Tintin au Tibet (jeu)
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Infogrames, ce studio français qui a fait de l'adaptation de BD un véritable sport extrême, s'est attaqué en 1995 à un classique parmi les classiques : Tintin au Tibet. Disponible sur Super Nintendo, Mega Drive et quelques autres machines de l'époque, le jeu s'inscrit dans cette longue tradition des adaptations vidéoludiques de bandes dessinées européennes, avec un niveau de difficulté qui frôle parfois l'absurde. Si aujourd'hui le « Nintendo Hard » fait sourire en évoquant des souvenirs comme Contra, Battletoads ou Ghosts'n Goblins, ce Tintin au Tibet en serait presque une version soft… mais seulement « presque ».
L'histoire suit fidèlement l'intrigue de l'album de'Hergé, qui, pour rappel, était son préféré. Tintin, en vacances en montagne, apprend que son ami Chang a été victime d'un crash aérien au Tibet. Persuadé qu'il est encore en vie, il part avec le fidèle Capitaine Haddock pour le retrouver dans les sommets enneigés. À première vue, tout est là pour plaire aux fans : un respect de l'œuvre originale, des environnements variés et un habillage graphique qui rend plutôt bien sur les 16 bits de la Super Nintendo. On reconnaît les décors emblématiques de la BD et chaque niveau s'efforce de retranscrire une ambiance fidèle aux cases du maître belge. Il y a même quelques animations sympathiques qui ajoutent un peu de vie à l'ensemble. C'est beau, c'est coloré… mais c'est aussi une épreuve d'endurance mentale.
Le gameplay repose sur une structure de jeu de plateforme/aventure en scrolling horizontal. Tintin ne se bat pas, il doit esquiver, sauter, attraper des objets et progresser dans des niveaux semés d'embûches. Et c'est là que les choses commencent à se gâter. La maniabilité de Tintin donne l'impression de diriger une feuille de papier emportée par le vent : il est léger, trop léger, et se fait malmener par la moindre collision. Les obstacles sont nombreux, parfois absurdes : des chiens minuscules, des serveurs trop pressés, des clochettes suspendues… tout est prétexte à vous faire perdre de la vie. On pourrait croire que la patience suffira à triompher, mais la hitbox discutable et certaines séquences d'une précision cruelle transforment l'expérience en un test de zénitude. L'un des pires moments ? Le niveau des chörtens — ces fameux piliers bouddhiques —, une pure séance de torture où l'on doit deviner le bon chemin sous peine de recommencer encore et encore. Et ne parlons même pas du passage où il faut sauver Milou de la noyade avec un timer réglé à la demi-seconde près.
C'est bien simple, Tintin au Tibet fait partie de ces jeux qui auraient gagné à proposer une courbe de difficulté plus progressive. Là où des jeux comme Prince of Persia ou Another world assumaient un gameplay exigeant tout en offrant un certain équilibre, ici, c'est le sadisme pur. Il faut une concentration absolue pour traverser chaque niveau, et le système de mots de passe (trop rares) n'aide en rien. Il y a du défi, mais il est souvent frustrant plus que gratifiant. C'est dommage, car en dehors de cette difficulté exagérée, le jeu est loin d'être un mauvais produit.
Techniquement, il s'en sort avec les honneurs. La direction artistique est globalement réussie et capture bien l'esthétique de Tintin au Tibet. La musique, bien qu'un peu répétitive, accompagne l'action avec une certaine efficacité, et les animations sont détaillées. Mais tout cela est mis à mal par une difficulté qui oscille entre l'exigeant et l'injuste. Si l'on compare avec d'autres jeux de plateformes de l'époque, comme Aladdin ou Le roi lion, Tintin au Tibet est clairement plus rigide et punitif, ce qui le rend moins accessible.
Finalement, Tintin au Tibet est un jeu qui se place quelque part entre le respect de l'œuvre originale et la rudesse d'un game design qui aurait mérité plus de souplesse. Il est beau, il est fidèle, mais il demande une patience d'ascète pour être apprécié à sa juste valeur. Ceux qui aiment les défis du type Super ghouls'n ghosts ou Ninja gaiden pourraient y voir un challenge intéressant, mais pour les autres, il risque surtout de se transformer en test de résistance nerveuse. Il n'est ni une catastrophe, ni un chef-d'œuvre : juste un jeu qui aurait pu être excellent s'il avait été un peu plus indulgent avec ses joueurs. À réserver aux fans de Tintin les plus téméraires, ou à ceux qui veulent prouver qu'ils sont dignes d'affronter l'Himalaya vidéoludique.
L'histoire suit fidèlement l'intrigue de l'album de'Hergé, qui, pour rappel, était son préféré. Tintin, en vacances en montagne, apprend que son ami Chang a été victime d'un crash aérien au Tibet. Persuadé qu'il est encore en vie, il part avec le fidèle Capitaine Haddock pour le retrouver dans les sommets enneigés. À première vue, tout est là pour plaire aux fans : un respect de l'œuvre originale, des environnements variés et un habillage graphique qui rend plutôt bien sur les 16 bits de la Super Nintendo. On reconnaît les décors emblématiques de la BD et chaque niveau s'efforce de retranscrire une ambiance fidèle aux cases du maître belge. Il y a même quelques animations sympathiques qui ajoutent un peu de vie à l'ensemble. C'est beau, c'est coloré… mais c'est aussi une épreuve d'endurance mentale.
Le gameplay repose sur une structure de jeu de plateforme/aventure en scrolling horizontal. Tintin ne se bat pas, il doit esquiver, sauter, attraper des objets et progresser dans des niveaux semés d'embûches. Et c'est là que les choses commencent à se gâter. La maniabilité de Tintin donne l'impression de diriger une feuille de papier emportée par le vent : il est léger, trop léger, et se fait malmener par la moindre collision. Les obstacles sont nombreux, parfois absurdes : des chiens minuscules, des serveurs trop pressés, des clochettes suspendues… tout est prétexte à vous faire perdre de la vie. On pourrait croire que la patience suffira à triompher, mais la hitbox discutable et certaines séquences d'une précision cruelle transforment l'expérience en un test de zénitude. L'un des pires moments ? Le niveau des chörtens — ces fameux piliers bouddhiques —, une pure séance de torture où l'on doit deviner le bon chemin sous peine de recommencer encore et encore. Et ne parlons même pas du passage où il faut sauver Milou de la noyade avec un timer réglé à la demi-seconde près.
C'est bien simple, Tintin au Tibet fait partie de ces jeux qui auraient gagné à proposer une courbe de difficulté plus progressive. Là où des jeux comme Prince of Persia ou Another world assumaient un gameplay exigeant tout en offrant un certain équilibre, ici, c'est le sadisme pur. Il faut une concentration absolue pour traverser chaque niveau, et le système de mots de passe (trop rares) n'aide en rien. Il y a du défi, mais il est souvent frustrant plus que gratifiant. C'est dommage, car en dehors de cette difficulté exagérée, le jeu est loin d'être un mauvais produit.
Techniquement, il s'en sort avec les honneurs. La direction artistique est globalement réussie et capture bien l'esthétique de Tintin au Tibet. La musique, bien qu'un peu répétitive, accompagne l'action avec une certaine efficacité, et les animations sont détaillées. Mais tout cela est mis à mal par une difficulté qui oscille entre l'exigeant et l'injuste. Si l'on compare avec d'autres jeux de plateformes de l'époque, comme Aladdin ou Le roi lion, Tintin au Tibet est clairement plus rigide et punitif, ce qui le rend moins accessible.
Finalement, Tintin au Tibet est un jeu qui se place quelque part entre le respect de l'œuvre originale et la rudesse d'un game design qui aurait mérité plus de souplesse. Il est beau, il est fidèle, mais il demande une patience d'ascète pour être apprécié à sa juste valeur. Ceux qui aiment les défis du type Super ghouls'n ghosts ou Ninja gaiden pourraient y voir un challenge intéressant, mais pour les autres, il risque surtout de se transformer en test de résistance nerveuse. Il n'est ni une catastrophe, ni un chef-d'œuvre : juste un jeu qui aurait pu être excellent s'il avait été un peu plus indulgent avec ses joueurs. À réserver aux fans de Tintin les plus téméraires, ou à ceux qui veulent prouver qu'ils sont dignes d'affronter l'Himalaya vidéoludique.
Ma note57%
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