N° 070 · Technologies · Tome 1
À haute altitude, un avion peut-il être à la fois trop lent et trop rapide ?
Sujet : Le coffin corner
À mesure qu’un avion monte, son domaine de vol se resserre comme un piège. D’un côté, ralentir augmente l’angle d’attaque et rapproche du décrochage à basse vitesse. De l’autre, accélérer rapproche du Mach critique, des ondes de choc et du buffet à haute vitesse. Lorsque ces deux limites finissent presque par se rejoindre, la moindre turbulence ou manœuvre peut suffire à les franchir. Cette zone redoutable porte un nom aussi évocateur qu’inquiétant : le coffin corner, ou coin du cercueil.
- Auteur
- Julien Lepage
- Publié le
- Lecture
- 2 min
Lire la transcription de la case 01
Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose un petit vol au sommet du ciel… là où l’air se fait rare, les moteurs s’essoufflent, et la moindre erreur peut être fatale. On va parler de vitesse, d’altitude, et d’un endroit que les pilotes redoutent plus que tout… mais chut ! Commençons par le début.
Lire la transcription de la case 02
Lorsqu’un avion vole, l’air s’écoule harmonieusement autour de ses ailes, mais si sa vitesse devient trop faible, l’air décroche : il ne « colle » plus aux ailes. C’est ce qu’on appelle le décrochage. L’avion perd alors toute portance… et tombe comme une pierre !
Lire la transcription de la case 03
Mais l’inverse est tout aussi dangereux. Si un avion va trop vite, il subit des forces démentielles. Des vibrations apparaissent, des matériaux fatiguent, certains éléments peuvent littéralement se détacher ! Cette limite est appelée « vitesse maximale opérationnelle »… à ne jamais dépasser.
Lire la transcription de la case 04
À haute altitude, on se retrouve confronté à un problème : plus on monte, plus l’air se raréfie… et plus il fait froid ! Résultat : l’avion « porte » moins bien. Il doit donc voler plus vite pour se maintenir. Mais à ces températures, la vitesse du son diminue elle aussi ! Ce qui rapproche dangereusement les vitesses mini et maxi.
Lire la transcription de la case 05
Ce que ça veut dire ? Qu’à très haute altitude, la vitesse minimale augmente… et la vitesse maximale diminue ! Résultat : la plage de vitesse « sûre » devient minuscule. Et plus on monte, plus cette zone se réduit… jusqu’à devenir presqu’impossible à maintenir.
Lire la transcription de la case 06
Le coin du graphique où les courbes sont très proches s’appelle le « coffin corner », le « coin du cercueil ». Un nom sinistre pour désigner une zone où la moindre turbulence, la moindre erreur de pilotage, peut entraîner soit un décrochage… soit une désintégration partielle de l’avion.
Lire la transcription de la case 07
Alors pourquoi prendre ce risque ? Tout simplement parce que voler haut est plus économe. Moins d’air = moins de résistance = moins de carburant. Pour les compagnies, c’est rentable… mais cela demande une vigilance extrême de la part du pilote et des ordinateurs.
Lire la transcription de la case 08
Le Lockheed U-2, avion-espion américain, vole si haut qu’il n’a que 5 nœuds (9 km/h) de marge entre tomber… et se briser ! Le pilote doit piloter avec la précision d’un funambule.
Lire la transcription de la case 09
Depuis votre hublot, tout paraît paisible. Mais à 12 000 mètres d’altitude, les lois de la physique forment une prison étroite. Il ne faut ni ralentir, ni accélérer. Il faut rester pile dans le bon couloir… sinon, on tombe dans le « coin du cercueil ».
Lire la transcription de la case 10
L’aviation moderne est une merveille de science et de maîtrise. Mais même au sommet de la technologie, certaines zones restent périlleuses. Le « coffin corner » est l’une d’elles : un rappel que là-haut, l’équilibre est fragile… et que voler reste un art.
Transcription complète
Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.
- Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose un petit vol au sommet du ciel… là où l’air se fait rare, les moteurs s’essoufflent, et la moindre erreur peut être fatale. On va parler de vitesse, d’altitude, et d’un endroit que les pilotes redoutent plus que tout… mais chut ! Commençons par le début.
- Case 02 Lorsqu’un avion vole, l’air s’écoule harmonieusement autour de ses ailes, mais si sa vitesse devient trop faible, l’air décroche : il ne « colle » plus aux ailes. C’est ce qu’on appelle le décrochage. L’avion perd alors toute portance… et tombe comme une pierre !
- Case 03 Mais l’inverse est tout aussi dangereux. Si un avion va trop vite, il subit des forces démentielles. Des vibrations apparaissent, des matériaux fatiguent, certains éléments peuvent littéralement se détacher ! Cette limite est appelée « vitesse maximale opérationnelle »… à ne jamais dépasser.
- Case 04 À haute altitude, on se retrouve confronté à un problème : plus on monte, plus l’air se raréfie… et plus il fait froid ! Résultat : l’avion « porte » moins bien. Il doit donc voler plus vite pour se maintenir. Mais à ces températures, la vitesse du son diminue elle aussi ! Ce qui rapproche dangereusement les vitesses mini et maxi.
- Case 05 Ce que ça veut dire ? Qu’à très haute altitude, la vitesse minimale augmente… et la vitesse maximale diminue ! Résultat : la plage de vitesse « sûre » devient minuscule. Et plus on monte, plus cette zone se réduit… jusqu’à devenir presqu’impossible à maintenir.
- Case 06 Le coin du graphique où les courbes sont très proches s’appelle le « coffin corner », le « coin du cercueil ». Un nom sinistre pour désigner une zone où la moindre turbulence, la moindre erreur de pilotage, peut entraîner soit un décrochage… soit une désintégration partielle de l’avion.
- Case 07 Alors pourquoi prendre ce risque ? Tout simplement parce que voler haut est plus économe. Moins d’air = moins de résistance = moins de carburant. Pour les compagnies, c’est rentable… mais cela demande une vigilance extrême de la part du pilote et des ordinateurs.
- Case 08 Le Lockheed U-2, avion-espion américain, vole si haut qu’il n’a que 5 nœuds (9 km/h) de marge entre tomber… et se briser ! Le pilote doit piloter avec la précision d’un funambule.
- Case 09 Depuis votre hublot, tout paraît paisible. Mais à 12 000 mètres d’altitude, les lois de la physique forment une prison étroite. Il ne faut ni ralentir, ni accélérer. Il faut rester pile dans le bon couloir… sinon, on tombe dans le « coin du cercueil ».
- Case 10 L’aviation moderne est une merveille de science et de maîtrise. Mais même au sommet de la technologie, certaines zones restent périlleuses. Le « coffin corner » est l’une d’elles : un rappel que là-haut, l’équilibre est fragile… et que voler reste un art.
Ce qu’il faut retenir
- Le coffin corner apparaît à très haute altitude lorsque les limites de basse et de haute vitesse se rapprochent
- La limite basse correspond au buffet associé à un angle d’attaque élevé et à l’approche du décrochage
- La limite haute correspond au buffet provoqué par les phénomènes transsoniques et les ondes de choc
- Une augmentation de l’altitude, de la masse ou du facteur de charge réduit la marge disponible
- Un virage ou une turbulence peut faire sortir l’avion de son domaine de vol
- Les avions sont normalement exploités avec des marges de sécurité qui évitent d’atteindre cette zone
Sources et crédits
- Auteur et responsable éditorial
- Julien Lepage
- Date de publication
Références principales
- Federal Aviation Administration, AC 61-107B, Aircraft Operations at Altitudes Above 25,000 Feet or Mach Numbers Greater Than .75 (nouvel onglet)
- Federal Aviation Administration, Airplane Flying Handbook, Chapter 16 (nouvel onglet)
- SKYbrary Aviation Safety, Coffin Corner (nouvel onglet)
- SKYbrary Aviation Safety, High-Altitude Flight Operations (nouvel onglet)
- Airbus Safety First, High-altitude manual flying (nouvel onglet)
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ISBN-13 : 979-8278739814
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