N° 151 · Civilisations anciennes · Tome 1
Que faut-il savoir sur mu ?
Sujet : Mu
Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’un des mythes les plus envoûtants de l’histoire : le continent perdu de Mu. Depuis 1866, des érudits affirment qu’il fut la véritable « Mère-Patrie » de l’humanité, engloutie il y a 12 000 ans dans l’océan Pacifique. 64 millions d’habitants, 7 grandes cités, une technologie supérieure à la nôtre… Mais entre révélations troublantes et impostures scientifiques, où se cache la vérité ? Tout commence en 1866 avec l’abbé Brasseur de Bourbourg, pionnier des études mayas. En tentant de déchiffrer le Codex Troano avec l’alphabet défaillant de Diego de Landa, il croit lire le récit d’un cataclysme détruisant une terre nommée « Mu ». Une erreur de traduction monumentale ! Mais cette méprise va inspirer Augustus Le Plongeon, qui placera Mu dans l’Atlantique et imaginera la reine Moo fondatrice de l’Égypte…
- Auteur
- Julien Lepage
- Publié le
- Lecture
- 2 min
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Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’un des mythes les plus envoûtants de l’histoire : le continent perdu de Mu. Depuis 1866, des érudits affirment qu’il fut la véritable « Mère-Patrie » de l’humanité, engloutie il y a 12 000 ans dans l’océan Pacifique. 64 millions d’habitants, 7 grandes cités, une technologie supérieure à la nôtre… Mais entre révélations troublantes et impostures scientifiques, où se cache la vérité ?
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Tout commence en 1866 avec l’abbé Brasseur de Bourbourg, pionnier des études mayas. En tentant de déchiffrer le Codex Troano avec l’alphabet défaillant de Diego de Landa, il croit lire le récit d’un cataclysme détruisant une terre nommée « Mu ». Une erreur de traduction monumentale ! Mais cette méprise va inspirer Augustus Le Plongeon, qui placera Mu dans l’Atlantique et imaginera la reine Moo fondatrice de l’Égypte…
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Augustus Le Plongeon passe 12 ans au Yucatan (1873-1885) à photographier méticuleusement les sites mayas. Il découvre même la première statue « Chac Mool » ! Franc-maçon convaincu, il théorise que les symboles maçonniques viennent des Mayas via l’Atlantide. Ses 300 photographies stéréoscopiques restent précieuses, mais ses théories sur Mu ? Rejetées dès les années 1880 par ses confrères, qui avaient déjà prouvé l’antériorité de l’Égypte sur les Mayas…
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En 1890, James Churchward rencontre Le Plongeon et son épouse. Cet ingénieur britannique, inventeur de l’acier blindé NCV pour la marine, va transformer Mu en phénomène mondial ! Mais d’abord, retour en arrière : en 1868, jeune soldat en Inde, Churchward prétend qu’un prêtre Rishi lui a montré des tablettes « Naacal » en terre cuite. Problème : personne d’autre ne les a jamais vues, et leur localisation change selon ses livres !
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Dans « Le Continent perdu de Mu » (1926), Churchward dépeint un empire colossal : 8000 km, d’est en ouest, 64 millions d’habitants, gouvernés par Ra-Mu depuis l’Empire du Soleil ! Les Naacals maîtrisent l’aviation, les armes à énergie, et construisent des villes aux techniques inconnues. Leurs colonies s’étendent sur toute la Terre… Mais cette vision grandiose repose uniquement sur ses mystérieuses tablettes et des interprétations très personnelles de sites réels.
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En 1994, l’archéozoologue Michel Raynal publie une analyse impitoyable : Churchward situe Tiahuanaco au Pérou (c’est en Bolivie !), décrit une statue à 5 doigts (elle en a 4), ne cite jamais ses sources, et déplace ses « preuves » selon ses besoins. Verdict sans appel : « fraude caractérisée ou maladie mentale ». La géologie moderne enfonce le clou : le bassin pacifique date de l’ère primaire, aucun continent ne peut s’y effondrer en une nuit !
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En 1985 : coup de théâtre ! Kihachiro Aratake découvre au large de Yonaguni des structures sous-marines aux formes troublantes. 75 mètres de long, terrasses à angles droits, trous circulaires… Pour Masaaki Kimura, c’est artificiel et antédiluvien. Pour Robert Schoch, c’est du grès naturellement fracturé. Le débat fait rage ! Ces « ruines » submergées depuis 12 000 ans relancent-elles la piste de Mu, ou illustrent-elles notre tendance à voir des mystères partout ?
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Mu transcende Churchward ! Helena Blavatsky avait déjà imaginé la Lémurie théosophique dès 1888. Dans les années 30, Atatürk s’y intéresse pour connecter la Turquie aux civilisations antiques. Le mythe inspire Gandhi (via Blavatsky), influence l’anthroposophie de Steiner, et nourrit le mouvement New Age. Aujourd’hui encore, forums internet et channeling perpétuent la légende. Mu devient ainsi immortel… dans l’imaginaire collectif !
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Mu envahit la pop culture ! La série « Lost » en fait son mythe central, les « Mystérieuses Cités d’or » s’en inspirent, Hugo Pratt y consacre un Corto Maltese. Les jeux vidéo multiplient les références, la SF imagine des aliens venus de Mu… Même Led Zeppelin y fait référence ! Ce continent fictif génère plus de créativité que bien des lieux réels. Preuve que les mythes modernes rivalisent avec les légendes antiques pour nourrir notre imaginaire.
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Alors, verdict final ? Mu n’a certainement jamais existé… mais son fantôme a inspiré de vraies découvertes ! L’archéologie sous-marine révèle des merveilles : Göbekli Tepe réécrit nos origines, Mauritia prouve que des continents peuvent vraiment sombrer, les cités englouties se multiplient. Comme si Mu, en nous faisant rêver de civilisations perdues, nous poussait à chercher… et à trouver des trésors bien réels sous les océans de notre planète !
Transcription complète
Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.
- Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’un des mythes les plus envoûtants de l’histoire : le continent perdu de Mu. Depuis 1866, des érudits affirment qu’il fut la véritable « Mère-Patrie » de l’humanité, engloutie il y a 12 000 ans dans l’océan Pacifique. 64 millions d’habitants, 7 grandes cités, une technologie supérieure à la nôtre… Mais entre révélations troublantes et impostures scientifiques, où se cache la vérité ?
- Case 02 Tout commence en 1866 avec l’abbé Brasseur de Bourbourg, pionnier des études mayas. En tentant de déchiffrer le Codex Troano avec l’alphabet défaillant de Diego de Landa, il croit lire le récit d’un cataclysme détruisant une terre nommée « Mu ». Une erreur de traduction monumentale ! Mais cette méprise va inspirer Augustus Le Plongeon, qui placera Mu dans l’Atlantique et imaginera la reine Moo fondatrice de l’Égypte…
- Case 03 Augustus Le Plongeon passe 12 ans au Yucatan (1873-1885) à photographier méticuleusement les sites mayas. Il découvre même la première statue « Chac Mool » ! Franc-maçon convaincu, il théorise que les symboles maçonniques viennent des Mayas via l’Atlantide. Ses 300 photographies stéréoscopiques restent précieuses, mais ses théories sur Mu ? Rejetées dès les années 1880 par ses confrères, qui avaient déjà prouvé l’antériorité de l’Égypte sur les Mayas…
- Case 04 En 1890, James Churchward rencontre Le Plongeon et son épouse. Cet ingénieur britannique, inventeur de l’acier blindé NCV pour la marine, va transformer Mu en phénomène mondial ! Mais d’abord, retour en arrière : en 1868, jeune soldat en Inde, Churchward prétend qu’un prêtre Rishi lui a montré des tablettes « Naacal » en terre cuite. Problème : personne d’autre ne les a jamais vues, et leur localisation change selon ses livres !
- Case 05 Dans « Le Continent perdu de Mu » (1926), Churchward dépeint un empire colossal : 8000 km, d’est en ouest, 64 millions d’habitants, gouvernés par Ra-Mu depuis l’Empire du Soleil ! Les Naacals maîtrisent l’aviation, les armes à énergie, et construisent des villes aux techniques inconnues. Leurs colonies s’étendent sur toute la Terre… Mais cette vision grandiose repose uniquement sur ses mystérieuses tablettes et des interprétations très personnelles de sites réels.
- Case 06 En 1994, l’archéozoologue Michel Raynal publie une analyse impitoyable : Churchward situe Tiahuanaco au Pérou (c’est en Bolivie !), décrit une statue à 5 doigts (elle en a 4), ne cite jamais ses sources, et déplace ses « preuves » selon ses besoins. Verdict sans appel : « fraude caractérisée ou maladie mentale ». La géologie moderne enfonce le clou : le bassin pacifique date de l’ère primaire, aucun continent ne peut s’y effondrer en une nuit !
- Case 07 En 1985 : coup de théâtre ! Kihachiro Aratake découvre au large de Yonaguni des structures sous-marines aux formes troublantes. 75 mètres de long, terrasses à angles droits, trous circulaires… Pour Masaaki Kimura, c’est artificiel et antédiluvien. Pour Robert Schoch, c’est du grès naturellement fracturé. Le débat fait rage ! Ces « ruines » submergées depuis 12 000 ans relancent-elles la piste de Mu, ou illustrent-elles notre tendance à voir des mystères partout ?
- Case 08 Mu transcende Churchward ! Helena Blavatsky avait déjà imaginé la Lémurie théosophique dès 1888. Dans les années 30, Atatürk s’y intéresse pour connecter la Turquie aux civilisations antiques. Le mythe inspire Gandhi (via Blavatsky), influence l’anthroposophie de Steiner, et nourrit le mouvement New Age. Aujourd’hui encore, forums internet et channeling perpétuent la légende. Mu devient ainsi immortel… dans l’imaginaire collectif !
- Case 09 Mu envahit la pop culture ! La série « Lost » en fait son mythe central, les « Mystérieuses Cités d’or » s’en inspirent, Hugo Pratt y consacre un Corto Maltese. Les jeux vidéo multiplient les références, la SF imagine des aliens venus de Mu… Même Led Zeppelin y fait référence ! Ce continent fictif génère plus de créativité que bien des lieux réels. Preuve que les mythes modernes rivalisent avec les légendes antiques pour nourrir notre imaginaire.
- Case 10 Alors, verdict final ? Mu n’a certainement jamais existé… mais son fantôme a inspiré de vraies découvertes ! L’archéologie sous-marine révèle des merveilles : Göbekli Tepe réécrit nos origines, Mauritia prouve que des continents peuvent vraiment sombrer, les cités englouties se multiplient. Comme si Mu, en nous faisant rêver de civilisations perdues, nous poussait à chercher… et à trouver des trésors bien réels sous les océans de notre planète !
Sources et crédits
- Auteur et responsable éditorial
- Julien Lepage
- Date de publication
Les références principales de cet ancien sujet sont en cours d’ajout. La bibliographie de l’encyclopédie est enrichie progressivement.
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ISBN-13 : 979-8278739814