N° 345 · OOPArt · Tome 4

La pierre de Dashka représente-t-elle vraiment une carte vieille de millions d’années ?

Sujet : La pierre de Dashka

Découverte à la fin des années 1990 en Bachkirie, en Russie, la pierre de Dashka présenterait un étrange réseau de reliefs interprété comme une carte tridimensionnelle de la région de l’Oural. Surnommée « carte du Créateur », cette lourde dalle aurait même été attribuée à une civilisation technologiquement avancée ayant vécu il y a 120 millions d’années. Pourtant, son origine, son âge et la nature artificielle de ses motifs n’ont jamais été établis par une étude scientifique reconnue, ce qui en fait surtout une énigme controversée largement relayée par les récits alternatifs.

Auteur
Julien Lepage
Publié le
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2 min
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La pierre de Dashka, case 1 : Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la pierre de Dashka, une mystérieuse dalle d’environ une tonne déterrée en juillet 1999 dans le village de Tchandar, en Bachkirie russe. Elle mesure 1,48 mètre de haut sur 1,06 mètre de large et a fait couler beaucoup d’encre, car certains y voient une carte vieille de 120 millions d’années !
Case 01 — La pierre de Dashka
Lire la transcription de la case 01

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la pierre de Dashka, une mystérieuse dalle d’environ une tonne déterrée en juillet 1999 dans le village de Tchandar, en Bachkirie russe. Elle mesure 1,48 mètre de haut sur 1,06 mètre de large et a fait couler beaucoup d’encre, car certains y voient une carte vieille de 120 millions d’années !

La pierre de Dashka, case 2 : La pierre a été nommée en l’honneur de Dacha, la petite-fille du professeur Alexandre Tchouvyrov, née la veille de l’extraction. Tchouvyrov n’est pourtant ni archéologue ni géologue : il est physicien spécialiste des cristaux liquides à l’Université d’État de Bachkirie. C’est en cherchant des traces de migrations chinoises anciennes qu’il est tombé sur des archives intrigantes du XVIIIᵉ siècle.
Case 02 — La pierre de Dashka
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La pierre a été nommée en l’honneur de Dacha, la petite-fille du professeur Alexandre Tchouvyrov, née la veille de l’extraction. Tchouvyrov n’est pourtant ni archéologue ni géologue : il est physicien spécialiste des cristaux liquides à l’Université d’État de Bachkirie. C’est en cherchant des traces de migrations chinoises anciennes qu’il est tombé sur des archives intrigantes du XVIIIᵉ siècle.

La pierre de Dashka, case 3 : Les archives du gouverneur d’Oufa mentionnent au XVIIIᵉ siècle deux cents dalles blanches gravées près de Tchandar. En 1921, le géologue Georgi Vakhrouchev n’en compte plus que six, et, en 1928, l’archéologue Alexeï Schmidt les examine sans les photographier. Quand Tchouvyrov lance ses recherches en 1998 avec un étudiant chinois nommé Huan Hun, il survole la région en hélicoptère sans rien trouver.
Case 03 — La pierre de Dashka
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Les archives du gouverneur d’Oufa mentionnent au XVIIIᵉ siècle deux cents dalles blanches gravées près de Tchandar. En 1921, le géologue Georgi Vakhrouchev n’en compte plus que six, et, en 1928, l’archéologue Alexeï Schmidt les examine sans les photographier. Quand Tchouvyrov lance ses recherches en 1998 avec un étudiant chinois nommé Huan Hun, il survole la région en hélicoptère sans rien trouver.

La pierre de Dashka, case 4 : Le 21 juillet 1999, Vladimir Kraïnov, ancien président du conseil agricole local, signale une dalle gravée sous son porche. Il a fallu une semaine pour l’extraire à l’aide de rouleaux en bois, technique dite égyptienne. Détail troublant : l’archéologue Schmidt avait logé dans cette même maison soixante-dix ans plus tôt, mais n’avait jamais signalé la pierre.
Case 04 — La pierre de Dashka
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Le 21 juillet 1999, Vladimir Kraïnov, ancien président du conseil agricole local, signale une dalle gravée sous son porche. Il a fallu une semaine pour l’extraire à l’aide de rouleaux en bois, technique dite égyptienne. Détail troublant : l’archéologue Schmidt avait logé dans cette même maison soixante-dix ans plus tôt, mais n’avait jamais signalé la pierre.

La pierre de Dashka, case 5 : Selon Tchouvyrov, la pierre comporte trois couches superposées : une base de dolomite dure, une couche médiane de verre de diopside où serait gravé le relief, et une fine couche protectrice de porcelaine calcique. Deux coquillages fossiles y sont inclus : Navicopsina munitus, vieux d’environ 500 millions d’années, et Ecculiomphalus princeps, daté de 120 millions d’années — c’est ce dernier qui sert d’argument à la datation revendiquée.
Case 05 — La pierre de Dashka
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Selon Tchouvyrov, la pierre comporte trois couches superposées : une base de dolomite dure, une couche médiane de verre de diopside où serait gravé le relief, et une fine couche protectrice de porcelaine calcique. Deux coquillages fossiles y sont inclus : Navicopsina munitus, vieux d’environ 500 millions d’années, et Ecculiomphalus princeps, daté de 120 millions d’années — c’est ce dernier qui sert d’argument à la datation revendiquée.

La pierre de Dashka, case 6 : Les défenseurs y voient une carte 3D de la région d’Oufa à l’échelle 1 : 1,1 km, avec un réseau de canaux totalisant 12 000 km et douze barrages géants. Tchouvyrov affirme avoir déchiffré un seul caractère, désignant la latitude d’Oufa. Selon lui, seule une cartographie aérienne ou satellitaire aurait permis ce tracé, idée qui a évidemment attiré les amateurs de civilisations perdues.
Case 06 — La pierre de Dashka
Lire la transcription de la case 06

Les défenseurs y voient une carte 3D de la région d’Oufa à l’échelle 1 : 1,1 km, avec un réseau de canaux totalisant 12 000 km et douze barrages géants. Tchouvyrov affirme avoir déchiffré un seul caractère, désignant la latitude d’Oufa. Selon lui, seule une cartographie aérienne ou satellitaire aurait permis ce tracé, idée qui a évidemment attiré les amateurs de civilisations perdues.

La pierre de Dashka, case 7 : Mais les géologues consultés notamment par le sceptique américain Brian Dunning identifient simplement un plan de litage entre deux roches sédimentaires, avec des fractures de cisaillement classiques. Pire, il y a 120 millions d’années, une mer recouvrait l’ouest du Bachkortostan, et les rivières actuelles ne se sont formées qu’au Quaternaire. Impossible, donc, que la dalle représente le relief moderne.
Case 07 — La pierre de Dashka
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Mais les géologues consultés notamment par le sceptique américain Brian Dunning identifient simplement un plan de litage entre deux roches sédimentaires, avec des fractures de cisaillement classiques. Pire, il y a 120 millions d’années, une mer recouvrait l’ouest du Bachkortostan, et les rivières actuelles ne se sont formées qu’au Quaternaire. Impossible, donc, que la dalle représente le relief moderne.

La pierre de Dashka, case 8 : La pierre est devenue un aimant à théories alternatives : visite extraterrestre, civilisation antédiluvienne créationniste, descendance reptilienne, ou encore preuve des prétendues Védas slavo-aryennes popularisées par le pseudo-savant Nikolaï Levachov. Chaque communauté projette ses convictions sur l’objet, illustrant comment un artefact ambigu peut servir de support à des récits radicalement opposés.
Case 08 — La pierre de Dashka
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La pierre est devenue un aimant à théories alternatives : visite extraterrestre, civilisation antédiluvienne créationniste, descendance reptilienne, ou encore preuve des prétendues Védas slavo-aryennes popularisées par le pseudo-savant Nikolaï Levachov. Chaque communauté projette ses convictions sur l’objet, illustrant comment un artefact ambigu peut servir de support à des récits radicalement opposés.

La pierre de Dashka, case 9 : L’ensemble du dossier mondial repose sur un unique article de Pravda paru le 30 avril 2002. Le fameux Centre de cartographie historique du Wisconsin qui aurait validé la datation n’existe tout simplement pas. Tchouvyrov, malgré ses 350 publications en physique des matériaux, n’a jamais publié sur la pierre dans une revue à comité de lecture, et les calculs sceptiques montrent qu’elle pèse plutôt 600 kg que la tonne annoncée.
Case 09 — La pierre de Dashka
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L’ensemble du dossier mondial repose sur un unique article de Pravda paru le 30 avril 2002. Le fameux Centre de cartographie historique du Wisconsin qui aurait validé la datation n’existe tout simplement pas. Tchouvyrov, malgré ses 350 publications en physique des matériaux, n’a jamais publié sur la pierre dans une revue à comité de lecture, et les calculs sceptiques montrent qu’elle pèse plutôt 600 kg que la tonne annoncée.

La pierre de Dashka, case 10 : La pierre de Dashka illustre parfaitement le destin d’un artefact mal documenté : une découverte authentique transformée en mystère mondial par un seul article de presse. Qu’elle soit roche naturelle ou véritable énigme, elle nous rappelle surtout que, face à l’extraordinaire, la curiosité doit toujours marcher avec la rigueur. Et vous, qu’auriez-vous vu en soulevant ce porche ?
Case 10 — La pierre de Dashka
Lire la transcription de la case 10

La pierre de Dashka illustre parfaitement le destin d’un artefact mal documenté : une découverte authentique transformée en mystère mondial par un seul article de presse. Qu’elle soit roche naturelle ou véritable énigme, elle nous rappelle surtout que, face à l’extraordinaire, la curiosité doit toujours marcher avec la rigueur. Et vous, qu’auriez-vous vu en soulevant ce porche ?

Transcription complète

Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.

  1. Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la pierre de Dashka, une mystérieuse dalle d’environ une tonne déterrée en juillet 1999 dans le village de Tchandar, en Bachkirie russe. Elle mesure 1,48 mètre de haut sur 1,06 mètre de large et a fait couler beaucoup d’encre, car certains y voient une carte vieille de 120 millions d’années !
  2. Case 02 La pierre a été nommée en l’honneur de Dacha, la petite-fille du professeur Alexandre Tchouvyrov, née la veille de l’extraction. Tchouvyrov n’est pourtant ni archéologue ni géologue : il est physicien spécialiste des cristaux liquides à l’Université d’État de Bachkirie. C’est en cherchant des traces de migrations chinoises anciennes qu’il est tombé sur des archives intrigantes du XVIIIᵉ siècle.
  3. Case 03 Les archives du gouverneur d’Oufa mentionnent au XVIIIᵉ siècle deux cents dalles blanches gravées près de Tchandar. En 1921, le géologue Georgi Vakhrouchev n’en compte plus que six, et, en 1928, l’archéologue Alexeï Schmidt les examine sans les photographier. Quand Tchouvyrov lance ses recherches en 1998 avec un étudiant chinois nommé Huan Hun, il survole la région en hélicoptère sans rien trouver.
  4. Case 04 Le 21 juillet 1999, Vladimir Kraïnov, ancien président du conseil agricole local, signale une dalle gravée sous son porche. Il a fallu une semaine pour l’extraire à l’aide de rouleaux en bois, technique dite égyptienne. Détail troublant : l’archéologue Schmidt avait logé dans cette même maison soixante-dix ans plus tôt, mais n’avait jamais signalé la pierre.
  5. Case 05 Selon Tchouvyrov, la pierre comporte trois couches superposées : une base de dolomite dure, une couche médiane de verre de diopside où serait gravé le relief, et une fine couche protectrice de porcelaine calcique. Deux coquillages fossiles y sont inclus : Navicopsina munitus, vieux d’environ 500 millions d’années, et Ecculiomphalus princeps, daté de 120 millions d’années — c’est ce dernier qui sert d’argument à la datation revendiquée.
  6. Case 06 Les défenseurs y voient une carte 3D de la région d’Oufa à l’échelle 1 : 1,1 km, avec un réseau de canaux totalisant 12 000 km et douze barrages géants. Tchouvyrov affirme avoir déchiffré un seul caractère, désignant la latitude d’Oufa. Selon lui, seule une cartographie aérienne ou satellitaire aurait permis ce tracé, idée qui a évidemment attiré les amateurs de civilisations perdues.
  7. Case 07 Mais les géologues consultés notamment par le sceptique américain Brian Dunning identifient simplement un plan de litage entre deux roches sédimentaires, avec des fractures de cisaillement classiques. Pire, il y a 120 millions d’années, une mer recouvrait l’ouest du Bachkortostan, et les rivières actuelles ne se sont formées qu’au Quaternaire. Impossible, donc, que la dalle représente le relief moderne.
  8. Case 08 La pierre est devenue un aimant à théories alternatives : visite extraterrestre, civilisation antédiluvienne créationniste, descendance reptilienne, ou encore preuve des prétendues Védas slavo-aryennes popularisées par le pseudo-savant Nikolaï Levachov. Chaque communauté projette ses convictions sur l’objet, illustrant comment un artefact ambigu peut servir de support à des récits radicalement opposés.
  9. Case 09 L’ensemble du dossier mondial repose sur un unique article de Pravda paru le 30 avril 2002. Le fameux Centre de cartographie historique du Wisconsin qui aurait validé la datation n’existe tout simplement pas. Tchouvyrov, malgré ses 350 publications en physique des matériaux, n’a jamais publié sur la pierre dans une revue à comité de lecture, et les calculs sceptiques montrent qu’elle pèse plutôt 600 kg que la tonne annoncée.
  10. Case 10 La pierre de Dashka illustre parfaitement le destin d’un artefact mal documenté : une découverte authentique transformée en mystère mondial par un seul article de presse. Qu’elle soit roche naturelle ou véritable énigme, elle nous rappelle surtout que, face à l’extraordinaire, la curiosité doit toujours marcher avec la rigueur. Et vous, qu’auriez-vous vu en soulevant ce porche ?

Ce qu’il faut retenir

  • La pierre aurait été découverte en 1999 dans le village russe de Chandar
  • Le professeur Alexandre Chuvyrov l’a présentée comme une représentation en relief d’une partie de la Bachkirie
  • La dalle est décrite comme un assemblage de plusieurs couches minérales
  • L’âge supposé de 120 millions d’années reposerait notamment sur des fossiles présents dans la pierre et ne démontre pas la date de fabrication des motifs
  • Les récits lui attribuant une origine artificielle avancée ne sont pas confirmés par une publication scientifique de référence
  • La localisation actuelle et les conditions de conservation de l’objet restent peu documentées

Sources et crédits

Auteur et responsable éditorial
Julien Lepage
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