Mes meilleures amies
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Il y avait cette promesse de renouveau, cette idée que l'humour Apatowien, bien gras et assumé, allait secouer le sempiternel schéma des comédies de mariage. Mes meilleures amies, réalisé par Paul Feig et produit par Judd Apatow, devait être cette claque irrévérencieuse, cette version féminine de Very bad trip où le politiquement correct serait mis de côté au profit d'un humour cash et d'un regard mordant sur l'amitié féminine. Évidemment, il n'en est rien. Ce qui aurait pu être une satire des conventions romantiques s'avère être une variation sur le même thème, agrémentée de quelques plaisanteries scabreuses histoire de justifier sa prétendue audace.
L'histoire est cousue de fil blanc : Annie, incarnée par Kristen Wiig, est une trentenaire à la dérive. Son magasin de pâtisserie a coulé, son petit ami l'a quittée et son quotidien est rythmé par des humiliations en série. Sa meilleure amie Lillian (Maya Rudolph) lui annonce son mariage, ce qui propulse Annie dans la position de témoin et déclenche une rivalité avec Helen (Rose Byrne), la nouvelle amie richissime et parfaite de la future mariée. Autour d'elles gravitent une bande de demoiselles d'honneur aux personnalités caricaturales : Rita (Wendi McLendon-Covey), la mère de famille aigrie ; Becca (Ellie Kemper), la jeune épouse ingénue ; et Megan (Melissa McCarthy), l'ogresse excentrique qui crève l'écran dès qu'elle apparaît.
Là où le film aurait pu se démarquer par un scénario ingénieux et un regard un peu cynique sur les codes du mariage, il s'enfonce dans les stéréotypes habituels. La rivalité entre Annie et Helen n'est qu'une resucée des antagonismes de comédies romantiques de bas étage : l'une est spontanée et attachante, l'autre est rigide et superficielle, et leur affrontement ne dépasse jamais le niveau d'un duel de crêpage de chignon. Quant à la dynamique de groupe, elle oscille entre le convenu et le franchement forcé, les blagues tombant souvent à plat ou étant poussées jusqu'à l'épuisement.
Le film a cette fâcheuse tendance à confondre vulgarité et irrévérence, comme en témoigne cette fameuse scène d'intoxication alimentaire où les personnages vomissent et défèquent en pleine boutique de robes de mariée. Non seulement la séquence est inutilement longue, mais elle donne l'impression que les scénaristes ont cru qu'il suffisait d'insérer une scène scatologique pour prétendre révolutionner la comédie féminine. Ce n'est pas un problème d'humour potache en soi — après tout, certains films savent manier le mauvais goût avec brio —, mais ici, la lourdeur et le manque de timing humoristique rendent le tout plus gênant que drôle.
Quant aux personnages, leur développement se résume à des gimmicks recyclés. Annie, censée être l'héroïne attachante, se vautre dans l'auto-apitoiement au point d'en devenir pénible. Son histoire d'amour avec le flic mollasson joué par Chris O'Dowd est aussi insipide que prévisible, et son incapacité à prendre une décision intelligente tout au long du film finit par lasser. Helen est une caricature de rivale snob qui n'évolue jamais, et les autres personnages secondaires sont réduits à des rôles de figurants comiques.
On aurait pu espérer un film qui explore réellement les tensions et jalousies dans une amitié de longue date, mais Mes meilleures amies se contente d'aligner les clichés habituels sur l'amitié féminine, en ajoutant une touche de rivalité toxique pour pimenter l'ensemble. Le film tente d'aborder la pression sociale exercée sur les femmes à travers le prisme du mariage et des attentes qui y sont associées, mais il ne va jamais au bout de son propos. Tout est effleuré, jamais creusé.
La réalisation est aussi plate que la mise en scène de n'importe quelle comédie formatée. Paul Feig filme le tout avec une efficacité fonctionnelle, sans jamais apporter une réelle patte visuelle. La photographie est fade, les choix de mise en scène anecdotiques, et le montage souffre de longueurs inutiles qui alourdissent encore un peu plus un film déjà étiré sur 2 h 05. La bande-son, quant à elle, se contente d'empiler les morceaux pop calibrés pour souligner artificiellement les émotions.
Côté performances, Kristen Wiig fait ce qu'elle peut avec un rôle qui la cantonne à l'auto-dérision permanente, mais finit par lasser à force d'enchaîner les grimaces et les crises de nerfs. Rose Byrne est transparente, incapable d'insuffler à Helen la moindre nuance. La seule qui tire son épingle du jeu est Melissa McCarthy, qui parvient à injecter un peu de folie et d'originalité à un personnage qui aurait pu sombrer dans la caricature pure et simple.
Mes meilleures amies n'a donc rien de révolutionnaire. Il recycle les poncifs de la comédie romantique en ajoutant un vernis d'humour graveleux qui ne parvient jamais à masquer la vacuité du propos. Ce n'est ni audacieux, ni subversif, juste une version plus bruyante et plus maladroite d'un schéma déjà usé jusqu'à la corde. Le film se veut drôle, mais il se contente de provoquer du malaise. Il aurait pu être une comédie mordante sur l'amitié et les rivalités féminines ; il se contente d'être une comédie de mariage un peu plus vulgaire que d'habitude. À voir si on aime les blagues de toilettes et les personnages qui s'humilient en boucle. Sinon, autant passer son chemin.
L'histoire est cousue de fil blanc : Annie, incarnée par Kristen Wiig, est une trentenaire à la dérive. Son magasin de pâtisserie a coulé, son petit ami l'a quittée et son quotidien est rythmé par des humiliations en série. Sa meilleure amie Lillian (Maya Rudolph) lui annonce son mariage, ce qui propulse Annie dans la position de témoin et déclenche une rivalité avec Helen (Rose Byrne), la nouvelle amie richissime et parfaite de la future mariée. Autour d'elles gravitent une bande de demoiselles d'honneur aux personnalités caricaturales : Rita (Wendi McLendon-Covey), la mère de famille aigrie ; Becca (Ellie Kemper), la jeune épouse ingénue ; et Megan (Melissa McCarthy), l'ogresse excentrique qui crève l'écran dès qu'elle apparaît.
Là où le film aurait pu se démarquer par un scénario ingénieux et un regard un peu cynique sur les codes du mariage, il s'enfonce dans les stéréotypes habituels. La rivalité entre Annie et Helen n'est qu'une resucée des antagonismes de comédies romantiques de bas étage : l'une est spontanée et attachante, l'autre est rigide et superficielle, et leur affrontement ne dépasse jamais le niveau d'un duel de crêpage de chignon. Quant à la dynamique de groupe, elle oscille entre le convenu et le franchement forcé, les blagues tombant souvent à plat ou étant poussées jusqu'à l'épuisement.
Le film a cette fâcheuse tendance à confondre vulgarité et irrévérence, comme en témoigne cette fameuse scène d'intoxication alimentaire où les personnages vomissent et défèquent en pleine boutique de robes de mariée. Non seulement la séquence est inutilement longue, mais elle donne l'impression que les scénaristes ont cru qu'il suffisait d'insérer une scène scatologique pour prétendre révolutionner la comédie féminine. Ce n'est pas un problème d'humour potache en soi — après tout, certains films savent manier le mauvais goût avec brio —, mais ici, la lourdeur et le manque de timing humoristique rendent le tout plus gênant que drôle.
Quant aux personnages, leur développement se résume à des gimmicks recyclés. Annie, censée être l'héroïne attachante, se vautre dans l'auto-apitoiement au point d'en devenir pénible. Son histoire d'amour avec le flic mollasson joué par Chris O'Dowd est aussi insipide que prévisible, et son incapacité à prendre une décision intelligente tout au long du film finit par lasser. Helen est une caricature de rivale snob qui n'évolue jamais, et les autres personnages secondaires sont réduits à des rôles de figurants comiques.
On aurait pu espérer un film qui explore réellement les tensions et jalousies dans une amitié de longue date, mais Mes meilleures amies se contente d'aligner les clichés habituels sur l'amitié féminine, en ajoutant une touche de rivalité toxique pour pimenter l'ensemble. Le film tente d'aborder la pression sociale exercée sur les femmes à travers le prisme du mariage et des attentes qui y sont associées, mais il ne va jamais au bout de son propos. Tout est effleuré, jamais creusé.
La réalisation est aussi plate que la mise en scène de n'importe quelle comédie formatée. Paul Feig filme le tout avec une efficacité fonctionnelle, sans jamais apporter une réelle patte visuelle. La photographie est fade, les choix de mise en scène anecdotiques, et le montage souffre de longueurs inutiles qui alourdissent encore un peu plus un film déjà étiré sur 2 h 05. La bande-son, quant à elle, se contente d'empiler les morceaux pop calibrés pour souligner artificiellement les émotions.
Côté performances, Kristen Wiig fait ce qu'elle peut avec un rôle qui la cantonne à l'auto-dérision permanente, mais finit par lasser à force d'enchaîner les grimaces et les crises de nerfs. Rose Byrne est transparente, incapable d'insuffler à Helen la moindre nuance. La seule qui tire son épingle du jeu est Melissa McCarthy, qui parvient à injecter un peu de folie et d'originalité à un personnage qui aurait pu sombrer dans la caricature pure et simple.
Mes meilleures amies n'a donc rien de révolutionnaire. Il recycle les poncifs de la comédie romantique en ajoutant un vernis d'humour graveleux qui ne parvient jamais à masquer la vacuité du propos. Ce n'est ni audacieux, ni subversif, juste une version plus bruyante et plus maladroite d'un schéma déjà usé jusqu'à la corde. Le film se veut drôle, mais il se contente de provoquer du malaise. Il aurait pu être une comédie mordante sur l'amitié et les rivalités féminines ; il se contente d'être une comédie de mariage un peu plus vulgaire que d'habitude. À voir si on aime les blagues de toilettes et les personnages qui s'humilient en boucle. Sinon, autant passer son chemin.
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