Cinéman

Je sors de la salle. J'ai encore les yeux qui saignent. Et je pèse mes mots. Cinéman, c'est pas juste un mauvais film : c'est une insulte. Une agression gratuite. Une entreprise de sabotage à ciel ouvert. Un attentat contre le cinéma, l'humour, et le spectateur. Je pensais être préparé au pire, je ne l'étais pas. Personne ne peut l'être.
Le concept, pourtant, avait un potentiel : un type qui voyage de film en film pour retrouver la femme de ses rêves. Sur le papier, pourquoi pas. Un hommage déglingué au septième art, un délire référentiel à la Last action hero, ç'aurait pu être amusant. Mais ce que Yann Moix en fait relève du désastre pur et simple. Pas un ratage attachant, non. Un fiasco hautain, prétentieux, boursouflé, qui se croit malin alors qu'il aligne des séquences plus gênantes les unes que les autres.
Dès les premières minutes, j'ai compris que j'allais souffrir. L'humour est une bouillie d'onomatopées beauf, de grimaces de cour d'école et de références cinématographiques vomies sans logique ni respect. Des grands films réduits à des pastiches moisis : Taxi driver, Orange mécanique, Barry Lyndon... tous massacrés avec une joie sadique. Le split-screen entre Sissi et Zorro ? Un moment de cinéma si honteux qu'on en vient à douter de la santé mentale de l'équipe de postproduction.
Le « scénario », si on peut appeler ça comme ça, n'a ni queue ni tête. On saute d'un univers à l'autre sans aucun fil conducteur, comme si Moix avait collé ses fantasmes cinéphiles dans un shaker et qu'il avait versé le tout sur une page Word un soir de gueule de bois. C'est creux, abscons, interminable. Et surtout, pas drôle. Jamais. Pas un sourire, pas un rictus. Rien. Juste un malaise grandissant, comme quand on assiste à un karaoké gênant dans un bar PMU à 3 h du mat'.
Les personnages ? Des coquilles vides. Régis n'a aucune existence, juste une collection de tics pénibles. Viviane, censée incarner l'idéal féminin, est une affiche promo. Quant au grand méchant Craps, c'est un clown triste sans menace, sans charisme, sans intérêt. Il fallait le faire.
Techniquement, c'est le carnage. Des décors en carton, une lumière dégueulasse, des costumes qui font toc, et surtout, une post-synchro que même les pubs des années 90 auraient refusée. On dirait que tout a été redoublé à la va-vite par des stagiaires qui lisaient les dialogues pour la première fois. Et je parle même pas des musiques hors-sujet, qui semblent avoir été choisies au hasard dans une banque de sons libres de droits.
Les acteurs ? Visiblement en pleine errance. Dubosc livre ici une performance d'école maternelle, à base de moulinets, de voix off insupportables et de cabotinage sans filet. Il atteint des sommets d'autoparodie qui font passer Camping pour du Bergman. PEF, lui, creuse si profond dans la grimace qu'il en devient une sorte de gouffre sans fond. Et Pierre Richard, légende du cinéma comique français, semble être là pour payer ses impôts. Il regarde, il subit, il n'y croit pas une seconde. Moi non plus.
Je ne sais pas ce qui me choque le plus : que quelqu'un ait cru à ce projet, ou que d'autres aient signé pour y participer. Ce film, c'est un trou noir artistique. Une démonstration navrante de ce qu'un « hommage » peut devenir quand on confond cinéma et sketchs YouTube version 2006.
J'en ressors vidé, consterné, épuisé. Et en colère. Cinéman ne devrait pas être projeté. Il devrait être étudié. Comme un cas clinique. Comme une mise en garde. Le genre de chose qu'on montre en école de cinéma pour dire : « Voilà ce qu'il ne faut jamais faire. Jamais. ».
Le concept, pourtant, avait un potentiel : un type qui voyage de film en film pour retrouver la femme de ses rêves. Sur le papier, pourquoi pas. Un hommage déglingué au septième art, un délire référentiel à la Last action hero, ç'aurait pu être amusant. Mais ce que Yann Moix en fait relève du désastre pur et simple. Pas un ratage attachant, non. Un fiasco hautain, prétentieux, boursouflé, qui se croit malin alors qu'il aligne des séquences plus gênantes les unes que les autres.
Dès les premières minutes, j'ai compris que j'allais souffrir. L'humour est une bouillie d'onomatopées beauf, de grimaces de cour d'école et de références cinématographiques vomies sans logique ni respect. Des grands films réduits à des pastiches moisis : Taxi driver, Orange mécanique, Barry Lyndon... tous massacrés avec une joie sadique. Le split-screen entre Sissi et Zorro ? Un moment de cinéma si honteux qu'on en vient à douter de la santé mentale de l'équipe de postproduction.
Le « scénario », si on peut appeler ça comme ça, n'a ni queue ni tête. On saute d'un univers à l'autre sans aucun fil conducteur, comme si Moix avait collé ses fantasmes cinéphiles dans un shaker et qu'il avait versé le tout sur une page Word un soir de gueule de bois. C'est creux, abscons, interminable. Et surtout, pas drôle. Jamais. Pas un sourire, pas un rictus. Rien. Juste un malaise grandissant, comme quand on assiste à un karaoké gênant dans un bar PMU à 3 h du mat'.
Les personnages ? Des coquilles vides. Régis n'a aucune existence, juste une collection de tics pénibles. Viviane, censée incarner l'idéal féminin, est une affiche promo. Quant au grand méchant Craps, c'est un clown triste sans menace, sans charisme, sans intérêt. Il fallait le faire.
Techniquement, c'est le carnage. Des décors en carton, une lumière dégueulasse, des costumes qui font toc, et surtout, une post-synchro que même les pubs des années 90 auraient refusée. On dirait que tout a été redoublé à la va-vite par des stagiaires qui lisaient les dialogues pour la première fois. Et je parle même pas des musiques hors-sujet, qui semblent avoir été choisies au hasard dans une banque de sons libres de droits.
Les acteurs ? Visiblement en pleine errance. Dubosc livre ici une performance d'école maternelle, à base de moulinets, de voix off insupportables et de cabotinage sans filet. Il atteint des sommets d'autoparodie qui font passer Camping pour du Bergman. PEF, lui, creuse si profond dans la grimace qu'il en devient une sorte de gouffre sans fond. Et Pierre Richard, légende du cinéma comique français, semble être là pour payer ses impôts. Il regarde, il subit, il n'y croit pas une seconde. Moi non plus.
Je ne sais pas ce qui me choque le plus : que quelqu'un ait cru à ce projet, ou que d'autres aient signé pour y participer. Ce film, c'est un trou noir artistique. Une démonstration navrante de ce qu'un « hommage » peut devenir quand on confond cinéma et sketchs YouTube version 2006.
J'en ressors vidé, consterné, épuisé. Et en colère. Cinéman ne devrait pas être projeté. Il devrait être étudié. Comme un cas clinique. Comme une mise en garde. Le genre de chose qu'on montre en école de cinéma pour dire : « Voilà ce qu'il ne faut jamais faire. Jamais. ».
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