La nuit au musée 2
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L'enseigne était prometteuse : Shawn Levy remet le couvert avec Ben Stiller, Amy Adams et toute une joyeuse bande pour un second tour dans l'univers des musées animés. Après le succès du premier film, difficile de ne pas imaginer un retour en fanfare, d'autant que l'aventure se déplace cette fois au mythique Smithsonian, filmé pour la première fois en prise de vues réelles dans un long métrage hollywoodien. On se disait que le décor, à lui seul, valait le voyage ; on y est donc allé avec un mélange d'attente sincère et de curiosité amusée.
D'un point de vue purement narratif, le film nous invite à suivre Larry, désormais homme d'affaires débordé, appelé à la rescousse pour sauver ses anciens camarades de musée, transférés dans les hangars du Smithsonian. L'arrivée de la tablette magique réveille à nouveau tout ce petit monde, mais aussi une tripotée de nouvelles figures historiques, menées par le pharaon Kahmunrah. À ses côtés, rien moins que Napoléon, Al Capone et Ivan le Terrible s'agitent, tandis qu'un T-Rex, des tableaux vivants et de minuscules soldats romains et cowboys s'invitent dans la mêlée. C'est foisonnant, parfois drôle, souvent bruyant, et pas toujours cohérent. Mais la boîte à jouets est grande, et le film l'ouvre avec enthousiasme.
Le scénario, lui, semble avoir été écrit dans un couloir, entre deux scènes d'actions. Il faut reconnaître une efficacité certaine : on ne s'ennuie pas vraiment, et l'intrigue embraye vite. Pourtant, la suite souffre d'un souci récurrent : tout paraît prétexte à la prochaine saynète rigolote plutôt qu'à un vrai fil narratif. Les enjeux sont esquissés, pas approfondis ; on sent parfois la tentation de l'escalade permanente, comme si le film craignait qu'une seconde de calme ne nous fasse sortir de la salle. À force, ça devient mécanique. On y retrouve le même défaut que dans d'autres suites à gros budget de la décennie : vouloir tout faire, trop vite, au risque de diluer ce qui fonctionnait. Il y a bien quelques trouvailles, notamment la rencontre improbablement drôle de Dark Vador et de Mordiculs des Muppet, mais l'écriture préfère l'accumulation aux idées fortes.
Les personnages, dans tout ça, n'ont pas beaucoup de place pour respirer. Larry reste sympathique, mais le film ne lui offre pas d'évolution notable ; il se contente de reprendre ses vieilles chaussures, littéralement et métaphoriquement. Les seconds rôles, nombreux, apportent leur grain de folie, mais finissent par se marcher dessus. Kahmunrah, par exemple, possède un potentiel certain, mais on le résume souvent à des colères enfantines. C'est amusant quinze secondes, moins sur toute la durée. Pis encore, certains personnages du premier film se retrouvent relégués au rang de figurants, ce qui laisse une impression de recyclage un peu paresseux. Seul Amelia Earhart bénéficie d'un vrai traitement : aventurière, curieuse, un brin romantique, elle apporte la fraîcheur qui manque au reste.
Si le film veut nous dire quelque chose, c'est peut-être que l'identité se construit dans le mouvement : Larry a beau réussir socialement, il ne se sent vivant qu'au contact de ces créatures historiques. L'idée est jolie, quoique traitée de façon assez superficielle. Le rapport au patrimoine (ce que l'on garde, ce que l'on oublie) est à peine effleuré, quand bien même le contexte du Smithsonian offrait une piste passionnante. On sent pourtant une vraie affection pour la culture populaire : on passe de l'aviatrice pionnière à l'Empire State Building miniature, en faisant un crochet par des chefs-d'œuvre qui prennent vie. Mais cela reste un décor, pas un discours.
Sur le plan de la mise en scène, il faut saluer le sens du spectacle de Shawn Levy. Le film a du rythme, enchaîne les séquences avec une fluidité certaine et sait jouer des décors, parfois réels, parfois reconstitués en studio. Une partie des galeries du Smithsonian a d'ailleurs été reconstruite de toutes pièces, et ça se voit : c'est propre, lisible, familial. Les effets spéciaux sont globalement réussis, même si certains gags visuels paraissent déjà un peu datés. La bande-son est passe-partout ; elle soutient l'action sans marquer la mémoire. On se trouve devant un produit léché, professionnel, mais sans trop d'âme.
Les performances d'acteurs tiennent la route, sans éclat. Ben Stiller reprend exactement le même registre que dans le premier : efficace, mais discret. Amy Adams est la vraie bonne surprise : son énergie et sa fantaisie donnent à Amelia Earhart un charme immédiat. Hank Azaria s'amuse visiblement beaucoup avec Kahmunrah, même si son numéro cabotin finit par lasser. Les duos de petites tailles, menés par Owen Wilson et Steve Coogan, fonctionnent toujours, mais tournent un peu en rond. Quant à Robin Williams, il apporte sa sagesse habituelle, sans pouvoir réellement briller. Le casting pléthorique fait parfois l'effet d'un inventaire. On salue tout de même le clin d'œil amusant d'Alain Chabat en Napoléon : court, mais savoureux.
Au final, le film laisse une impression mitigée. On sourit, on admire quelques idées, on apprécie la générosité de l'ensemble, mais on regrette la facilité d'écriture et le manque d'audace. Le premier opus avait la fougue de la découverte ; celui-ci se contente d'imiter, en plus gros. Pour ceux qui veulent retrouver l'esprit léger d'une aventure familiale, ça passe…
D'un point de vue purement narratif, le film nous invite à suivre Larry, désormais homme d'affaires débordé, appelé à la rescousse pour sauver ses anciens camarades de musée, transférés dans les hangars du Smithsonian. L'arrivée de la tablette magique réveille à nouveau tout ce petit monde, mais aussi une tripotée de nouvelles figures historiques, menées par le pharaon Kahmunrah. À ses côtés, rien moins que Napoléon, Al Capone et Ivan le Terrible s'agitent, tandis qu'un T-Rex, des tableaux vivants et de minuscules soldats romains et cowboys s'invitent dans la mêlée. C'est foisonnant, parfois drôle, souvent bruyant, et pas toujours cohérent. Mais la boîte à jouets est grande, et le film l'ouvre avec enthousiasme.
Le scénario, lui, semble avoir été écrit dans un couloir, entre deux scènes d'actions. Il faut reconnaître une efficacité certaine : on ne s'ennuie pas vraiment, et l'intrigue embraye vite. Pourtant, la suite souffre d'un souci récurrent : tout paraît prétexte à la prochaine saynète rigolote plutôt qu'à un vrai fil narratif. Les enjeux sont esquissés, pas approfondis ; on sent parfois la tentation de l'escalade permanente, comme si le film craignait qu'une seconde de calme ne nous fasse sortir de la salle. À force, ça devient mécanique. On y retrouve le même défaut que dans d'autres suites à gros budget de la décennie : vouloir tout faire, trop vite, au risque de diluer ce qui fonctionnait. Il y a bien quelques trouvailles, notamment la rencontre improbablement drôle de Dark Vador et de Mordiculs des Muppet, mais l'écriture préfère l'accumulation aux idées fortes.
Les personnages, dans tout ça, n'ont pas beaucoup de place pour respirer. Larry reste sympathique, mais le film ne lui offre pas d'évolution notable ; il se contente de reprendre ses vieilles chaussures, littéralement et métaphoriquement. Les seconds rôles, nombreux, apportent leur grain de folie, mais finissent par se marcher dessus. Kahmunrah, par exemple, possède un potentiel certain, mais on le résume souvent à des colères enfantines. C'est amusant quinze secondes, moins sur toute la durée. Pis encore, certains personnages du premier film se retrouvent relégués au rang de figurants, ce qui laisse une impression de recyclage un peu paresseux. Seul Amelia Earhart bénéficie d'un vrai traitement : aventurière, curieuse, un brin romantique, elle apporte la fraîcheur qui manque au reste.
Si le film veut nous dire quelque chose, c'est peut-être que l'identité se construit dans le mouvement : Larry a beau réussir socialement, il ne se sent vivant qu'au contact de ces créatures historiques. L'idée est jolie, quoique traitée de façon assez superficielle. Le rapport au patrimoine (ce que l'on garde, ce que l'on oublie) est à peine effleuré, quand bien même le contexte du Smithsonian offrait une piste passionnante. On sent pourtant une vraie affection pour la culture populaire : on passe de l'aviatrice pionnière à l'Empire State Building miniature, en faisant un crochet par des chefs-d'œuvre qui prennent vie. Mais cela reste un décor, pas un discours.
Sur le plan de la mise en scène, il faut saluer le sens du spectacle de Shawn Levy. Le film a du rythme, enchaîne les séquences avec une fluidité certaine et sait jouer des décors, parfois réels, parfois reconstitués en studio. Une partie des galeries du Smithsonian a d'ailleurs été reconstruite de toutes pièces, et ça se voit : c'est propre, lisible, familial. Les effets spéciaux sont globalement réussis, même si certains gags visuels paraissent déjà un peu datés. La bande-son est passe-partout ; elle soutient l'action sans marquer la mémoire. On se trouve devant un produit léché, professionnel, mais sans trop d'âme.
Les performances d'acteurs tiennent la route, sans éclat. Ben Stiller reprend exactement le même registre que dans le premier : efficace, mais discret. Amy Adams est la vraie bonne surprise : son énergie et sa fantaisie donnent à Amelia Earhart un charme immédiat. Hank Azaria s'amuse visiblement beaucoup avec Kahmunrah, même si son numéro cabotin finit par lasser. Les duos de petites tailles, menés par Owen Wilson et Steve Coogan, fonctionnent toujours, mais tournent un peu en rond. Quant à Robin Williams, il apporte sa sagesse habituelle, sans pouvoir réellement briller. Le casting pléthorique fait parfois l'effet d'un inventaire. On salue tout de même le clin d'œil amusant d'Alain Chabat en Napoléon : court, mais savoureux.
Au final, le film laisse une impression mitigée. On sourit, on admire quelques idées, on apprécie la générosité de l'ensemble, mais on regrette la facilité d'écriture et le manque d'audace. Le premier opus avait la fougue de la découverte ; celui-ci se contente d'imiter, en plus gros. Pour ceux qui veulent retrouver l'esprit léger d'une aventure familiale, ça passe…
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