N° 369 · Faune et flore · Tome 4
Que faut-il savoir sur le tarsier ?
Sujet : Le tarsier
Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’un des primates les plus étranges et les plus fascinants de la planète : le tarsier. Une créature minuscule aux yeux immenses, qui vit cachée dans les forêts d’Asie du Sud-Est et qui va, je vous le promets, vous surprendre à chaque case. Regardez ces yeux : chacun mesure environ 16 millimètres de diamètre, et pèse littéralement plus que le cerveau entier de l’animal ! Ramené à notre taille, ce serait comme avoir des yeux gros comme des pamplemousses. Fait étonnant : contrairement au chat, le tarsier n’a pas cette couche réfléchissante qui fait briller les yeux dans le noir.
- Auteur
- Julien Lepage
- Publié le
- Lecture
- 2 min
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Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’un des primates les plus étranges et les plus fascinants de la planète : le tarsier. Une créature minuscule aux yeux immenses, qui vit cachée dans les forêts d’Asie du Sud-Est et qui va, je vous le promets, vous surprendre à chaque case.
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Regardez ces yeux : chacun mesure environ 16 millimètres de diamètre, et pèse littéralement plus que le cerveau entier de l’animal ! Ramené à notre taille, ce serait comme avoir des yeux gros comme des pamplemousses. Fait étonnant : contrairement au chat, le tarsier n’a pas cette couche réfléchissante qui fait briller les yeux dans le noir.
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Le nom « tarsier » vient de ses os du tarse, c’est-à-dire de la cheville, anormalement allongés. Résultat : ses pattes représentent à elles seules un quart du poids total de son corps, entièrement dédiées au saut. Certaines espèces peuvent bondir jusqu’à 40 fois la longueur de leur propre corps, soit plusieurs mètres d’un coup.
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Mais alors, comment voit-il dans le noir sans cette membrane réfléchissante ? La réponse est dans son cerveau : la zone visuelle primaire, appelée V1, y est anormalement développée et structurée, probablement au détriment d’autres zones cérébrales. Le tarsier a donc misé sur le traitement de l’image plutôt que sur la captation brute de lumière.
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Pendant longtemps, les chercheurs voyaient des tarsiers ouvrir grand la bouche sans entendre aucun son, et pensaient à un simple bâillement. En réalité, ils émettent des cris ultrasoniques, inaudibles pour nous, rejoignant un club très restreint de mammifères capables de cette prouesse : baleines, dauphins, chats, rats et chauves-souris.
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Le tarsier est un témoin vivant du passé : son registre fossile remonte à 45 millions d’années, et sa dentition n’a presque pas changé depuis. Il vivait autrefois en Chine, en Thaïlande et au Pakistan, sur un territoire continental immense. Aujourd’hui, il ne survit que sur quelques îles d’Asie du Sud-Est.
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Aux Philippines, une croyance ancienne raconte que les esprits de la forêt gardent le tarsier comme animal de compagnie dans l’arbre balete, et que le blesser porte malheur. La science, elle, propose une explication plus terre à terre : ces arbres attirent naturellement les animaux nocturnes aux grands yeux, comme les chauves-souris et les tarsiers.
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Voici le grand débat scientifique : à qui ressemble vraiment le tarsier ? Il a l’apparence d’un lémur, mais son ADN raconte une autre histoire. Comme les singes, il porte une mutation génétique qui l’empêche de fabriquer sa propre vitamine C, un indice fort qui le rapproche davantage des anthropoïdes que des lémurs.
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Le tarsier est extrêmement fragile : bruit, lumière vive et contact humain le stressent énormément, jusqu’à des comportements d’auto-traumatisme parfois mortels en captivité. C’est pour cette raison précise que les sanctuaires éthiques interdisent aujourd’hui le flash photographique et imposent une distance de sécurité pour protéger l’animal.
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Voilà : un primate aux yeux plus gros que son cerveau, vieux de 45 millions d’années, capable d’entendre des sons que nous ne percevrons jamais, et dont la classification scientifique fait encore débat aujourd’hui. Le tarsier nous rappelle qu’il reste, même tout près de chez nous, des mystères encore vivants à observer avec respect.
Transcription complète
Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.
- Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’un des primates les plus étranges et les plus fascinants de la planète : le tarsier. Une créature minuscule aux yeux immenses, qui vit cachée dans les forêts d’Asie du Sud-Est et qui va, je vous le promets, vous surprendre à chaque case.
- Case 02 Regardez ces yeux : chacun mesure environ 16 millimètres de diamètre, et pèse littéralement plus que le cerveau entier de l’animal ! Ramené à notre taille, ce serait comme avoir des yeux gros comme des pamplemousses. Fait étonnant : contrairement au chat, le tarsier n’a pas cette couche réfléchissante qui fait briller les yeux dans le noir.
- Case 03 Le nom « tarsier » vient de ses os du tarse, c’est-à-dire de la cheville, anormalement allongés. Résultat : ses pattes représentent à elles seules un quart du poids total de son corps, entièrement dédiées au saut. Certaines espèces peuvent bondir jusqu’à 40 fois la longueur de leur propre corps, soit plusieurs mètres d’un coup.
- Case 04 Mais alors, comment voit-il dans le noir sans cette membrane réfléchissante ? La réponse est dans son cerveau : la zone visuelle primaire, appelée V1, y est anormalement développée et structurée, probablement au détriment d’autres zones cérébrales. Le tarsier a donc misé sur le traitement de l’image plutôt que sur la captation brute de lumière.
- Case 05 Pendant longtemps, les chercheurs voyaient des tarsiers ouvrir grand la bouche sans entendre aucun son, et pensaient à un simple bâillement. En réalité, ils émettent des cris ultrasoniques, inaudibles pour nous, rejoignant un club très restreint de mammifères capables de cette prouesse : baleines, dauphins, chats, rats et chauves-souris.
- Case 06 Le tarsier est un témoin vivant du passé : son registre fossile remonte à 45 millions d’années, et sa dentition n’a presque pas changé depuis. Il vivait autrefois en Chine, en Thaïlande et au Pakistan, sur un territoire continental immense. Aujourd’hui, il ne survit que sur quelques îles d’Asie du Sud-Est.
- Case 07 Aux Philippines, une croyance ancienne raconte que les esprits de la forêt gardent le tarsier comme animal de compagnie dans l’arbre balete, et que le blesser porte malheur. La science, elle, propose une explication plus terre à terre : ces arbres attirent naturellement les animaux nocturnes aux grands yeux, comme les chauves-souris et les tarsiers.
- Case 08 Voici le grand débat scientifique : à qui ressemble vraiment le tarsier ? Il a l’apparence d’un lémur, mais son ADN raconte une autre histoire. Comme les singes, il porte une mutation génétique qui l’empêche de fabriquer sa propre vitamine C, un indice fort qui le rapproche davantage des anthropoïdes que des lémurs.
- Case 09 Le tarsier est extrêmement fragile : bruit, lumière vive et contact humain le stressent énormément, jusqu’à des comportements d’auto-traumatisme parfois mortels en captivité. C’est pour cette raison précise que les sanctuaires éthiques interdisent aujourd’hui le flash photographique et imposent une distance de sécurité pour protéger l’animal.
- Case 10 Voilà : un primate aux yeux plus gros que son cerveau, vieux de 45 millions d’années, capable d’entendre des sons que nous ne percevrons jamais, et dont la classification scientifique fait encore débat aujourd’hui. Le tarsier nous rappelle qu’il reste, même tout près de chez nous, des mystères encore vivants à observer avec respect.
Sources et crédits
- Auteur et responsable éditorial
- Julien Lepage
- Date de publication
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