N° 234 · Ésotérisme · Tome 3

Que faut-il savoir sur l'abbé Saunière ?

Sujet : L'abbé Saunière

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’histoire de l’abbé Saunière, un curé de campagne devenu une figure mythique. En 1885, Bérenger Saunière, 33 ans, arrive à Rennes-le-Château, un village pauvre de 200 habitants dans l’Aude. Il découvre une église délabrée, un presbytère inhabitable et une paroisse sans moyens. Rien ne le destinait à entrer dans la légende. En 1891, après avoir obtenu un prêt de 5000 francs-or de la commune et de la marquise de Chambord, Saunière commence la restauration. Il prétendra avoir découvert des parchemins cachés dans ce pilier wisigothique, contenant des généalogies mérovingiennes et des textes en latin codé. Problème : aucune preuve matérielle de cette découverte n’a jamais été produite. Ces parchemins n’existent peut-être que dans son imagination.

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Julien Lepage
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L'abbé Saunière, case 1 : Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’histoire de l’abbé Saunière, un curé de campagne devenu une figure mythique. En 1885, Bérenger Saunière, 33 ans, arrive à Rennes-le-Château, un village pauvre de 200 habitants dans l’Aude. Il découvre une église délabrée, un presbytère inhabitable et une paroisse sans moyens. Rien ne le destinait à entrer dans la légende.
Case 01 — L'abbé Saunière
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Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’histoire de l’abbé Saunière, un curé de campagne devenu une figure mythique. En 1885, Bérenger Saunière, 33 ans, arrive à Rennes-le-Château, un village pauvre de 200 habitants dans l’Aude. Il découvre une église délabrée, un presbytère inhabitable et une paroisse sans moyens. Rien ne le destinait à entrer dans la légende.

L'abbé Saunière, case 2 : En 1891, après avoir obtenu un prêt de 5000 francs-or de la commune et de la marquise de Chambord, Saunière commence la restauration. Il prétendra avoir découvert des parchemins cachés dans ce pilier wisigothique, contenant des généalogies mérovingiennes et des textes en latin codé. Problème : aucune preuve matérielle de cette découverte n’a jamais été produite. Ces parchemins n’existent peut-être que dans son imagination.
Case 02 — L'abbé Saunière
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En 1891, après avoir obtenu un prêt de 5000 francs-or de la commune et de la marquise de Chambord, Saunière commence la restauration. Il prétendra avoir découvert des parchemins cachés dans ce pilier wisigothique, contenant des généalogies mérovingiennes et des textes en latin codé. Problème : aucune preuve matérielle de cette découverte n’a jamais été produite. Ces parchemins n’existent peut-être que dans son imagination.

L'abbé Saunière, case 3 : Les villageois témoignent que Saunière, aidé de sa servante Marie Dénarnaud, effectue des fouilles nocturnes dans le cimetière et aux alentours de l’église. Cherche-t-il réellement un trésor ? Déterre-t-il simplement des ossements pour les revendre comme reliques ? Nul ne le sait. Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1896, son train de vie change radicalement et devient incompatible avec son salaire de curé de campagne.
Case 03 — L'abbé Saunière
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Les villageois témoignent que Saunière, aidé de sa servante Marie Dénarnaud, effectue des fouilles nocturnes dans le cimetière et aux alentours de l’église. Cherche-t-il réellement un trésor ? Déterre-t-il simplement des ossements pour les revendre comme reliques ? Nul ne le sait. Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1896, son train de vie change radicalement et devient incompatible avec son salaire de curé de campagne.

L'abbé Saunière, case 4 : Entre 1900 et 1910, Saunière dépense l’équivalent d’un million d’euros actuels. Il construit la villa Béthanie, la tour Magdala pour sa bibliothèque, une orangerie, des jardins exotiques. Il achète des terrains, fait venir des plantes rares, organise des réceptions somptueuses. Le scandale éclate : d’où vient cet argent ? L’évêché ouvre une enquête en 1910. Saunière refuse de justifier ses revenus et sera suspendu de ses fonctions sacerdotales.
Case 04 — L'abbé Saunière
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Entre 1900 et 1910, Saunière dépense l’équivalent d’un million d’euros actuels. Il construit la villa Béthanie, la tour Magdala pour sa bibliothèque, une orangerie, des jardins exotiques. Il achète des terrains, fait venir des plantes rares, organise des réceptions somptueuses. Le scandale éclate : d’où vient cet argent ? L’évêché ouvre une enquête en 1910. Saunière refuse de justifier ses revenus et sera suspendu de ses fonctions sacerdotales.

L'abbé Saunière, case 5 : L’explication la plus probable tient en un mot : trafic. Saunière vend des messes à grande échelle, en publiant des annonces dans des revues religieuses nationales. Il reçoit des milliers de lettres de demandes accompagnées d’argent. Problème : un prêtre ne peut célébrer qu’une messe par jour, mais Saunière en accepte des dizaines. Il empoche l’argent sans respecter ses engagements, pratique appelée « simonie ». C’est illégal pour l’Église et moralement condamnable.
Case 05 — L'abbé Saunière
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L’explication la plus probable tient en un mot : trafic. Saunière vend des messes à grande échelle, en publiant des annonces dans des revues religieuses nationales. Il reçoit des milliers de lettres de demandes accompagnées d’argent. Problème : un prêtre ne peut célébrer qu’une messe par jour, mais Saunière en accepte des dizaines. Il empoche l’argent sans respecter ses engagements, pratique appelée « simonie ». C’est illégal pour l’Église et moralement condamnable.

L'abbé Saunière, case 6 : Seconde explication : les dons politiques. Saunière et son frère Alfred sont proches des cercles royalistes légitimistes, qui luttent contre la République laïque. Ils collectent des fonds et font de la propagande monarchiste auprès des populations rurales. En échange, Saunière reçoit des subsides généreux de ces réseaux. L’historien Renaud Thomazo a documenté ces liens. Pas de trésor médiéval, donc, mais de l’argent bien réel provenant d’activités parfaitement terrestres.
Case 06 — L'abbé Saunière
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Seconde explication : les dons politiques. Saunière et son frère Alfred sont proches des cercles royalistes légitimistes, qui luttent contre la République laïque. Ils collectent des fonds et font de la propagande monarchiste auprès des populations rurales. En échange, Saunière reçoit des subsides généreux de ces réseaux. L’historien Renaud Thomazo a documenté ces liens. Pas de trésor médiéval, donc, mais de l’argent bien réel provenant d’activités parfaitement terrestres.

L'abbé Saunière, case 7 : Saunière meurt le 22 janvier 1917, à 65 ans. À sa mort, surprise : il ne possède plus rien. Tout a été mis au nom de Marie Dénarnaud, sa fidèle servante et probablement sa compagne. Elle vivra dans la villa Béthanie jusqu’en 1953, sans jamais révéler les secrets de Saunière. À sa mort, elle lègue le domaine à Noël Corbu, un hôtelier. C’est là que commence vraiment le mythe.
Case 07 — L'abbé Saunière
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Saunière meurt le 22 janvier 1917, à 65 ans. À sa mort, surprise : il ne possède plus rien. Tout a été mis au nom de Marie Dénarnaud, sa fidèle servante et probablement sa compagne. Elle vivra dans la villa Béthanie jusqu’en 1953, sans jamais révéler les secrets de Saunière. À sa mort, elle lègue le domaine à Noël Corbu, un hôtelier. C’est là que commence vraiment le mythe.

L'abbé Saunière, case 8 : En 1956, Noël Corbu, nouveau propriétaire et hôtelier en manque de clients, lance le mythe du trésor pour attirer des touristes. Il invente des histoires rocambolesques et contacte la presse. En 1967, Gérard de Sède et Pierre Plantard publient L’or de Rennes, mélangeant templiers, Mérovingiens et sociétés secrètes imaginaires. En 1982, L’Énigme sacrée, signée par trois journalistes britanniques, amplifie le délire en ajoutant Jésus, Marie-Madeleine et une descendance cachée.
Case 08 — L'abbé Saunière
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En 1956, Noël Corbu, nouveau propriétaire et hôtelier en manque de clients, lance le mythe du trésor pour attirer des touristes. Il invente des histoires rocambolesques et contacte la presse. En 1967, Gérard de Sède et Pierre Plantard publient L’or de Rennes, mélangeant templiers, Mérovingiens et sociétés secrètes imaginaires. En 1982, L’Énigme sacrée, signée par trois journalistes britanniques, amplifie le délire en ajoutant Jésus, Marie-Madeleine et une descendance cachée.

L'abbé Saunière, case 9 : En 2003, Dan Brown publie son best-seller mondial Da Vinci code, qui s’inspire de Rennes-le-Château. Le village reçoit désormais 30 000 visiteurs par an. Depuis 1956, plus de 800 livres ont été publiés sur l’affaire, la plupart farfelus. Historiens et chercheurs ont démontré que les parchemins étaient des faux, que le Prieuré de Sion n’a jamais existé au Moyen Âge, et que toutes les théories ésotériques reposent sur des inventions.
Case 09 — L'abbé Saunière
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En 2003, Dan Brown publie son best-seller mondial Da Vinci code, qui s’inspire de Rennes-le-Château. Le village reçoit désormais 30 000 visiteurs par an. Depuis 1956, plus de 800 livres ont été publiés sur l’affaire, la plupart farfelus. Historiens et chercheurs ont démontré que les parchemins étaient des faux, que le Prieuré de Sion n’a jamais existé au Moyen Âge, et que toutes les théories ésotériques reposent sur des inventions.

L'abbé Saunière, case 10 : L’abbé Saunière n’a probablement jamais trouvé de trésor. Son argent provenait du trafic de messes et de dons politiques royalistes. Mais ce curé ambitieux a involontairement créé quelque chose de plus durable qu’un mythe : un lieu de fascination qui questionne notre rapport à l’Histoire, au mystère et à la vérité. Rennes-le-Château reste une énigme… sociologique. Parfois, le voyage vers le trésor est plus précieux que le trésor lui-même.
Case 10 — L'abbé Saunière
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L’abbé Saunière n’a probablement jamais trouvé de trésor. Son argent provenait du trafic de messes et de dons politiques royalistes. Mais ce curé ambitieux a involontairement créé quelque chose de plus durable qu’un mythe : un lieu de fascination qui questionne notre rapport à l’Histoire, au mystère et à la vérité. Rennes-le-Château reste une énigme… sociologique. Parfois, le voyage vers le trésor est plus précieux que le trésor lui-même.

Transcription complète

Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.

  1. Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’histoire de l’abbé Saunière, un curé de campagne devenu une figure mythique. En 1885, Bérenger Saunière, 33 ans, arrive à Rennes-le-Château, un village pauvre de 200 habitants dans l’Aude. Il découvre une église délabrée, un presbytère inhabitable et une paroisse sans moyens. Rien ne le destinait à entrer dans la légende.
  2. Case 02 En 1891, après avoir obtenu un prêt de 5000 francs-or de la commune et de la marquise de Chambord, Saunière commence la restauration. Il prétendra avoir découvert des parchemins cachés dans ce pilier wisigothique, contenant des généalogies mérovingiennes et des textes en latin codé. Problème : aucune preuve matérielle de cette découverte n’a jamais été produite. Ces parchemins n’existent peut-être que dans son imagination.
  3. Case 03 Les villageois témoignent que Saunière, aidé de sa servante Marie Dénarnaud, effectue des fouilles nocturnes dans le cimetière et aux alentours de l’église. Cherche-t-il réellement un trésor ? Déterre-t-il simplement des ossements pour les revendre comme reliques ? Nul ne le sait. Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1896, son train de vie change radicalement et devient incompatible avec son salaire de curé de campagne.
  4. Case 04 Entre 1900 et 1910, Saunière dépense l’équivalent d’un million d’euros actuels. Il construit la villa Béthanie, la tour Magdala pour sa bibliothèque, une orangerie, des jardins exotiques. Il achète des terrains, fait venir des plantes rares, organise des réceptions somptueuses. Le scandale éclate : d’où vient cet argent ? L’évêché ouvre une enquête en 1910. Saunière refuse de justifier ses revenus et sera suspendu de ses fonctions sacerdotales.
  5. Case 05 L’explication la plus probable tient en un mot : trafic. Saunière vend des messes à grande échelle, en publiant des annonces dans des revues religieuses nationales. Il reçoit des milliers de lettres de demandes accompagnées d’argent. Problème : un prêtre ne peut célébrer qu’une messe par jour, mais Saunière en accepte des dizaines. Il empoche l’argent sans respecter ses engagements, pratique appelée « simonie ». C’est illégal pour l’Église et moralement condamnable.
  6. Case 06 Seconde explication : les dons politiques. Saunière et son frère Alfred sont proches des cercles royalistes légitimistes, qui luttent contre la République laïque. Ils collectent des fonds et font de la propagande monarchiste auprès des populations rurales. En échange, Saunière reçoit des subsides généreux de ces réseaux. L’historien Renaud Thomazo a documenté ces liens. Pas de trésor médiéval, donc, mais de l’argent bien réel provenant d’activités parfaitement terrestres.
  7. Case 07 Saunière meurt le 22 janvier 1917, à 65 ans. À sa mort, surprise : il ne possède plus rien. Tout a été mis au nom de Marie Dénarnaud, sa fidèle servante et probablement sa compagne. Elle vivra dans la villa Béthanie jusqu’en 1953, sans jamais révéler les secrets de Saunière. À sa mort, elle lègue le domaine à Noël Corbu, un hôtelier. C’est là que commence vraiment le mythe.
  8. Case 08 En 1956, Noël Corbu, nouveau propriétaire et hôtelier en manque de clients, lance le mythe du trésor pour attirer des touristes. Il invente des histoires rocambolesques et contacte la presse. En 1967, Gérard de Sède et Pierre Plantard publient L’or de Rennes, mélangeant templiers, Mérovingiens et sociétés secrètes imaginaires. En 1982, L’Énigme sacrée, signée par trois journalistes britanniques, amplifie le délire en ajoutant Jésus, Marie-Madeleine et une descendance cachée.
  9. Case 09 En 2003, Dan Brown publie son best-seller mondial Da Vinci code, qui s’inspire de Rennes-le-Château. Le village reçoit désormais 30 000 visiteurs par an. Depuis 1956, plus de 800 livres ont été publiés sur l’affaire, la plupart farfelus. Historiens et chercheurs ont démontré que les parchemins étaient des faux, que le Prieuré de Sion n’a jamais existé au Moyen Âge, et que toutes les théories ésotériques reposent sur des inventions.
  10. Case 10 L’abbé Saunière n’a probablement jamais trouvé de trésor. Son argent provenait du trafic de messes et de dons politiques royalistes. Mais ce curé ambitieux a involontairement créé quelque chose de plus durable qu’un mythe : un lieu de fascination qui questionne notre rapport à l’Histoire, au mystère et à la vérité. Rennes-le-Château reste une énigme… sociologique. Parfois, le voyage vers le trésor est plus précieux que le trésor lui-même.

Sources et crédits

Auteur et responsable éditorial
Julien Lepage
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