Ma vie est un enfer
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Dans les années 90, Josiane Balasko s'est imposée comme une figure incontournable de la comédie populaire française, à la fois devant et derrière la caméra. Après le succès de Trop belle pour toi ou de Les hommes préfèrent les grosses, on pouvait espérer que son passage à la réalisation donnerait naissance à un film à la fois drôle, mordant et bien construit. Mais avec Ma vie est un enfer, sorti en 1991, elle signe une comédie pseudo-fantastique qui s'enlise dans un humour pataud et un scénario qui semble hésiter entre conte moral et grotesquerie assumée. Et le résultat est… eh bien, c'est dans le titre.
L'histoire suit Léah (Josiane Balasko), une secrétaire introvertie, moquée par ses collègues, méprisée par sa mère et bousculée par un psy qui passe plus de temps à remplir sa liste de courses qu'à écouter ses patients. Sa vie bascule lorsqu'elle invoque accidentellement un démon, Abargadon (Daniel Auteuil), qui lui propose un pacte faustien : en échange de son âme, il lui offrira tout ce qu'elle désire. Mais lorsqu'un archange (Michael Lonsdale) découvre la supercherie, il décide d'intervenir, déclenchant une série de péripéties absurdes où Léah et son démon domestique vont devoir composer avec les règles du Ciel et de l'Enfer. Voilà pour l'idée de départ.
Le problème majeur du film, c'est qu'il ne sait jamais sur quel pied danser. D'un côté, il y a l'envie manifeste de faire une comédie burlesque, avec des effets spéciaux kitsch et des gags visuels outranciers. De l'autre, on sent une tentative (ratée) d'instiller un propos sur la transformation personnelle, la quête d'émancipation et le poids du regard des autres. Le mélange ne prend jamais. Là où des films comme La vie est un long fleuve tranquille ou Un indien dans la ville savaient équilibrer satire sociale et humour absurde, ici tout semble lourd, forcé et dénué de finesse.
L'écriture des personnages n'aide en rien. Léah est une caricature ambulante de la femme célibataire malchanceuse, affublée de tous les clichés possibles : maladroite, soumise, en manque d'amour, affligée d'une mère insupportable et d'un entourage qui ne lui accorde aucune importance. Au lieu de la rendre attachante, le film nous la présente comme une victime perpétuelle sans réelle évolution. Abargadon, censé être un démon rusé et manipulateur, passe son temps à gesticuler et à pousser des soupirs d'exaspération comme un mauvais numéro de cirque. Quant à Gabriel, interprété par un Michael Lonsdale visiblement en pilote automatique, il se contente de débiter des dialogues sentencieux d'un air las, comme s'il se demandait ce qu'il était venu faire dans cette galère.
Sur le plan des thèmes, le film tente maladroitement d'aborder la question du libre arbitre et de la rédemption, mais avec la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le récit semble vouloir nous dire que l'important n'est pas l'apparence mais l'estime de soi, sauf qu'il sape son propre message en réduisant la transformation de Léah à un simple artifice cosmétique. La scène où elle devient soudainement grande, blonde et irrésistible sous prétexte d'émancipation est tout simplement aberrante, comme si le film suggérait que la seule issue pour une femme mal dans sa peau était de se plier aux standards de beauté dominants.
Côté réalisation, c'est un naufrage. La mise en scène est plate, sans imagination, avec des décors sans âme et une photographie digne d'un téléfilm de seconde zone. Les effets spéciaux, qui se voulaient sans doute volontairement kitsch, n'apportent rien d'autre qu'une gêne polie. Mention spéciale à la transformation d'un chien en cochon, un moment qui oscille entre le malaise et la consternation. On pourrait espérer que la musique apporte un peu de relief, mais là encore, la bande-son signée Alexandre Desplat (qui fera bien mieux par la suite) est anecdotique, noyée sous des bruitages lourdingues et des dialogues qui peinent déjà à faire sourire.
Les acteurs, quant à eux, font ce qu'ils peuvent avec ce qu'on leur donne, mais même un casting solide ne peut sauver un tel désastre. Josiane Balasko, habituellement si juste dans ses rôles de femmes fortes et atypiques, semble ici enfermée dans un personnage larmoyant et sans relief. Daniel Auteuil, d'ordinaire excellent, cabotine à outrance, à tel point qu'il finit par ressembler à une parodie de lui-même. Même Richard Berry et Jean Benguigui, en rôles secondaires, n'ont rien d'autre à faire que de réciter des répliques sans conviction. Et que dire de Michael Lonsdale, qui semble traverser le film avec un air résigné, comme s'il savait qu'il était coincé dans un mauvais sketch ?
En fin de compte, Ma vie est un enfer est un ratage total, un film qui tente désespérément d'être une comédie fantasque et décalée mais qui s'enlise dans un humour bas de plafond et une narration indigente. On peut aimer Josiane Balasko, on peut respecter son envie de proposer autre chose que les comédies formatées de l'époque, mais ici, rien ne fonctionne. C'est lourd, c'est mal écrit, c'est mal rythmé et ça en devient gênant. Une comédie qui fait rire par accident et qui, paradoxalement, aurait mérité de rester dans les limbes du cinéma français. Loin, très loin des salles obscures.
L'histoire suit Léah (Josiane Balasko), une secrétaire introvertie, moquée par ses collègues, méprisée par sa mère et bousculée par un psy qui passe plus de temps à remplir sa liste de courses qu'à écouter ses patients. Sa vie bascule lorsqu'elle invoque accidentellement un démon, Abargadon (Daniel Auteuil), qui lui propose un pacte faustien : en échange de son âme, il lui offrira tout ce qu'elle désire. Mais lorsqu'un archange (Michael Lonsdale) découvre la supercherie, il décide d'intervenir, déclenchant une série de péripéties absurdes où Léah et son démon domestique vont devoir composer avec les règles du Ciel et de l'Enfer. Voilà pour l'idée de départ.
Le problème majeur du film, c'est qu'il ne sait jamais sur quel pied danser. D'un côté, il y a l'envie manifeste de faire une comédie burlesque, avec des effets spéciaux kitsch et des gags visuels outranciers. De l'autre, on sent une tentative (ratée) d'instiller un propos sur la transformation personnelle, la quête d'émancipation et le poids du regard des autres. Le mélange ne prend jamais. Là où des films comme La vie est un long fleuve tranquille ou Un indien dans la ville savaient équilibrer satire sociale et humour absurde, ici tout semble lourd, forcé et dénué de finesse.
L'écriture des personnages n'aide en rien. Léah est une caricature ambulante de la femme célibataire malchanceuse, affublée de tous les clichés possibles : maladroite, soumise, en manque d'amour, affligée d'une mère insupportable et d'un entourage qui ne lui accorde aucune importance. Au lieu de la rendre attachante, le film nous la présente comme une victime perpétuelle sans réelle évolution. Abargadon, censé être un démon rusé et manipulateur, passe son temps à gesticuler et à pousser des soupirs d'exaspération comme un mauvais numéro de cirque. Quant à Gabriel, interprété par un Michael Lonsdale visiblement en pilote automatique, il se contente de débiter des dialogues sentencieux d'un air las, comme s'il se demandait ce qu'il était venu faire dans cette galère.
Sur le plan des thèmes, le film tente maladroitement d'aborder la question du libre arbitre et de la rédemption, mais avec la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le récit semble vouloir nous dire que l'important n'est pas l'apparence mais l'estime de soi, sauf qu'il sape son propre message en réduisant la transformation de Léah à un simple artifice cosmétique. La scène où elle devient soudainement grande, blonde et irrésistible sous prétexte d'émancipation est tout simplement aberrante, comme si le film suggérait que la seule issue pour une femme mal dans sa peau était de se plier aux standards de beauté dominants.
Côté réalisation, c'est un naufrage. La mise en scène est plate, sans imagination, avec des décors sans âme et une photographie digne d'un téléfilm de seconde zone. Les effets spéciaux, qui se voulaient sans doute volontairement kitsch, n'apportent rien d'autre qu'une gêne polie. Mention spéciale à la transformation d'un chien en cochon, un moment qui oscille entre le malaise et la consternation. On pourrait espérer que la musique apporte un peu de relief, mais là encore, la bande-son signée Alexandre Desplat (qui fera bien mieux par la suite) est anecdotique, noyée sous des bruitages lourdingues et des dialogues qui peinent déjà à faire sourire.
Les acteurs, quant à eux, font ce qu'ils peuvent avec ce qu'on leur donne, mais même un casting solide ne peut sauver un tel désastre. Josiane Balasko, habituellement si juste dans ses rôles de femmes fortes et atypiques, semble ici enfermée dans un personnage larmoyant et sans relief. Daniel Auteuil, d'ordinaire excellent, cabotine à outrance, à tel point qu'il finit par ressembler à une parodie de lui-même. Même Richard Berry et Jean Benguigui, en rôles secondaires, n'ont rien d'autre à faire que de réciter des répliques sans conviction. Et que dire de Michael Lonsdale, qui semble traverser le film avec un air résigné, comme s'il savait qu'il était coincé dans un mauvais sketch ?
En fin de compte, Ma vie est un enfer est un ratage total, un film qui tente désespérément d'être une comédie fantasque et décalée mais qui s'enlise dans un humour bas de plafond et une narration indigente. On peut aimer Josiane Balasko, on peut respecter son envie de proposer autre chose que les comédies formatées de l'époque, mais ici, rien ne fonctionne. C'est lourd, c'est mal écrit, c'est mal rythmé et ça en devient gênant. Une comédie qui fait rire par accident et qui, paradoxalement, aurait mérité de rester dans les limbes du cinéma français. Loin, très loin des salles obscures.
Ma note8%
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