Mortal Kombat

En 1992, alors que Street fighter II règne en maître sur les bornes d'arcade, Mortal Kombat débarque en fracassant la porte à grands coups de testostérone, de sang pixelisé et de numérisation d'acteurs. Une approche radicalement différente qui impose instantanément son identité : c'est violent, c'est exagéré, et surtout, c'est différent. Développé par Ed Boon et John Tobias chez Midway, le jeu trouve rapidement son public et devient un phénomène. Naturellement, avec un tel succès, les portages consoles sont inévitables, et c'est là que les choses se corsent.
À l'époque, le duel entre Sega et Nintendo bat son plein. Chacun veut sa version de Mortal Kombat et, sur le papier, la Super Nintendo a des arguments solides. Plus de couleurs, des décors plus fins, une bande-son plus proche de l'arcade… Mais voilà, le problème, c'est la censure. Nintendo, soucieux de préserver l'innocence de son jeune public, impose des restrictions drastiques : plus de sang, remplacé par une sueur blanchâtre peu convaincante, et surtout, des Fatalities édulcorées. On passe ainsi de Sub-Zero arrachant une tête avec la colonne vertébrale à… un simple uppercut. Le coup de grâce est devenu un coup de mou.
Le gameplay, lui, reste fidèle à la version arcade. Chaque personnage a ses coups spéciaux, et la fameuse mécanique de juggling (enchaînements aériens) est toujours de la partie. Mais un problème vient ternir le tableau : une latence désagréable entre l'appui sur un bouton et l'action à l'écran. C'est subtil, mais suffisant pour donner un sentiment de lourdeur aux combats, surtout quand on a goûté à la version Mega Drive. Cette dernière, bien que techniquement inférieure, a l'avantage de proposer un jeu plus nerveux, et surtout, un cheat code permettant de réactiver le sang et les Fatalities originales. Sega a gagné la bataille du Mortal Kombat domestique, en tout cas aux yeux des fans de violence graphique.
Mais Mortal Kombat, ce n'est pas juste des Fatalities. Ce qui marque aussi, c'est son univers totalement barré, entre mythologie asiatique, influences cinématographiques assumées et ambiance de nanar d'action des années 80. Des ninjas colorés, un dieu du tonnerre, un sorcier démoniaque et un homme à quatre bras qui semble tout droit sorti d'un film de Ray Harryhausen… Ça ne se prend pas au sérieux une seule seconde, et c'est sans doute pour ça que ça fonctionne. Loin du sérieux d'un Street fighter II, Mortal Kombat embrasse son côté série B avec fierté.
Alors, cette version Super Nintendo est-elle un échec ? Pas complètement. Certes, la censure et la latence lui font perdre de son impact, mais elle reste une adaptation visuellement réussie, et pour peu qu'on n'ait pas connu la version arcade ou Mega Drive, elle fait le job. Mais quand on compare, difficile de ne pas ressentir une pointe de frustration. Mortal Kombat est un jeu qui s'épanouit dans l'excès, et lui retirer son sang et sa brutalité, c'est comme servir un Die hard censuré aux États-Unis : ça passe, mais on sait qu'il manque quelque chose.
Pour ceux qui veulent découvrir les origines de la saga, il y a évidemment des versions bien plus fidèles aujourd'hui, notamment sur les compilations modernes. Mais à l'époque, si on voulait vraiment ressentir l'essence de Mortal Kombat sur console, mieux valait avoir une Mega Drive et entrer le bon vieux code sanguinolent. Pour la Super Nintendo, il faudra attendre Mortal Kombat II pour une vraie rédemption. En attendant, cette version reste une curiosité : frustrante, mais pas totalement dépourvue d'intérêt.
À l'époque, le duel entre Sega et Nintendo bat son plein. Chacun veut sa version de Mortal Kombat et, sur le papier, la Super Nintendo a des arguments solides. Plus de couleurs, des décors plus fins, une bande-son plus proche de l'arcade… Mais voilà, le problème, c'est la censure. Nintendo, soucieux de préserver l'innocence de son jeune public, impose des restrictions drastiques : plus de sang, remplacé par une sueur blanchâtre peu convaincante, et surtout, des Fatalities édulcorées. On passe ainsi de Sub-Zero arrachant une tête avec la colonne vertébrale à… un simple uppercut. Le coup de grâce est devenu un coup de mou.
Le gameplay, lui, reste fidèle à la version arcade. Chaque personnage a ses coups spéciaux, et la fameuse mécanique de juggling (enchaînements aériens) est toujours de la partie. Mais un problème vient ternir le tableau : une latence désagréable entre l'appui sur un bouton et l'action à l'écran. C'est subtil, mais suffisant pour donner un sentiment de lourdeur aux combats, surtout quand on a goûté à la version Mega Drive. Cette dernière, bien que techniquement inférieure, a l'avantage de proposer un jeu plus nerveux, et surtout, un cheat code permettant de réactiver le sang et les Fatalities originales. Sega a gagné la bataille du Mortal Kombat domestique, en tout cas aux yeux des fans de violence graphique.
Mais Mortal Kombat, ce n'est pas juste des Fatalities. Ce qui marque aussi, c'est son univers totalement barré, entre mythologie asiatique, influences cinématographiques assumées et ambiance de nanar d'action des années 80. Des ninjas colorés, un dieu du tonnerre, un sorcier démoniaque et un homme à quatre bras qui semble tout droit sorti d'un film de Ray Harryhausen… Ça ne se prend pas au sérieux une seule seconde, et c'est sans doute pour ça que ça fonctionne. Loin du sérieux d'un Street fighter II, Mortal Kombat embrasse son côté série B avec fierté.
Alors, cette version Super Nintendo est-elle un échec ? Pas complètement. Certes, la censure et la latence lui font perdre de son impact, mais elle reste une adaptation visuellement réussie, et pour peu qu'on n'ait pas connu la version arcade ou Mega Drive, elle fait le job. Mais quand on compare, difficile de ne pas ressentir une pointe de frustration. Mortal Kombat est un jeu qui s'épanouit dans l'excès, et lui retirer son sang et sa brutalité, c'est comme servir un Die hard censuré aux États-Unis : ça passe, mais on sait qu'il manque quelque chose.
Pour ceux qui veulent découvrir les origines de la saga, il y a évidemment des versions bien plus fidèles aujourd'hui, notamment sur les compilations modernes. Mais à l'époque, si on voulait vraiment ressentir l'essence de Mortal Kombat sur console, mieux valait avoir une Mega Drive et entrer le bon vieux code sanguinolent. Pour la Super Nintendo, il faudra attendre Mortal Kombat II pour une vraie rédemption. En attendant, cette version reste une curiosité : frustrante, mais pas totalement dépourvue d'intérêt.
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