Julien
Lepage

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Misophage
Julien Lepage

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Journal intime de Jonathan Berrin


Dimanche 24 juin 2007

Bonjour, je m’appelle Jonathan Berrin, j’ai 15 ans et je suis actuellement en classe troisième, au collège Peter Jackson de Domuse.
Hier, dans la chambre de mes parents, j’ai trouvé des journaux. Ça s’appelle « le Monde de Domuse ». C’est un journal d’information pour les vieux, mais j’ai voulu le lire pour être au courant de ce qui se passe dans le monde, et dedans, j’ai trouvé deux choses intéressantes. Il y a des dessins umo humoristiques très rigolos, mais aussi et surtout des « reportages » (je sais pas si ça se dit pour un journal) qui sont signés « WEB ». Si ça se trouve, ça a été trouvé sur Internet. Ou alors c’est quelqu’un qui s’appelle comme ça. Moi je crois que c’est quelqu’un de la famille du type qui a inventé l’ordinateur.
Et donc, ce sont des reportages sur des meurtres. Ça fait super peur, mais quand même je me dis que celui qui écrit ça, il doit vivre des aventures supers. Du coup, j’ai décidé que plus tard, je serai journaliste de crimes.

Lundi 25 juin 2007

Aujourd’hui, j’ai parlé à Céline. Elle a pas voulu sortir avec moi.
Elle m’a dit qu’elle était amoureuse de Jérémy. J’en ai marre !
Toutes les filles sont toujours amoureuses de Jérémy.

Mercredi 27 juin 2007

Aujourd’hui, une femme est morte à Domuse. Ils en ont beaucoup parlé à la télé. Il parait que c’était un accident horrible et que la femme a été mangée par un chien sauvages ou par un loup. J’ai décidér que je vais faire ma première enquête sur cette mort. Ça me fera un bon exercice pour plus tard j’espère.

Jeudi 28 juin 2007

C’était une mission particulièrement difficile qui m’était confiée, mais en tant que plus grand inspecteur de tous les temps, ce défi ne fait pas peur.
Comme vous le savez sans doute, un accident atroce a eu lieu dans notre belle cité de Domuse. Une femme (Suzanne Quintro) s’est faite manger vivante par un animal sauvage lundi, en fin de soirée alors qu’elle se trouvait seule dans son jardin, en train d’arroser ses plantes. J’ai donc décidé de mener l’enquête en me rendant sur place.
Je suis arrivé chez elle après les cours, sur les coups de six heures et demie. Il y avait tout autour de la maison des cordons de sécurité, et quelques policiers devant.
J’ai attendu qu’ils partent et puis je suis rentré dans le jardin. J’étais déçu parce qu’ils avaient enlevé le corps, mais quand même, il restait des traces de sang sur l’herbe.
D’ailleurs, en regardant bien l’herbe, on voyait que par endroits, elle était piétinée.
On voyait les traces des policiers, et j’ai facilement reconnu les traces de pas de madame Quintro parce qu’il y avait des traces de chaussures à talon, et que les seuls policiers que j’ai vus sur place étaient des hommes. Par contre, là où j’ai commencé à avoir des doutes quant à la conclusion des enquêteurs, c’est quand j’ai découvert des traces de pas de petite pointure (les marques faisaient la taille de mes pieds, et je chausse du 35, ce qui est assez rare chez un homme adulte), pourquoi je me suis rendu au commissariat de police immédiatement.
J’ai dit à l’accueil que j’avais vu un policier faire tomber un calepin et que je l’avais ramassé. En fait, c’est l’agenda de mon père que j’ai pris.
J’ai dit que le policier était petit, et ils m’ont fait faire un tour pour me montrer tous les gens qui étaient là, mais pas un seul n’avait de petits pieds, ce qui confortait mon idée.
Je pense retourner à la maison de la femme demain, pour voir si je trouve d’autres indices.

Vendredi 29 juin 2007

Chez lecteur, aujourd’hui, je suis retourné comme prévu dans la maison de madame Quintro, à l’endroit où j’avais découvert les traces de pas.
Cette fois-ci, c’était impossible de voir ces traces à nouveau parce qu’il avait plu. Du coup, on voyait plus rien du tout. Il fallait que je trouve d’autres indices, alors j’ai passé beaucoup de temps à chercher, mais je n’ai rien trouvé du tout. Quand je repense à ce fameux WEB, je me dis qu’il est vraiment fort de pouvoir résoudre ces mystères. Mais lui, il a de la chance, parce que là où il va, il se produit toujours des évènements qui font qu’il peut découvrir la vérité.
J’étais tellement fatigué que je me suis endormi dans le jardin.
Heureusement, personne ne m’a vu, et j’ai pu repartir chez moi le lendemain matin.
J’ai de la chance que mes parents n’aient rien remarqué.

Samedi 30 juin 2007

Alors que j’allais abandonner ma première enquête, un rebondissement a eu lieu. Vendredi soir, un deuxième meurtre a été commis à Doume, et si je dis qu’il s’agit d’un meurtre, c’est parce que je ne crois pas à la thèse du loup (dans les livres, le héros ne croit jamais la police, donc j’ai décidé de ne pas la croire non plus).
D’ailleurs, la police a encore dit qu’il s’agissait d’un loup, même que des battues sont organisées ce week-end dans la ville. Il y a aussi une coïncidence que je trouve très curieuse : la victime d’hier est encore une femme qui était seule, à la différence que celle-ci n’était pas chez elle, mais dans la rue.
Donc si mon raisonnement est bon, et qu’il s’agit bien d’un tueur en série, ses victimes sont des femmes isolées qui se trouvent à l’extérieur le soir. Ce qui me fait penser inévitablement à Jack l’éventreur ! Peut-être n’est-il pas mort ! et que maintenant, il mange ses victimes plutôt que de les tuer, pour qu’on ne le reconnaisse pas.
Mais il n’a pas de chances : un journaliste enquête sur lui, et c’est le meilleur enquêteur de tous les temps.
Jonathan Berrin !
Jack n’a qu’à bien se tenir !

Dimanche 1er juillet 2007

J’ai regardé sur Internet et j’ai appris que Jack l’éventreur sévissait à Londres en 1888.
Ce qui voudrait dire qu’il aurait aujourd’hui au moins 140 ans.
C’est une mauvaise nouvelle puisque c’est toute ma théorie qui s’effondre. Ce n’est donc pas lui le meurtrier. Il faut absolument que je l’arrête avant qu’il ne tue toutes les femmes seules de Domuse.

Lundi 2 juillet 2007

Je commence vraiment à ne plus rien comprendre à cette affaire ! Une autre femme est morte. Toujours à Domuse, et toujours dans le même quartier, qui, comme par hasard, est le quartier dans lequel j’habite. À croire que l’assassin me nargue exprès.
Mais je ne désespère pas ! D’ailleurs, j’ai obtenu un indice supplémentaire en allant examiner l’endroit où est morte la deuxième victime. Quelques mètres plus loin, derrières des fourrés longeant le chemin de terre sur lequel elle effectua son ultime promenade. Là, dans la boue, des empreintes de pas étaient encore fraîches, et il ne faisait aucun doute qu’elles appartenaient au meurtrier. J’en ai l’intime persuasion, d’autant plus que ces empreintes correspondent (si mes souvenirs sont bons) à celles que j’avais relevées sur la pelouse de feue madame Quintro.
Cette fois-ci, étant conservées dans la boue, ces traces de pas s’avairaire s’avair s’avèrèr étaient bien plus riches en informations. On y distinguait clairement la marque des chaussures : des Converses, dont le pentagramme caractéristique se était nettement imprimé. Je connaissais d’autant plus ce logo que je portais moi-même des chaussures de ce type. J’ai d’ailleurs cru que c’était mes propres empreintes, mais j’ai la certitude de ne pas être passé par là avant.
J’ai ensuite comparé les traces aux miennes, et je peux en conclure que le tueur possède exactement les mêmes chaussures que moi (même marque, même modèle et même pointure).
De plus, en examinant la profondeur de la marque, il semblerait qu’il pèse également à peu près le même poids que moi, pourquoi je suis arrivé à la conclusion que le meurtrier est un enfant de mon âge, et par conséquent qu’il fréquente le même collège que moi.
Demain, j’examinerai les élèves de troisième, pour voir s’il y en a qui me ressemblent et qui ont les mêmes chaussures que moi.

Mardi 3 juillet 2007

J’ai mené aujourd’hui mon enquête au collège, mais ce n’est pas chose aisée. Je n’ai pu trouver personne qui avait les mêmes chaussures que moi… En revanche j’ai trouvé quelques personnes qui ont à peu près mon gabarit. Reste à savoir si elles ont des Converses…
Pour cela, j’avais pensé en suivre un par soir, mais hier – et ce n’est pas la première fois que j’ai ce problème – je me suis endormi tôt. Vers 18h. Je ne sais pas comment ça se fait… J’avais faim.
Hier soir, un autre meurtre a été perpétré.


Note : 0 / 10

le 1 janvier 1970

Le 12 juillet 2007


       


Julien Lepage
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