Les géants
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Bouli Lanners nous offre avec Les géants un road movie singulier, où la vaste campagne wallonne se mue en un véritable terrain de jeu pour l'adolescence. Le film nous plonge dans l'univers d'une jeunesse en errance, où deux frères, Martin Nissen dans le rôle de Seth et Zacharie Chasseriaud dans celui de Zak, se retrouvent livrés à eux-mêmes pendant un été orageux de liberté. Bientôt rejoints par Danny, interprété avec une fraîcheur inattendue par Paul Bartel, les trois compères vont vivre une aventure aussi rocambolesque qu'émouvante.
L'intrigue se déploie de façon simple, mais efficace : après avoir été abandonnés par une mère absente et sans ressources, Seth et Zak décident, avec leur nouvel ami Danny, de se lancer dans une odyssée pour subvenir à leurs besoins. Leur périple, ponctué de choix douteux — comme tenter de louer leur maison pour participer à des affaires louches — se transforme progressivement en un véritable voyage initiatique. Dans ce décor naturel, la rencontre avec des personnages hauts en couleur, parfois bienveillants, parfois menaçants, vient ajouter à l'aventure une dimension de conte moderne où chaque détour semble être une leçon de vie.
Le scénario, écrit en collaboration avec Élise Ancion, s'appuie sur le traitement d'un sujet rarement abordé avec autant de poésie : l'adolescence vue comme un passage initiatique dans un monde sans repères. Si certains éléments de l'intrigue paraissent un peu décousus — entre scènes de trafic de drogue, aventures improvisées et péripéties burlesques — c'est surtout dans cette succession de tableaux que Lanners cherche à capturer l'essence d'une jeunesse en quête d'absolu. La narration adopte parfois des ellipses qui, loin d'être un défaut, renforcent l'impression d'un temps suspendu, à la manière des grands récits d'aventure où le trajet compte autant que la destination.
Les personnages principaux se distinguent par leur authenticité et leur fraîcheur. Seth et Zak, malgré leur jeune âge, incarnent la dualité entre l'innocence et la dure réalité d'un quotidien marqué par l'abandon. Leur relation fraternelle, faite de complicité, de chamailleries et de soutien mutuel, est le cœur battant du film. Danny, quant à lui, apporte une touche de renouveau et d'insouciance, incitant les frères à repousser les limites de leur univers. Même si certains personnages secondaires — comme cette figure énigmatique qui fait simplement acte de présence — ne reçoivent pas toujours le développement escompté, ils participent néanmoins à créer une mosaïque de destins qui enrichit le propos.
Thématiquement, Les géants explore la quête de liberté et l'apprentissage de la vie, à l'image d'un conte contemporain. Le film aborde avec sensibilité les difficultés de l'adolescence : l'errance, le sentiment d'abandon, mais aussi l'espoir et la solidarité qui naissent dans l'adversité. Lanners ne se contente pas de raconter une histoire d'ados en cavale ; il propose une méditation sur la transition vers l'âge adulte, où chaque épreuve, même la plus anodine, participe à la construction d'une identité. La présence omniprésente de la nature, filmée en panoramas grandioses grâce au choix du cinémascope, renforce cette idée d'un monde vaste et inhospitalier qui, pourtant, offre des havres de paix et de renouveau.
Du côté de la réalisation, Bouli Lanners démontre une maîtrise impressionnante de la caméra. Le choix du cinémascope permet de valoriser les paysages belges, qui deviennent eux-mêmes des personnages à part entière. La photographie signée par Jean-Paul De Zaeytijd capture avec justesse la beauté sauvage des grands espaces, et la bande originale, enregistrée en partie sur le plateau par The Bony King Of Nowhere, apporte une atmosphère authentique et immersive qui vient sublimer l'ensemble du film. Quelques séquences, notamment celles filmées en extérieur le long d'une rivière, offrent des moments de contemplation poétique, rappelant les grands westerns de Lawrence d'Arabie ou les épopées visuelles de David Lean.
Les performances des jeunes acteurs forment un trio particulièrement attachant. Martin Nissen et Zacharie Chasseriaud parviennent à incarner avec naturel l'insouciance et la naïveté d'une jeunesse encore en quête de repères, tandis que Paul Bartel apporte à Danny une énergie débordante qui, malgré un recrutement parfois précipité, s'impose comme un élément rafraîchissant du trio. Leur alchimie à l'écran, teintée de rires, de disputes enfantines et d'instants de tendresse, permet de nuancer les aspects parfois trop crus de leur aventure et offre au spectateur un moment de cinéma à la fois drôle et émouvant.
En conclusion, Les géants se présente comme un film belge qui, grâce à la vision sensible de Bouli Lanners, parvient à transformer une histoire d'adolescence en une aventure initiatique riche en émotions. Le film, tout en étant ponctué de moments hilarants et de tableaux visuellement saisissants, laisse parfois le spectateur sur sa faim par son récit décousu et par la superficialité de certaines intrigues secondaires. Néanmoins, la force de son casting et la beauté de ses paysages confèrent à l'ensemble une authenticité qui ne manquera pas de toucher ceux qui sont prêts à s'immerger dans ce voyage à la fois absurde et poétique. Pour les amateurs de road movies et d'histoires d'enfance marquées par la recherche de liberté, Les géants offre une expérience cinématographique qui, malgré ses imperfections, demeure mémorable.
L'intrigue se déploie de façon simple, mais efficace : après avoir été abandonnés par une mère absente et sans ressources, Seth et Zak décident, avec leur nouvel ami Danny, de se lancer dans une odyssée pour subvenir à leurs besoins. Leur périple, ponctué de choix douteux — comme tenter de louer leur maison pour participer à des affaires louches — se transforme progressivement en un véritable voyage initiatique. Dans ce décor naturel, la rencontre avec des personnages hauts en couleur, parfois bienveillants, parfois menaçants, vient ajouter à l'aventure une dimension de conte moderne où chaque détour semble être une leçon de vie.
Le scénario, écrit en collaboration avec Élise Ancion, s'appuie sur le traitement d'un sujet rarement abordé avec autant de poésie : l'adolescence vue comme un passage initiatique dans un monde sans repères. Si certains éléments de l'intrigue paraissent un peu décousus — entre scènes de trafic de drogue, aventures improvisées et péripéties burlesques — c'est surtout dans cette succession de tableaux que Lanners cherche à capturer l'essence d'une jeunesse en quête d'absolu. La narration adopte parfois des ellipses qui, loin d'être un défaut, renforcent l'impression d'un temps suspendu, à la manière des grands récits d'aventure où le trajet compte autant que la destination.
Les personnages principaux se distinguent par leur authenticité et leur fraîcheur. Seth et Zak, malgré leur jeune âge, incarnent la dualité entre l'innocence et la dure réalité d'un quotidien marqué par l'abandon. Leur relation fraternelle, faite de complicité, de chamailleries et de soutien mutuel, est le cœur battant du film. Danny, quant à lui, apporte une touche de renouveau et d'insouciance, incitant les frères à repousser les limites de leur univers. Même si certains personnages secondaires — comme cette figure énigmatique qui fait simplement acte de présence — ne reçoivent pas toujours le développement escompté, ils participent néanmoins à créer une mosaïque de destins qui enrichit le propos.
Thématiquement, Les géants explore la quête de liberté et l'apprentissage de la vie, à l'image d'un conte contemporain. Le film aborde avec sensibilité les difficultés de l'adolescence : l'errance, le sentiment d'abandon, mais aussi l'espoir et la solidarité qui naissent dans l'adversité. Lanners ne se contente pas de raconter une histoire d'ados en cavale ; il propose une méditation sur la transition vers l'âge adulte, où chaque épreuve, même la plus anodine, participe à la construction d'une identité. La présence omniprésente de la nature, filmée en panoramas grandioses grâce au choix du cinémascope, renforce cette idée d'un monde vaste et inhospitalier qui, pourtant, offre des havres de paix et de renouveau.
Du côté de la réalisation, Bouli Lanners démontre une maîtrise impressionnante de la caméra. Le choix du cinémascope permet de valoriser les paysages belges, qui deviennent eux-mêmes des personnages à part entière. La photographie signée par Jean-Paul De Zaeytijd capture avec justesse la beauté sauvage des grands espaces, et la bande originale, enregistrée en partie sur le plateau par The Bony King Of Nowhere, apporte une atmosphère authentique et immersive qui vient sublimer l'ensemble du film. Quelques séquences, notamment celles filmées en extérieur le long d'une rivière, offrent des moments de contemplation poétique, rappelant les grands westerns de Lawrence d'Arabie ou les épopées visuelles de David Lean.
Les performances des jeunes acteurs forment un trio particulièrement attachant. Martin Nissen et Zacharie Chasseriaud parviennent à incarner avec naturel l'insouciance et la naïveté d'une jeunesse encore en quête de repères, tandis que Paul Bartel apporte à Danny une énergie débordante qui, malgré un recrutement parfois précipité, s'impose comme un élément rafraîchissant du trio. Leur alchimie à l'écran, teintée de rires, de disputes enfantines et d'instants de tendresse, permet de nuancer les aspects parfois trop crus de leur aventure et offre au spectateur un moment de cinéma à la fois drôle et émouvant.
En conclusion, Les géants se présente comme un film belge qui, grâce à la vision sensible de Bouli Lanners, parvient à transformer une histoire d'adolescence en une aventure initiatique riche en émotions. Le film, tout en étant ponctué de moments hilarants et de tableaux visuellement saisissants, laisse parfois le spectateur sur sa faim par son récit décousu et par la superficialité de certaines intrigues secondaires. Néanmoins, la force de son casting et la beauté de ses paysages confèrent à l'ensemble une authenticité qui ne manquera pas de toucher ceux qui sont prêts à s'immerger dans ce voyage à la fois absurde et poétique. Pour les amateurs de road movies et d'histoires d'enfance marquées par la recherche de liberté, Les géants offre une expérience cinématographique qui, malgré ses imperfections, demeure mémorable.
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