Basil, détective privé
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Il y a des films Disney qu'on brandit comme des étendards, et puis il y a ceux qu'on ressort un dimanche pluvieux, un peu par réflexe, parce qu'ils font partie du décor mental. Basil appartient clairement à la deuxième catégorie. Ce dessin animé réalisé par Ron Clements, Burny Mattinson et Dave Michener, avec l'ombre bienveillante de John Musker pas très loin, donne aujourd'hui l'impression d'un film coincé entre deux époques. En 2008, le revoir a quelque chose de légèrement déroutant : on sent l'envie de bien faire, parfois même de faire mieux que la moyenne, mais aussi les limites d'un studio Disney encore en pleine convalescence après les années difficiles du début des années 80.
L'histoire, elle, va droit au but et ne cherche jamais à être autre chose que ce qu'elle est. À Londres, en 1897, une petite souris nommée Olivia se retrouve seule après l'enlèvement de son père, l'inventeur M. Flaversham. Elle tombe alors sur Basil, détective brillant et légèrement imbu de lui-même, assisté par le très british Dawson. Très vite, tout pointe vers Ratigan, rat mégalomane et rancunier, décidé à prendre la place de la Reine des Souris à l'aide d'un automate diabolique. Filatures, déguisements, pièges mécaniques et course-poursuite finale dans Big Ben : le cahier des charges est rempli, sans surprise, mais sans réel faux pas non plus.
Le scénario fonctionne comme une petite machine bien huilée, et c'est justement là que le bât blesse. Tout est à sa place, parfois un peu trop. L'influence directe d'Arthur Conan Doyle est évidente, mais le film se contente souvent d'en recopier les contours les plus évidents, sans jamais vraiment jouer avec. On devine pourtant ce que Basil aurait pu être : une vraie variation ironique sur Sherlock Holmes, un film plus mordant, plus sarcastique, plus audacieux. À la place, on a un récit propre, lisible, efficace… et souvent un peu sage. Les rares éclats viennent surtout du méchant, comme si les auteurs avaient concentré leurs meilleures idées sur un seul personnage.
Côté personnages, le constat est assez clair. Basil est sympathique, parfois drôle, mais manque d'un supplément d'âme. Son arrogance amuse au début, puis devient mécanique. Dawson fait exactement ce qu'on attend de lui : rassurant, loyal, discret. Olivia est touchante sans être vraiment développée. Et puis il y a Ratigan. Lui, en revanche, marque durablement. Personnage cruel, théâtral, obsédé par son image et sa respectabilité, il doit énormément à l'interprétation originale de Vincent Price. D'ailleurs, Price adorait tellement le rôle qu'il aurait accepté un cachet inférieur à son tarif habituel, simplement pour le plaisir d'incarner ce rat shakespearien. En VF, le personnage perd un peu de sa démesure, mais conserve suffisamment de folie pour écraser le reste du casting.
Le film effleure quelques thèmes intéressants sans jamais les creuser. La peur du déclassement social, l'obsession de la respectabilité, la fascination victorienne pour la mécanique et les automates… Tout cela est là, mais en filigrane. L'idée de remplacer la reine par une machine est pourtant forte, presqu'inquiétante, surtout pour un Disney de 1986. On sent que le film aurait pu aller plus loin, être plus sombre, plus ironique, mais qu'il se retient constamment, comme s'il craignait de dépasser un cadre imposé.
Sur le plan visuel, Basil est un film inégal, mais souvent malin. Les décors londoniens ont un vrai charme, même s'ils manquent parfois de souffle. La fameuse séquence finale dans Big Ben reste le morceau de bravoure du film. Elle est souvent citée pour son utilisation pionnière de la 3D chez Disney : les rouages de l'horloge ont été modélisés en images de synthèse, imprimés image par image, puis redessinés à la main. Aujourd'hui, l'effet est daté, mais toujours lisible, et surtout très lisible narrativement. À l'époque, c'était un vrai petit choc technique, et l'une des premières fois où Disney assumait aussi clairement l'hybridation entre animation traditionnelle et outils numériques.
La musique d'Henry Mancini accompagne l'ensemble avec élégance, sans jamais vraiment s'imposer. On est loin des partitions mémorables du compositeur, mais certains thèmes collent bien à l'ambiance feutrée et légèrement inquiétante du Londres miniature. Là encore, c'est efficace, jamais envahissant, mais rarement marquant.
Du côté des voix, la version française reste agréable et homogène, même si elle atténue certaines aspérités. Les comédiens font le travail, sans éclat particulier. C'est un doublage solide, mais qui n'élève pas le film, contrairement à ce que la VO parvient parfois à faire grâce à la démesure de Vincent Price.
Au final, Basil laisse une impression étrange, celle d'un film attachant, mais inabouti. Il y a de bonnes idées, une vraie ambiance, un méchant mémorable, quelques audaces techniques et un rythme qui ne faiblit jamais. Mais il manque ce petit supplément de folie ou de profondeur qui transforme un bon divertissement en classique. On le regarde avec plaisir, on passe un moment agréable, puis on l'oublie presqu'aussitôt.
L'histoire, elle, va droit au but et ne cherche jamais à être autre chose que ce qu'elle est. À Londres, en 1897, une petite souris nommée Olivia se retrouve seule après l'enlèvement de son père, l'inventeur M. Flaversham. Elle tombe alors sur Basil, détective brillant et légèrement imbu de lui-même, assisté par le très british Dawson. Très vite, tout pointe vers Ratigan, rat mégalomane et rancunier, décidé à prendre la place de la Reine des Souris à l'aide d'un automate diabolique. Filatures, déguisements, pièges mécaniques et course-poursuite finale dans Big Ben : le cahier des charges est rempli, sans surprise, mais sans réel faux pas non plus.
Le scénario fonctionne comme une petite machine bien huilée, et c'est justement là que le bât blesse. Tout est à sa place, parfois un peu trop. L'influence directe d'Arthur Conan Doyle est évidente, mais le film se contente souvent d'en recopier les contours les plus évidents, sans jamais vraiment jouer avec. On devine pourtant ce que Basil aurait pu être : une vraie variation ironique sur Sherlock Holmes, un film plus mordant, plus sarcastique, plus audacieux. À la place, on a un récit propre, lisible, efficace… et souvent un peu sage. Les rares éclats viennent surtout du méchant, comme si les auteurs avaient concentré leurs meilleures idées sur un seul personnage.
Côté personnages, le constat est assez clair. Basil est sympathique, parfois drôle, mais manque d'un supplément d'âme. Son arrogance amuse au début, puis devient mécanique. Dawson fait exactement ce qu'on attend de lui : rassurant, loyal, discret. Olivia est touchante sans être vraiment développée. Et puis il y a Ratigan. Lui, en revanche, marque durablement. Personnage cruel, théâtral, obsédé par son image et sa respectabilité, il doit énormément à l'interprétation originale de Vincent Price. D'ailleurs, Price adorait tellement le rôle qu'il aurait accepté un cachet inférieur à son tarif habituel, simplement pour le plaisir d'incarner ce rat shakespearien. En VF, le personnage perd un peu de sa démesure, mais conserve suffisamment de folie pour écraser le reste du casting.
Le film effleure quelques thèmes intéressants sans jamais les creuser. La peur du déclassement social, l'obsession de la respectabilité, la fascination victorienne pour la mécanique et les automates… Tout cela est là, mais en filigrane. L'idée de remplacer la reine par une machine est pourtant forte, presqu'inquiétante, surtout pour un Disney de 1986. On sent que le film aurait pu aller plus loin, être plus sombre, plus ironique, mais qu'il se retient constamment, comme s'il craignait de dépasser un cadre imposé.
Sur le plan visuel, Basil est un film inégal, mais souvent malin. Les décors londoniens ont un vrai charme, même s'ils manquent parfois de souffle. La fameuse séquence finale dans Big Ben reste le morceau de bravoure du film. Elle est souvent citée pour son utilisation pionnière de la 3D chez Disney : les rouages de l'horloge ont été modélisés en images de synthèse, imprimés image par image, puis redessinés à la main. Aujourd'hui, l'effet est daté, mais toujours lisible, et surtout très lisible narrativement. À l'époque, c'était un vrai petit choc technique, et l'une des premières fois où Disney assumait aussi clairement l'hybridation entre animation traditionnelle et outils numériques.
La musique d'Henry Mancini accompagne l'ensemble avec élégance, sans jamais vraiment s'imposer. On est loin des partitions mémorables du compositeur, mais certains thèmes collent bien à l'ambiance feutrée et légèrement inquiétante du Londres miniature. Là encore, c'est efficace, jamais envahissant, mais rarement marquant.
Du côté des voix, la version française reste agréable et homogène, même si elle atténue certaines aspérités. Les comédiens font le travail, sans éclat particulier. C'est un doublage solide, mais qui n'élève pas le film, contrairement à ce que la VO parvient parfois à faire grâce à la démesure de Vincent Price.
Au final, Basil laisse une impression étrange, celle d'un film attachant, mais inabouti. Il y a de bonnes idées, une vraie ambiance, un méchant mémorable, quelques audaces techniques et un rythme qui ne faiblit jamais. Mais il manque ce petit supplément de folie ou de profondeur qui transforme un bon divertissement en classique. On le regarde avec plaisir, on passe un moment agréable, puis on l'oublie presqu'aussitôt.
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