J̇ulien Leρɑɡe

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The dinner
Jay Roach
2010

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The dinnerÉvidemment, quand une comédie française est bonne, elle a droit à son remake américain tout pourri (La fille en rouge pour Un éléphant ça trompe énormémentMixed nuts pour Le père Noël est une ordure, Les visiteurs en Amérique pour Les visiteurs, et bien d’autres encore !).
Cette fois, la cible de l’humour puéril américain est le très bon Dîner de cons, de Francis Veber. Après avoir été massacré par Arthur et Dany Boon au théâtre, le scénario arrive dans les mains du réalisateur Jay Roach, auteur des séries à succès Austin Powers et Mon beau-père et moi. Connaissant le talent du cinéaste pour la comédie, on pouvait espérer assister avec cette reprise à un film au moins regardable, voire – soyons optimistes – drôle ; d’autant plus que le rôle principal est tenu par Steve Carell, à qui le rôle de « con » sied à merveille.
Las, le film s’ouvre sur une présentation du hobby dudit con. Dans le film original, le regretté Jacques Villeret vouais une passion aux répliques de monuments en allumettes ; ce qui est évidemment à la portée du premier attardé venu puisque le principe est plus ou moins le même que celui du puzzle. Ici, Steve Carell met en scènes des souris empaillées dans des décors bucoliques de sa construction, ce qui, pour le coup, demande un sacré sens artistique et une imagination débordante. Peut-être que le fait d’utiliser des souris mortes pour créer une œuvre d’art fera hurler de rire un américain ; et tout cas, pour ma part, cela décrédibilise le personnage en tant que con.
Pour la suite, le scénario rejoint celui du film français puisqu’un homme d’affaires (Paul Rudd) doit participer à un dîner avec un con ; le rencontre ; prend mal au dos et ne parvient alors plus à s’en débarrasser.
Malheureusement, l’humour américain est de la partie, et chaque gag est amplifié de manière déraisonnable au point de rendre chaque trait d’humour atrocement lourd. Pire : la crédibilité des personnages frôle le zéro et, de fait, l’humanité émouvante du Con disparaît complètement. Reste alors uniquement l’enchaînement de gags nuls.
Côté originalité, l’hilarant contrôleur des impôts incarné par Daniel Prévost se voit remplacé par un fonctionnaire hypnotiseur interprété mollement par Zach Galifianakis (Very bad trip).
En conclusion, le film passe complètement à côté de son sujet en snobant le réalisme des personnages. Destiné clairement à un public américano-américain, on comprend la discrétion du film lors de sa sortie en France.

Note : 3 / 10

Vu le 21 décembre 2010




       


Julien Lepage
2018