J̇ulien Leρɑɡe

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Spider-man
Sam Raimi
2002

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Spider-manAyant toujours abhorré l’homme-araignée (franchement, balancer des fils gluants par des trous dans les poignets, ça ne m’a jamais fait rêver), ce n’est que huit ans après sa sortie que je découvris ce film de Sam Raimi, réalisateur de la série des Evil dead.
Le scénario est déjà connu de tous, mais le réalisateur n’hésite pas à nous retracer l’avènement du héros. Loin de valoir l’introduction de Batman begins, on a droit ici à un adolescent boutonneux à lunettes, quasi geek, qui, lors d’une sortie scolaire, se fait mordre par une araignée génétiquement modifiée. Là, sa vue se développe (qui ne connait pas l’expression « avoir un œil d’araignée » ?), sa masse musculaire explose et son acné s’évapore. Miracle !
Bien décidé à utiliser son pouvoir pour draguer sauver le monde, le jeune Peter Parker s’élance à travers les rues de New-York en quête de vieilles dames à faire traverser, arborant une splendide combinaison aux couleurs de l’Amérique. Spider-man est né !
Gnié ?
Gnié ?
Non content de montrer sa tronche de cake sur grand écran, Tobey Maguire se permet de jouer comme un pied, me confortant dans mon antique intuition que Spider-man est un bien piètre héros.
Rapidement, heureusement, le scénario fait place à quelques effets-spéciaux de bonne facture qui, aidés par une haute-définition et par un téléviseur adapté, plongent le spectateur dans les hauteurs des immeubles new-yorkais.
Las, le répit est de courte durée puisque nous est imposée la présence de Kirsten Dunst présentée comme un ange dont Spider-man ne saurait détourner le regard. Comme on dit, qui se ressemble s’assemble, et que ces deux faces d’ahuris terminent ensemble parait tant évident qu’inéluctable.
Pire : après quelques scènes pseudo-romantiques surviennent divers épisodes héroïques au cours desquels Spider-man perd tragiquement son oncle adoptif. Il en faudra un peu plus pour émouvoir.
Enfin, le summum du film est atteint avec l’apparition du Bouffon vert, incarné par le pauvre Willem Dafoe que seule la faim a pu contraindre à s’ainsi fourvoyer. Le Bouffon vert, donc, est apparemment un grand Méchant de l’univers arachnéen et le moins que l’on puisse dire est que cette chose manque cruellement de charisme. Stan Lee a eut été plus inspiré.
Au final, donc, ce film met en scène un héros qui n’en a pas l’air luttant contre un méchant qui n’en a pas l’air afin de sauver une fille qui n’en a pas l’air. Bref, Spider-man est un bon film qui n’en a pas l’air.

Note : 4 / 10

Vu le 1 décembre 2010




       


Julien Lepage
2018