Les gouttes de Dieu (saison 2)
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La première saison des Gouttes de Dieu avait tout de la belle surprise : une coproduction franco-japonaise signée Quoc Dang Tran, portée par Fleur Geffrier et Tomohisa Yamashita, qui transformait l'œnologie en drama palpitant, avec un duel d'héritiers tendu comme un Bourgogne millésimé. La série avait décroché le prix du Meilleur drame aux International Emmy awards 2024 et raflé le score parfait sur Rotten Tomatoes : une performance rare. Autant dire que la question d'une suite se posait avec une légitimité toute relative. Et d'ailleurs, Quoc Dang Tran lui-même avait tranché : il ne serait pas de l'aventure. « J'ai raconté mon histoire et j'en ai d'autres à raconter », avait-il déclaré au moment de l'annonce de la saison 2. On comprend. Cette saison 1 bouclait tout proprement, les arcs s'achevaient, les personnages évoluaient. On se demandait donc bien comment une saison 2 allait bien pouvoir exister.
La réponse des nouveaux showrunners est d'une simplicité assumée : un seul enjeu, une bouteille mystère. Alexandre Léger, figure tutélaire de l'œnologie mondiale, laisse derrière lui une ultime énigme : un vin exceptionnel qu'il n'a jamais réussi à identifier, et qu'il confie comme un dernier défi posthume à Camille et Issei. La compétition acharnée de la première saison laisse donc place à une quête commune, plus nomade, plus ouverte : les deux protagonistes sillonnent l'Europe à la recherche de traces fragiles, confrontés à leurs blessures respectives autant qu'à leurs flacons.
Là où la saison 1 reposait sur un mécanisme dramatique solide (un testament, deux candidats, un héritage, du temps limité), cette deuxième partie fonctionne davantage comme un long road trip œnologique que comme une véritable intrigue en béton. L'enquête sur les origines du vin mystère est résolue assez rapidement, et ce qui reste, c'est la conséquence : les répercussions sur les personnages, les choix qui en découlent, les dommages collatéraux. On sent que la saison cherche à remplir ses épisodes plutôt qu'à les justifier. Certaines séquences donnent l'impression d'être là pour meubler… joliment, certes, mais pour meubler quand même.
Camille et Issei restent des personnages attachants, et la série a l'intelligence de complexifier leur relation plutôt que de la figer. Après l'affrontement de la saison 1, on passe ici à quelque chose de plus ambigu, entre jalousie et tendresse, incompréhension et empathie. Issei, notamment, bénéficie d'un arc plus fouillé, lui qui cherche à forcer ses perceptions sensorielles là où Camille avance à l'instinct. Cette bascule de focus est intéressante sur le papier, mais elle prive la saison d'une mécanique de tension claire. On est dans le ressenti, dans l'intime, dans le voyage intérieur ; ce qui n'est pas un défaut en soi, mais qui produit un rythme nettement plus relâché.
La série continue de s'interroger sur ce que signifie hériter ; d'un parent, d'une passion, d'un regard sur le monde. Le vin reste un prétexte formidable pour parler de transmission, de mémoire, de ce qu'on choisit de garder ou de rejeter de ceux qui nous ont formés. Ces thèmes résonnaient déjà fortement en saison 1 ; ici, ils sont encore présents, mais sans la même urgence dramatique pour les porter. C'est moins une suite qu'une méditation prolongée.
Sur le plan formel, Les gouttes de Dieu reste une série visuellement léchée. La réalisation, assurée cette saison sans Oded Ruskin qui avait mis en scène la première, conserve néanmoins le soin apporté aux séquences de dégustation : ces plongées synesthésiques dans les arômes, ces explosions visuelles qui tentent de traduire le goût à l'écran. Les paysages traversés sont magnifiques, les terroirs européens filmés avec application. La bande-son reste élégante, dans la continuité du ton de la première saison.
Fleur Geffrier et Tomohisa Yamashita composent toujours un duo crédible et attachant. Geffrier excelle à rendre visible la contradiction interne de Camille : sa colère rentrée, sa vulnérabilité masquée par une forme de brusquerie. Yamashita, de son côté, donne à Issei une fébrilité sincère, celle d'un homme qui commence à douter de ce qu'il croyait maîtriser. Le problème ne vient pas d'eux, mais d'un matériau scénaristique qui leur offre moins d'espace pour briller qu'en saison 1.
Au bout du compte, cette saison 2 ressemble davantage à un épisode spécial étiré, à un bonus généreux, mais dispensable, qu'à une véritable suite organique. C'est sympa, sincèrement : on retrouve les personnages avec plaisir, on se laisse embarquer dans le voyage, on ne s'ennuie pas vraiment. Mais on reste assez loin des enjeux et des tensions qui faisaient la force de la première partie. Pour les amateurs de la série, c'est une parenthèse agréable ; pour les autres, ce n'est clairement pas par ici qu'il faut commencer.
La réponse des nouveaux showrunners est d'une simplicité assumée : un seul enjeu, une bouteille mystère. Alexandre Léger, figure tutélaire de l'œnologie mondiale, laisse derrière lui une ultime énigme : un vin exceptionnel qu'il n'a jamais réussi à identifier, et qu'il confie comme un dernier défi posthume à Camille et Issei. La compétition acharnée de la première saison laisse donc place à une quête commune, plus nomade, plus ouverte : les deux protagonistes sillonnent l'Europe à la recherche de traces fragiles, confrontés à leurs blessures respectives autant qu'à leurs flacons.
Là où la saison 1 reposait sur un mécanisme dramatique solide (un testament, deux candidats, un héritage, du temps limité), cette deuxième partie fonctionne davantage comme un long road trip œnologique que comme une véritable intrigue en béton. L'enquête sur les origines du vin mystère est résolue assez rapidement, et ce qui reste, c'est la conséquence : les répercussions sur les personnages, les choix qui en découlent, les dommages collatéraux. On sent que la saison cherche à remplir ses épisodes plutôt qu'à les justifier. Certaines séquences donnent l'impression d'être là pour meubler… joliment, certes, mais pour meubler quand même.
Camille et Issei restent des personnages attachants, et la série a l'intelligence de complexifier leur relation plutôt que de la figer. Après l'affrontement de la saison 1, on passe ici à quelque chose de plus ambigu, entre jalousie et tendresse, incompréhension et empathie. Issei, notamment, bénéficie d'un arc plus fouillé, lui qui cherche à forcer ses perceptions sensorielles là où Camille avance à l'instinct. Cette bascule de focus est intéressante sur le papier, mais elle prive la saison d'une mécanique de tension claire. On est dans le ressenti, dans l'intime, dans le voyage intérieur ; ce qui n'est pas un défaut en soi, mais qui produit un rythme nettement plus relâché.
La série continue de s'interroger sur ce que signifie hériter ; d'un parent, d'une passion, d'un regard sur le monde. Le vin reste un prétexte formidable pour parler de transmission, de mémoire, de ce qu'on choisit de garder ou de rejeter de ceux qui nous ont formés. Ces thèmes résonnaient déjà fortement en saison 1 ; ici, ils sont encore présents, mais sans la même urgence dramatique pour les porter. C'est moins une suite qu'une méditation prolongée.
Sur le plan formel, Les gouttes de Dieu reste une série visuellement léchée. La réalisation, assurée cette saison sans Oded Ruskin qui avait mis en scène la première, conserve néanmoins le soin apporté aux séquences de dégustation : ces plongées synesthésiques dans les arômes, ces explosions visuelles qui tentent de traduire le goût à l'écran. Les paysages traversés sont magnifiques, les terroirs européens filmés avec application. La bande-son reste élégante, dans la continuité du ton de la première saison.
Fleur Geffrier et Tomohisa Yamashita composent toujours un duo crédible et attachant. Geffrier excelle à rendre visible la contradiction interne de Camille : sa colère rentrée, sa vulnérabilité masquée par une forme de brusquerie. Yamashita, de son côté, donne à Issei une fébrilité sincère, celle d'un homme qui commence à douter de ce qu'il croyait maîtriser. Le problème ne vient pas d'eux, mais d'un matériau scénaristique qui leur offre moins d'espace pour briller qu'en saison 1.
Au bout du compte, cette saison 2 ressemble davantage à un épisode spécial étiré, à un bonus généreux, mais dispensable, qu'à une véritable suite organique. C'est sympa, sincèrement : on retrouve les personnages avec plaisir, on se laisse embarquer dans le voyage, on ne s'ennuie pas vraiment. Mais on reste assez loin des enjeux et des tensions qui faisaient la force de la première partie. Pour les amateurs de la série, c'est une parenthèse agréable ; pour les autres, ce n'est clairement pas par ici qu'il faut commencer.
Ma note63%
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