Dark shadows
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Tim Burton et les vampires, une rencontre qui avait tout pour fonctionner. En 2012, le réalisateur d'Edward aux mains d'argent et de Sleepy Hollow adapte la série télévisée culte Dark shadows, un soap opera gothique des années 60, connu pour ses histoires de vampires, de fantômes et de sorcellerie. Avec un casting réunissant Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer et Helena Bonham Carter, le film promettait un retour aux racines fantastiques de Burton, saupoudré d'un humour décalé et d'un hommage aux seventies. Mais si le mélange est séduisant sur le papier, le résultat final laisse un goût mitigé.
L'histoire débute en 1760, lorsque la famille Collins quitte l'Angleterre pour s'établir dans le Maine et y fonder la ville de Collinsport. Vingt ans plus tard, Barnabas Collins est un homme riche et influent, mais il commet l'erreur de briser le cœur d'Angélique Bouchard, une servante secrètement amoureuse de lui. Problème : Angélique est une sorcière. Furieuse, elle tue ses parents, ensorcelle sa bien-aimée Josette pour la pousser au suicide, et condamne Barnabas à l'immortalité en le transformant en vampire avant de le faire enterrer vivant. Deux siècles plus tard, en 1972, Barnabas est accidentellement libéré et revient à Collinsport, où il découvre que son manoir est en ruines, sa famille ruinée, et qu'Angélique a pris le contrôle de la ville. Bien décidé à restaurer l'honneur des Collins, il doit faire face à un monde qu'il ne comprend plus et à une ennemie bien décidée à le détruire définitivement.
Le scénario joue sur le contraste entre Barnabas, vampire coincé dans le XVIIIe siècle, et les seventies psychédéliques. L'idée est amusante et donne lieu à quelques moments savoureux, notamment dans les dialogues ampoulés de Barnabas ou sa rencontre avec un groupe de hippies fascinés par son côté aristocrate maudit. Mais rapidement, le film se perd dans un enchaînement de scènes sans véritable fil conducteur. Il oscille entre comédie, drame gothique et romance sans jamais vraiment choisir son camp, ce qui donne une narration hachée et parfois décousue. L'humour fonctionne par moments, mais il est souvent trop sage pour être vraiment mordant, et le film manque d'une tension dramatique digne de ce nom.
Les personnages sont intéressants sur le papier mais souffrent d'un développement inégal. Barnabas est sans doute le plus réussi : mélange d'élégance surannée, de détresse romantique et de maladresse face à la modernité, il est incarné avec aisance par Johnny Depp. Angélique, jouée par Eva Green, est une antagoniste flamboyante, sensuelle et manipulatrice, qui apporte une énergie bienvenue à l'ensemble. En revanche, le reste de la famille Collins est largement sous-exploité : Michelle Pfeiffer en matriarche désabusée a de la prestance, mais son rôle manque de consistance, et Chloë Grace Moretz, qui joue Carolyn, l'adolescente rebelle du clan, ne parvient jamais à exister au-delà de son attitude boudeuse.
L'un des atouts de Burton a toujours été sa capacité à donner une âme visuelle à ses films, et ici encore, l'esthétique est soignée. Le manoir Collins, immense demeure gothique délabrée, est un personnage à part entière, et les contrastes entre l'ambiance lugubre de Collinswood et l'exubérance colorée des années 70 sont bien exploités. La bande-son est un régal, alignant des classiques comme Nights in white satin de The Moody Blues ou No more Mr. Nice Guy d'Alice Cooper (qui fait une apparition savoureuse en lui-même). La photographie de Bruno Delbonnel joue intelligemment sur les jeux de lumière et d'ombre, contribuant à créer une ambiance oscillant entre macabre et burlesque.
Du côté des performances, Johnny Depp fait ce qu'il sait faire de mieux : une énième variation de son personnage d'excentrique lunaire. Son Barnabas rappelle par moments Edward, par d'autres Jack Sparrow, et si l'ensemble fonctionne plutôt bien, il n'apporte pas de réelle surprise. Eva Green, en revanche, est sans doute la meilleure surprise du film. Son interprétation d'Angélique est électrisante, et elle vole presque la vedette à Depp. Helena Bonham Carter et Michelle Pfeiffer livrent des prestations correctes, mais leurs rôles sont sous-exploités, ce qui est d'autant plus frustrant pour Pfeiffer, qui avait pourtant tout pour incarner une matriarche inoubliable.
Dark Shadows est un Burton mineur. Le film offre quelques beaux moments et un univers visuel toujours aussi séduisant, mais il manque d'une véritable colonne vertébrale scénaristique et d'une identité forte. Trop léger pour être un vrai film gothique, trop sage pour être une comédie mordante, il donne l'impression d'un Burton en pilotage automatique, jouant sur ses codes habituels sans chercher à les renouveler. Si l'on passe un moment agréable devant le film, notamment grâce à Eva Green et à quelques scènes bien senties, il peine à laisser une empreinte durable. Un divertissement honnête, qui plaira aux amateurs de l'univers burtonien, mais qui ne parvient jamais à atteindre la folie et la poésie de ses meilleures œuvres.
L'histoire débute en 1760, lorsque la famille Collins quitte l'Angleterre pour s'établir dans le Maine et y fonder la ville de Collinsport. Vingt ans plus tard, Barnabas Collins est un homme riche et influent, mais il commet l'erreur de briser le cœur d'Angélique Bouchard, une servante secrètement amoureuse de lui. Problème : Angélique est une sorcière. Furieuse, elle tue ses parents, ensorcelle sa bien-aimée Josette pour la pousser au suicide, et condamne Barnabas à l'immortalité en le transformant en vampire avant de le faire enterrer vivant. Deux siècles plus tard, en 1972, Barnabas est accidentellement libéré et revient à Collinsport, où il découvre que son manoir est en ruines, sa famille ruinée, et qu'Angélique a pris le contrôle de la ville. Bien décidé à restaurer l'honneur des Collins, il doit faire face à un monde qu'il ne comprend plus et à une ennemie bien décidée à le détruire définitivement.
Le scénario joue sur le contraste entre Barnabas, vampire coincé dans le XVIIIe siècle, et les seventies psychédéliques. L'idée est amusante et donne lieu à quelques moments savoureux, notamment dans les dialogues ampoulés de Barnabas ou sa rencontre avec un groupe de hippies fascinés par son côté aristocrate maudit. Mais rapidement, le film se perd dans un enchaînement de scènes sans véritable fil conducteur. Il oscille entre comédie, drame gothique et romance sans jamais vraiment choisir son camp, ce qui donne une narration hachée et parfois décousue. L'humour fonctionne par moments, mais il est souvent trop sage pour être vraiment mordant, et le film manque d'une tension dramatique digne de ce nom.
Les personnages sont intéressants sur le papier mais souffrent d'un développement inégal. Barnabas est sans doute le plus réussi : mélange d'élégance surannée, de détresse romantique et de maladresse face à la modernité, il est incarné avec aisance par Johnny Depp. Angélique, jouée par Eva Green, est une antagoniste flamboyante, sensuelle et manipulatrice, qui apporte une énergie bienvenue à l'ensemble. En revanche, le reste de la famille Collins est largement sous-exploité : Michelle Pfeiffer en matriarche désabusée a de la prestance, mais son rôle manque de consistance, et Chloë Grace Moretz, qui joue Carolyn, l'adolescente rebelle du clan, ne parvient jamais à exister au-delà de son attitude boudeuse.
L'un des atouts de Burton a toujours été sa capacité à donner une âme visuelle à ses films, et ici encore, l'esthétique est soignée. Le manoir Collins, immense demeure gothique délabrée, est un personnage à part entière, et les contrastes entre l'ambiance lugubre de Collinswood et l'exubérance colorée des années 70 sont bien exploités. La bande-son est un régal, alignant des classiques comme Nights in white satin de The Moody Blues ou No more Mr. Nice Guy d'Alice Cooper (qui fait une apparition savoureuse en lui-même). La photographie de Bruno Delbonnel joue intelligemment sur les jeux de lumière et d'ombre, contribuant à créer une ambiance oscillant entre macabre et burlesque.
Du côté des performances, Johnny Depp fait ce qu'il sait faire de mieux : une énième variation de son personnage d'excentrique lunaire. Son Barnabas rappelle par moments Edward, par d'autres Jack Sparrow, et si l'ensemble fonctionne plutôt bien, il n'apporte pas de réelle surprise. Eva Green, en revanche, est sans doute la meilleure surprise du film. Son interprétation d'Angélique est électrisante, et elle vole presque la vedette à Depp. Helena Bonham Carter et Michelle Pfeiffer livrent des prestations correctes, mais leurs rôles sont sous-exploités, ce qui est d'autant plus frustrant pour Pfeiffer, qui avait pourtant tout pour incarner une matriarche inoubliable.
Dark Shadows est un Burton mineur. Le film offre quelques beaux moments et un univers visuel toujours aussi séduisant, mais il manque d'une véritable colonne vertébrale scénaristique et d'une identité forte. Trop léger pour être un vrai film gothique, trop sage pour être une comédie mordante, il donne l'impression d'un Burton en pilotage automatique, jouant sur ses codes habituels sans chercher à les renouveler. Si l'on passe un moment agréable devant le film, notamment grâce à Eva Green et à quelques scènes bien senties, il peine à laisser une empreinte durable. Un divertissement honnête, qui plaira aux amateurs de l'univers burtonien, mais qui ne parvient jamais à atteindre la folie et la poésie de ses meilleures œuvres.
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