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· Julien   Lepage

Dragon ball Z 3 : ultime menace
TOSE
1994

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Illustration de critique : Dragon ball Z 3 : ultime menace
Sorti en 1994 sur Super Nintendo, Dragon ball Z 3 : ultime menace marque le dernier volet de la trilogie Super Butōden, développée par TOSE et éditée par Bandai. À cette époque, la SNES règne encore sur le marché des consoles 16 bits, mais la concurrence s'intensifie : Street Fighter II, Mortal Kombat II, Fatal Fury Special et autres jeux de baston peaufinent leur gameplay et offrent des expériences de plus en plus complètes. Dans ce contexte, Ultime menace avait de quoi susciter de l'attente, surtout après un deuxième opus très apprécié. Malheureusement, plutôt qu'une réelle évolution, cet épisode ressemble davantage à une extension paresseuse qui aurait pu (ou dû) être un simple patch du précédent.

Dès l'écran d'accueil, une chose frappe : l'absence totale de mode Histoire. Super Butōden 2 avait mis la barre assez haut avec une campagne scénarisée reprenant les grandes lignes de la saga Cell et quelques libertés narratives. Ici, rien. Juste un mode Combat et un mode Tournoi. Même pas un mode Entraînement. On sent que quelque chose cloche avant même d'avoir lancé une partie. Certes, on retrouve le même système de combat, toujours aussi efficace avec ses déplacements aériens et la possibilité de se battre sur plusieurs plans, mais l'absence de contenu solo donne à l'ensemble un goût d'inachevé.

Le roster, lui aussi, est sujet à débat. Neuf personnages jouables de base, un dixième caché (Trunks du futur), mais des choix discutables. L'arc Buu est pourtant riche en combattants marquants, et pourtant, ni Piccolo, ni Majin Buu pur, ni même les fusions ne sont présents. À la place, on hérite de Kaïoshin, dont personne ne s'est jamais vraiment soucié, et de C-18, qui n'a rien à faire dans cet arc. Même si l'arrivée de Goten et Trunks enfant est appréciable, leur présence ne compense pas les grandes absences qui plombent la variété du casting.

Le gameplay, heureusement, tient toujours la route. Plus rapide et nerveux que celui de son prédécesseur, il permet des affrontements plus dynamiques. Les jauges de ki se remplissent plus vite, les enchaînements sont plus fluides, et un semblant de nouveauté apparaît avec un proto-QTE lorsque deux personnages foncent l'un sur l'autre en même temps. Les Meteor Smashes gagnent en personnalité, chaque combattant ayant désormais une technique propre et fidèle à l'anime. Mais si ces ajustements sont appréciables, ils ne suffisent pas à masquer le manque cruel d'innovation. C'est exactement le même système de jeu que Super Butōden 2, sans aucun ajout marquant. Une évolution timide, pas une révolution.

Là où Ultime menace fait un petit bond en avant, c'est sur le plan visuel. Les sprites sont un peu plus détaillés, les effets d'énergie plus convaincants, et les animations plus fluides. Rien de renversant, mais dans l'ensemble, le jeu est plaisant à regarder. En revanche, le nombre d'arènes est risiblement faible : quatre terrains seulement, et quelques variantes de luminosité (jour, soir, nuit) pour donner l'illusion de diversité. Quand on sait que même le premier Super Butōden proposait plus de décors, difficile de ne pas y voir un net recul.

La bande-son est bien maigre elle aussi… Seulement six musiques, et une qualité en dents de scie. Certaines pistes sont agréables (notamment la troisième), d'autres franchement oubliables. L'ambiance sonore en prend un coup, et on ne retrouve pas l'impact musical que pouvait avoir l'opus précédent. On a l'impression que le jeu a été rushé, amputé d'un contenu qui aurait dû être là. Un sentiment renforcé par l'absence de réelles cinématiques ou d'écrans de transition marquants.

Alors, où se situe Ultime menace dans l'héritage Dragon Ball Z sur Super Nintendo ? Difficile à dire. Techniquement, il est plus abouti que le premier volet, et son gameplay est plus fluide que celui du deuxième. Mais son manque de contenu et d'innovation le rend dispensable. À l'époque, payer le prix fort pour ce qui ressemble à une version 2.5 de Super Butōden 2, sans mode Histoire, relevait presque de l'arnaque. Aujourd'hui, avec l'émulation, la pilule passe mieux, mais il reste difficile d'y voir autre chose qu'une opportunité manquée.

Si on cherche une bonne alternative dans le genre, mieux vaut se tourner vers Hyper dimension, qui a su proposer un gameplay plus technique et une mise en scène plus travaillée. Ou, si on veut du contenu solo, rester sur Super Butōden 2, qui, malgré ses défauts, offrait au moins une vraie progression scénarisée. Ultime menace, lui, donne surtout l'impression d'un rendez-vous manqué, un jeu coincé entre ambition et fainéantise, entre potentiel et frustration. Sympathique, mais oubliable.
Ma note47%
Joué le 21 Août 2012


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