La danse du feu

Deux ans après Danse serpentine par Mme Bob Walter, la tentation était grande de livrer une simple variation de plus sur une formule déjà rentable. Pourtant, Georges Méliès ne se contente pas d'imiter la danse popularisée par Loïe Fuller : il la tord, la maquille, l'embrase. Là où la version d'Alice Guy restait sagement illustrative, cette Danse du feu assume pleinement son goût du spectacle et du trucage. Tout est conçu comme un numéro de prestidigitation filmée, avec cette jubilation un peu enfantine qui fait encore mouche plus d'un siècle plus tard. On sent le plaisir de faire apparaître, disparaître, transformer, sans autre justification que celle du plaisir visuel.
La colorisation, surtout, fait toute la différence. Ce n'est pas un simple enjolivement tardif, mais le cœur battant du film. Le passage progressif vers le rouge incandescent donne à la danse une intensité hypnotique, bien plus expressive que le noir et blanc nu. Le feu n'est pas seulement suggéré, il envahit l'image, la dévore lentement, et l'on comprend pourquoi ces copies peintes à la main pouvaient provoquer l'émerveillement des spectateurs de l'époque. Derrière cette réussite, le travail d'Elisabeth Thuillier et de son atelier se devine à chaque photogramme, rappelant que le cinéma des origines était aussi un art artisanal, minutieux, presque domestique.
Impossible de ne pas sourire devant la silhouette du Diable, figure fétiche que Georges Méliès adore incarner lui-même, comme s'il ne résistait jamais au plaisir de se grimer en trouble-fête infernal. La présence de Jehanne d'Alcy, spectrale et incandescente, apporte une grâce certaine à l'ensemble, et le clin d'œil lointain à l'univers de H. Rider Haggard évoque plus une stratégie d'attraction qu'une véritable adaptation d'Elle. Reste que, passée la fascination initiale, le film s'épuise assez vite. L'énergie est là, la couleur aussi, mais le numéro tourne un peu à vide. Séduisant, inventif, parfois même audacieux pour son époque, ce petit ballet enflammé laisse pourtant une impression de feu de paille : brillant sur le moment, mais sans grand-chose à raconter une fois la fumée dissipée.
La colorisation, surtout, fait toute la différence. Ce n'est pas un simple enjolivement tardif, mais le cœur battant du film. Le passage progressif vers le rouge incandescent donne à la danse une intensité hypnotique, bien plus expressive que le noir et blanc nu. Le feu n'est pas seulement suggéré, il envahit l'image, la dévore lentement, et l'on comprend pourquoi ces copies peintes à la main pouvaient provoquer l'émerveillement des spectateurs de l'époque. Derrière cette réussite, le travail d'Elisabeth Thuillier et de son atelier se devine à chaque photogramme, rappelant que le cinéma des origines était aussi un art artisanal, minutieux, presque domestique.
Impossible de ne pas sourire devant la silhouette du Diable, figure fétiche que Georges Méliès adore incarner lui-même, comme s'il ne résistait jamais au plaisir de se grimer en trouble-fête infernal. La présence de Jehanne d'Alcy, spectrale et incandescente, apporte une grâce certaine à l'ensemble, et le clin d'œil lointain à l'univers de H. Rider Haggard évoque plus une stratégie d'attraction qu'une véritable adaptation d'Elle. Reste que, passée la fascination initiale, le film s'épuise assez vite. L'énergie est là, la couleur aussi, mais le numéro tourne un peu à vide. Séduisant, inventif, parfois même audacieux pour son époque, ce petit ballet enflammé laisse pourtant une impression de feu de paille : brillant sur le moment, mais sans grand-chose à raconter une fois la fumée dissipée.
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