénombre ;

Le linoléum,
La table à manger,
L’écran de télé –
Un petit bonhomme ;

Autour, des fantômes,
Et tout près, des monstres,
Perdus dans les ombres –
Dans la Nuit, très tôt ;

Enfin, le réveil,
Aussi douloureux,
Au goût doucereux –
De l’enfant l’éveil ;

Les chimères mutent,
Mais elles demeurent,
Ces instants se meurent –
Mais la vie perdure ;

Ainsi meurt l’enfance,
Tout petit cercueil,
Dans un petit cœur –
Commence l’errance ;

À cette ère, qui n’est que passagère,
Chimère que je demeure à son bord,
Je voue, mort, de l’enfance l’éphémère,
Les fées mères dont ces vers sont le corps.


Note : 0 / 10

le 1 janvier 1970

Le 25 juin 2007


       


Julien Lepage
2017