Serial noceurs

Dans le paysage des comédies américaines des années 2000, Serial noceurs, réalisé par David Dobkin, s'impose comme une tentative bruyante de conjuguer potacherie masculine et romance douce-amère. Porté par deux figures familières du rire hollywoodien, Owen Wilson et Vince Vaughn, le film revendique son appartenance à une certaine fratrie de comédies testostéronées, à mi-chemin entre les délires des frat boys et les aspirations plus lisses du rom-com classique. Autant dire qu'on est plus proche ici d'American pie que de Quand Harry rencontre Sally, même si le film tente vaguement de s'en convaincre lui-même.
L'intrigue est simple comme une to-do list de bachelors cyniques : deux amis, John et Jeremy, s'invitent en toute impunité à des mariages pour profiter des buffets, de l'alcool et surtout, des jeunes femmes disponibles. Leur stratagème bien rodée trouve un terrain de jeu idéal lorsqu'ils s'introduisent à la cérémonie d'une fille de ministre. Mais alors que l'opération s'annonce comme leur chef-d'œuvre, tout se complique : Jeremy tombe sur une nymphomane collante, Gloria, pendant que John s'éprend de la douce Claire, déjà promise au méprisable Sack.
Le scénario, coécrit par Steve Faber et Bob Fisher, repose sur une idée qui aurait pu donner lieu à une satire grinçante des rites sociaux et des apparences. Mais très vite, le propos se dissout dans un enchaînement de gags appuyés, de situations étirées et de rebondissements convenus. Le rythme est déroutant, oscillant entre des moments de comédie débridée et des tentatives d'émotion qui tombent à plat. Le film veut tout faire : divertir, émouvoir, choquer gentiment, mais n'accomplit rien de tout ça avec brio.
John est censé être le sentimental du duo, un peu rêvasseur, un peu paumé, mais jamais vraiment incarné. Jeremy, à l'inverse, fonctionne comme un ressort comique perpétuel, sans réelle évolution. Gloria est réduite à un stéréotype sexuel envahissant, tandis que Claire, dans son rôle de fiancée parfaite, n'est qu'une projection de fantasme vaguement contesté. Le plus dommage, c'est que ces figures auraient pu être détournées avec intelligence. Au lieu de ça, on reste dans l'esquisse.
On pourrait défendre le film en y voyant une réflexion déguisée sur la peur de l'engagement, la solitude masculine ou la difficulté de grandir. Mais ces thèmes sont noyés dans une mer de punchlines, de gags scabreux et de saynètes au ton vacillant. L'amour, censé surgir comme une rédemption possible, arrive trop tard, trop artificiellement, pour toucher. Et le message final ressemble plus à une concession à la morale qu'à une véritable transformation.
Réalisé avec une certaine compétence formelle, Serial noceurs ne manque pas de moyens. Les mariages sont esthétiquement soignés, les décors fastueux, la photographie flatteuse. Mais cette enveloppe ne compense pas le fond creux. La mise en scène de David Dobkin, propre et sans âme, peine à conférer une véritable identité au film. La bande-son, assez hétéroclite, fait le job, mais ne laisse aucune empreinte.
Du côté des acteurs, le tandem Owen Wilson/Vince Vaughn déploie une énergie indéniable. Vaughn, dans son rôle d'hyperactif verbeux, semble en roue libre, mais amusé. Wilson, plus retenu, joue comme à son habitude, sur le registre du gentil mec un peu paumé. Rachel McAdams, en muse idéale, n'a pas grand-chose à jouer, mais le fait avec sa grâce naturelle. Isla Fisher s'en sort avec un dévouement comique qui force le respect. Quant à Christopher Walken, il promène son aura de fauve en cage avec un plaisir visible, mais trop rarement exploité. Et l'apparition de Will Ferrell, en mentor obscène, semble surgir d'un autre film.
Au final, Serial noceurs est un objet bancal, parfois drôle, souvent lourd, qui oscille entre la pochade lubrique et la romance forcée. Si on comprend que le film ait pu trouver son public à l'époque, on peine aujourd'hui à y voir autre chose qu'un produit daté, prisonnier de ses effets faciles et de ses clichés.
L'intrigue est simple comme une to-do list de bachelors cyniques : deux amis, John et Jeremy, s'invitent en toute impunité à des mariages pour profiter des buffets, de l'alcool et surtout, des jeunes femmes disponibles. Leur stratagème bien rodée trouve un terrain de jeu idéal lorsqu'ils s'introduisent à la cérémonie d'une fille de ministre. Mais alors que l'opération s'annonce comme leur chef-d'œuvre, tout se complique : Jeremy tombe sur une nymphomane collante, Gloria, pendant que John s'éprend de la douce Claire, déjà promise au méprisable Sack.
Le scénario, coécrit par Steve Faber et Bob Fisher, repose sur une idée qui aurait pu donner lieu à une satire grinçante des rites sociaux et des apparences. Mais très vite, le propos se dissout dans un enchaînement de gags appuyés, de situations étirées et de rebondissements convenus. Le rythme est déroutant, oscillant entre des moments de comédie débridée et des tentatives d'émotion qui tombent à plat. Le film veut tout faire : divertir, émouvoir, choquer gentiment, mais n'accomplit rien de tout ça avec brio.
John est censé être le sentimental du duo, un peu rêvasseur, un peu paumé, mais jamais vraiment incarné. Jeremy, à l'inverse, fonctionne comme un ressort comique perpétuel, sans réelle évolution. Gloria est réduite à un stéréotype sexuel envahissant, tandis que Claire, dans son rôle de fiancée parfaite, n'est qu'une projection de fantasme vaguement contesté. Le plus dommage, c'est que ces figures auraient pu être détournées avec intelligence. Au lieu de ça, on reste dans l'esquisse.
On pourrait défendre le film en y voyant une réflexion déguisée sur la peur de l'engagement, la solitude masculine ou la difficulté de grandir. Mais ces thèmes sont noyés dans une mer de punchlines, de gags scabreux et de saynètes au ton vacillant. L'amour, censé surgir comme une rédemption possible, arrive trop tard, trop artificiellement, pour toucher. Et le message final ressemble plus à une concession à la morale qu'à une véritable transformation.
Réalisé avec une certaine compétence formelle, Serial noceurs ne manque pas de moyens. Les mariages sont esthétiquement soignés, les décors fastueux, la photographie flatteuse. Mais cette enveloppe ne compense pas le fond creux. La mise en scène de David Dobkin, propre et sans âme, peine à conférer une véritable identité au film. La bande-son, assez hétéroclite, fait le job, mais ne laisse aucune empreinte.
Du côté des acteurs, le tandem Owen Wilson/Vince Vaughn déploie une énergie indéniable. Vaughn, dans son rôle d'hyperactif verbeux, semble en roue libre, mais amusé. Wilson, plus retenu, joue comme à son habitude, sur le registre du gentil mec un peu paumé. Rachel McAdams, en muse idéale, n'a pas grand-chose à jouer, mais le fait avec sa grâce naturelle. Isla Fisher s'en sort avec un dévouement comique qui force le respect. Quant à Christopher Walken, il promène son aura de fauve en cage avec un plaisir visible, mais trop rarement exploité. Et l'apparition de Will Ferrell, en mentor obscène, semble surgir d'un autre film.
Au final, Serial noceurs est un objet bancal, parfois drôle, souvent lourd, qui oscille entre la pochade lubrique et la romance forcée. Si on comprend que le film ait pu trouver son public à l'époque, on peine aujourd'hui à y voir autre chose qu'un produit daté, prisonnier de ses effets faciles et de ses clichés.
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