Rip Van Winkle

On se retrouve ici devant un petit film américain des débuts du XXe siècle, une époque où le cinéma cherchait encore ses règles et tâtonnait pour raconter des histoires qui tenaient debout. L'intrigue suit Rip Van Winkle, un homme ordinaire qui, après avoir croisé d'étranges créatures dans la forêt, s'endort vingt ans. À son réveil, rien ou presque ne se passe… et c'est là que le bât blesse. La matière première est une légende américaine qui explore la fuite du temps, le déracinement et la perplexité du héros face à un monde changé, et l'histoire avait de quoi être puissante. Hélas, le film en conserve à peine l'armature.
Au lieu des mystérieux joueurs de ninepin bowling qui donnaient à la version littéraire sa dimension fantastique, on découvre ici des « nains » qui font sensiblement la même taille que Rip. L'étrange vire donc au maladroit, et l'effet censé intriguer tourne au comique involontaire. Le film ne semble pas vraiment savoir comment rendre crédible cette rencontre, ni comment installer la moindre atmosphère surnaturelle.
Le fameux sommeil de vingt ans arrive presque trop vite, sans respiration, et le réveil manque complètement d'impact : pas de retour au village, pas de découverte d'un monde transformé, pas de confrontation avec le temps perdu. Tout ce qui aurait pu donner un minimum de profondeur émotionnelle disparaît, comme si la légende originale avait été résumée à la hâte, sectionnée de ses éléments les plus essentiels et réduite à une suite de tableaux explicatifs.
La mise en scène, très figée, rappelle les limites techniques de l'époque, mais ne parvient jamais à les transcender. Le film a beau montrer un fragment intéressant de l'histoire du cinéma, il reste englué dans une forme rigide qui empêche toute immersion. On sent davantage un exercice de démonstration (montrer ce qu'il est possible de filmer en 1903) qu'une véritable volonté de raconter quelque chose.
Reste un objet curieux, à la fois naïf et frustrant, qui attire l'attention par son statut de pièce de musée mais peine à toucher, divertir ou même intriguer. Un film qu'on apprécie pour ce qu'il représente davantage que pour ce qu'il offre réellement à l'écran, et qui laisse un arrière-goût d'occasion manquée.
Au lieu des mystérieux joueurs de ninepin bowling qui donnaient à la version littéraire sa dimension fantastique, on découvre ici des « nains » qui font sensiblement la même taille que Rip. L'étrange vire donc au maladroit, et l'effet censé intriguer tourne au comique involontaire. Le film ne semble pas vraiment savoir comment rendre crédible cette rencontre, ni comment installer la moindre atmosphère surnaturelle.
Le fameux sommeil de vingt ans arrive presque trop vite, sans respiration, et le réveil manque complètement d'impact : pas de retour au village, pas de découverte d'un monde transformé, pas de confrontation avec le temps perdu. Tout ce qui aurait pu donner un minimum de profondeur émotionnelle disparaît, comme si la légende originale avait été résumée à la hâte, sectionnée de ses éléments les plus essentiels et réduite à une suite de tableaux explicatifs.
La mise en scène, très figée, rappelle les limites techniques de l'époque, mais ne parvient jamais à les transcender. Le film a beau montrer un fragment intéressant de l'histoire du cinéma, il reste englué dans une forme rigide qui empêche toute immersion. On sent davantage un exercice de démonstration (montrer ce qu'il est possible de filmer en 1903) qu'une véritable volonté de raconter quelque chose.
Reste un objet curieux, à la fois naïf et frustrant, qui attire l'attention par son statut de pièce de musée mais peine à toucher, divertir ou même intriguer. Un film qu'on apprécie pour ce qu'il représente davantage que pour ce qu'il offre réellement à l'écran, et qui laisse un arrière-goût d'occasion manquée.
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