J̇ulien Leρɑɡe

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Quartier lointain
Sam Garbarski
2010

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Quartier lointainAdapté du joli manga de Jirō Taniguchi, Quartier lointain conte l’histoire d’un homme d’une cinquantaine d’années (Pascal Greggory) qui, par mégarde, se trompe de train et se retrouve malgré lui dans la ville de son enfance, dans laquelle il n’était jamais retourné. Profitant de l’important temps d’attente avant le prochain train, il se rend au cimetière, sur la tombe de sa mère, morte d’une dépression après le départ mystérieux et imprévisible de son père.
Pris d’un vertige alors qu’il observait un papillon voler, l’homme s’effondre. À son réveil, l’invraissemblable se produit : il a retrouvé ses quatorze ans ! Ainsi métamorphosé (et interprété, du coup, par Léo Legrand), l’homme se précipite en ville où il constate, médusé, que celle-ci a recouvré son aspect des années 70. Chez lui, il revoit même ses parents !
Très vite, il se rendra compte qu’il est revenu quelques semaines avant la disparition de son père (Jonathan Zaccaï).
Jonathan Zaccaï, Léo Legrand et Sam Garbarski à l’avant-première du film
Jonathan Zaccaï, Léo Legrand et Sam
Garbarski
à l’avant-première du film
Pour qui n’a pas lu le manga, ce film est sympathique et se laisse plutôt bien regarder malgré un amateurisme latent et une interprétation approximative.
Pour qui a lu le manga en revanche, le bilan est moins neutre. Certes, la transposition de l’action de Tottori-shi à Nantua est concluante. Certes, la musique de Air colle parfaitement à l’ambiance. Cependant, le scénario, bien que globalement fidèle à l’œuvre originale, devient ici d’une lourdeur affligeante et se retrouve amputé de quelques scènes parmi les meilleures que compte le manga. Pire : le réalisateur, Sam Garbarski, n’hésite pas à ajouter à ce conte poétique une scène assez graveleuse avec l’ami d’enfance du héros.
Enfin, c’est surtout la conclusion de l’œuvre qui pose réellement problème. Alors que la bande-dessinée choisit de s’achever sur une fin émouvante ancrant l’aventure dans la réalité, le film s’arrête sur du flou ; mais un flou totalement injustifié et inconsistant. Bref, le film est passé à côté de l’essence même de ce qu’avait voulu Jirō Taniguchi. Dommage.

Note : 3 / 10

Vu le 16 novembre 2010




       


Julien Lepage
2018