Fantasia 2000
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Quand Fantasia 2000 sort en 1999, il débarque avec une double ambition : rendre hommage à son illustre prédécesseur et prouver que l'animation et la musique classique peuvent encore dialoguer avec modernité. Roy Disney, neveu du fondateur, était à l'initiative du projet, convaincu qu'il fallait faire revivre cette expérience cinématographique unique, initialement pensée comme une œuvre évolutive. Mais entre l'audace de 1940 et la technicité numérique de la fin des années 90, le film oscille entre hommage appliqué et tentative un peu tiède de réinventer la formule.
Le concept reste le même : huit segments animés illustrant des morceaux de musique classique, interprétés cette fois par l'Orchestre symphonique de Chicago sous la direction de James Levine. En guise de fil rouge, une succession d'intermèdes où se succèdent des personnalités comme Steve Martin, Bette Midler ou James Earl Jones, censées apporter une touche de légèreté et d'explication. C'est un peu là que le bât blesse : ces introductions manquent de finesse et cassent parfois l'immersion. Là où le premier Fantasia assumait son côté magistral et expérimental, Fantasia 2000 semble parfois trop soucieux de se rendre accessible.
Le programme s'ouvre sur la symphonie n°5 de Beethoven, et c'est immédiatement laborieux. Une abstraction visuelle avec des formes triangulaires censées représenter un combat entre l'ombre et la lumière, une sorte de ballet géométrique dénué d'émotion. L'idée aurait pu être intéressante, mais le rendu est froid, presque mécanique, et graphiquement daté. Le deuxième segment, Les pins de Rome de Respighi, ne fait guère mieux avec son étrange ballet de baleines volantes. L'animation numérique de 1999 ne rend pas service à ces mammifères aquatiques flottant dans le ciel polaire. Ce qui aurait pu être un poème visuel tourne au kitsch maladroit, et on commence à se demander si le film ne va pas être un long naufrage.
Puis, sans prévenir, arrive Rhapsody in blue de Gershwin, et là, tout s'illumine. Inspiré par le trait du caricaturiste Al Hirschfeld, le segment nous plonge dans le New York des années 30, où les destins de plusieurs personnages se croisent au rythme du jazz. L'animation est fluide, inventive, et parvient à traduire à l'écran l'énergie de la ville, entre humour et mélancolie. C'est un moment de grâce, une réussite éclatante qui aurait mérité un film à part entière.
La suite reste inégale, mais globalement plus engageante que le début. L'adaptation du Petit soldat de plomb sur une musique de Chostakovitch est classique, mais efficace, en dépit d'une animation un peu rigide. Le carnaval des animaux de Saint-Saëns, avec son flamant rose obsédé par son yoyo, est un interlude très court, mais drôle, qui rappelle les meilleures heures des Silly symphonies.
Et puis, il y a l'éléphant dans la pièce : L'apprenti sorcier. Identique à la version de 1940, remis en HD. Voir Mickey débordé par son armée de balais reste un plaisir, mais pourquoi intégrer une séquence déjà existante dans un film censé proposer du neuf ? C'est un choix étrange, qui brouille le projet et donne l'impression d'un recyclage facile.
Le film retrouve de l'élan avec Pomp and circumstance, qui met en scène Donald en assistant de Noé, chargé de faire monter les animaux dans l'Arche. C'est coloré, bien rythmé et porté par une partition immédiatement reconnaissable. Ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais c'est une belle idée qui fonctionne.
Enfin, L'oiseau de feu de Stravinsky conclut le film sur une note poétique et visuellement magnifique. Un esprit de la nature renaît de ses cendres après la destruction d'une forêt par un volcan. La mise en scène est sublime, rappelant parfois Le sacre du printemps du premier Fantasia, et l'animation, réalisée par Disney France, est sans doute la plus aboutie du film. C'est une fin en apothéose qui laisse un goût amer : pourquoi l'ensemble du film n'a-t-il pas été à ce niveau ?
Fantasia 2000 est un film frustrant. Il contient quelques fulgurances, mais il est incapable de maintenir un niveau d'excellence constant. Certains segments sont sublimes, d'autres anecdotiques, et un ou deux franchement ratés. Le concept reste génial, l'intention aussi, mais le résultat est trop inégal pour marquer autant que son prédécesseur. Il y a de belles idées, des moments d'audace, mais aussi des hésitations et un manque de cohésion. Ce n'est pas un échec, loin de là, mais ce n'est pas non plus la révolution qu'il aurait pu être. Un bel essai, mais un peu inabouti.
Le concept reste le même : huit segments animés illustrant des morceaux de musique classique, interprétés cette fois par l'Orchestre symphonique de Chicago sous la direction de James Levine. En guise de fil rouge, une succession d'intermèdes où se succèdent des personnalités comme Steve Martin, Bette Midler ou James Earl Jones, censées apporter une touche de légèreté et d'explication. C'est un peu là que le bât blesse : ces introductions manquent de finesse et cassent parfois l'immersion. Là où le premier Fantasia assumait son côté magistral et expérimental, Fantasia 2000 semble parfois trop soucieux de se rendre accessible.
Le programme s'ouvre sur la symphonie n°5 de Beethoven, et c'est immédiatement laborieux. Une abstraction visuelle avec des formes triangulaires censées représenter un combat entre l'ombre et la lumière, une sorte de ballet géométrique dénué d'émotion. L'idée aurait pu être intéressante, mais le rendu est froid, presque mécanique, et graphiquement daté. Le deuxième segment, Les pins de Rome de Respighi, ne fait guère mieux avec son étrange ballet de baleines volantes. L'animation numérique de 1999 ne rend pas service à ces mammifères aquatiques flottant dans le ciel polaire. Ce qui aurait pu être un poème visuel tourne au kitsch maladroit, et on commence à se demander si le film ne va pas être un long naufrage.
Puis, sans prévenir, arrive Rhapsody in blue de Gershwin, et là, tout s'illumine. Inspiré par le trait du caricaturiste Al Hirschfeld, le segment nous plonge dans le New York des années 30, où les destins de plusieurs personnages se croisent au rythme du jazz. L'animation est fluide, inventive, et parvient à traduire à l'écran l'énergie de la ville, entre humour et mélancolie. C'est un moment de grâce, une réussite éclatante qui aurait mérité un film à part entière.
La suite reste inégale, mais globalement plus engageante que le début. L'adaptation du Petit soldat de plomb sur une musique de Chostakovitch est classique, mais efficace, en dépit d'une animation un peu rigide. Le carnaval des animaux de Saint-Saëns, avec son flamant rose obsédé par son yoyo, est un interlude très court, mais drôle, qui rappelle les meilleures heures des Silly symphonies.
Et puis, il y a l'éléphant dans la pièce : L'apprenti sorcier. Identique à la version de 1940, remis en HD. Voir Mickey débordé par son armée de balais reste un plaisir, mais pourquoi intégrer une séquence déjà existante dans un film censé proposer du neuf ? C'est un choix étrange, qui brouille le projet et donne l'impression d'un recyclage facile.
Le film retrouve de l'élan avec Pomp and circumstance, qui met en scène Donald en assistant de Noé, chargé de faire monter les animaux dans l'Arche. C'est coloré, bien rythmé et porté par une partition immédiatement reconnaissable. Ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais c'est une belle idée qui fonctionne.
Enfin, L'oiseau de feu de Stravinsky conclut le film sur une note poétique et visuellement magnifique. Un esprit de la nature renaît de ses cendres après la destruction d'une forêt par un volcan. La mise en scène est sublime, rappelant parfois Le sacre du printemps du premier Fantasia, et l'animation, réalisée par Disney France, est sans doute la plus aboutie du film. C'est une fin en apothéose qui laisse un goût amer : pourquoi l'ensemble du film n'a-t-il pas été à ce niveau ?
Fantasia 2000 est un film frustrant. Il contient quelques fulgurances, mais il est incapable de maintenir un niveau d'excellence constant. Certains segments sont sublimes, d'autres anecdotiques, et un ou deux franchement ratés. Le concept reste génial, l'intention aussi, mais le résultat est trop inégal pour marquer autant que son prédécesseur. Il y a de belles idées, des moments d'audace, mais aussi des hésitations et un manque de cohésion. Ce n'est pas un échec, loin de là, mais ce n'est pas non plus la révolution qu'il aurait pu être. Un bel essai, mais un peu inabouti.
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