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· Julien   Lepage

Medical Mysteries – New-York, patient 2

Jeux de société · 2024 · Rebecca Bleau, Nicholas Cravotta

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Illustration de critique : Medical Mysteries – New-York, patient 2 : Vous incarnez une équipe de médecins urgentistes new-yorkais confrontée à un patient admis en pleine nuit avec des sy…
Un vieil homme fébrile débarque aux urgences un soir de semaine, épouse dévouée à son chevet, et voilà le deuxième cas de la licence Medical mysteries – New-York qui referme la parenthèse un peu scolaire du premier patient pour proposer quelque chose de nettement plus vicieux. Rebecca Bleau et Nicholas Cravotta, toujours aux commandes, semblent avoir pris de la bouteille entre l'écriture du cas d'ouverture et celui-ci, et ça se sent dès les premières minutes de jeu.
La mécanique reste la même dans ses grandes lignes : interrogatoire du patient, dépouillement du dossier médical, batterie de tests, consultations de spécialistes, le tout avec le compteur qui tourne. Mais l'énoncé de départ, cette fois, tend un piège plutôt malin. L'intoxication alimentaire semble s'imposer comme évidence, sauf que le vieux monsieur et sa femme partagent la même table depuis des décennies, et que seul lui est malade. La fausse piste est posée avec suffisamment d'élégance pour qu'on morde dedans sans se sentir trahi une fois la vérité découverte.

L'ajout le plus réussi, c'est ce personnage de l'épouse, présente en continu et volubile au possible. Loin d'être un simple élément de décor scénaristique, elle fonctionne presque comme un témoin non fiable à la Agatha Christie : elle en dit trop, parfois pour de mauvaises raisons, et il faut apprendre à trier le bruit de l'information utile : un exercice d'écoute active assez inhabituel dans ce type de jeu, où d'ordinaire on ne fait qu'empiler des données froides. Elle injecte aussi une bonne dose d'humour involontaire dans une mécanique qui, jusque-là, pouvait sembler un peu clinique… sans mauvais jeu de mots. On pense presque, toutes proportions gardées, aux interrogatoires de témoins trop bavards façon Colombo, où la vérité se cache moins dans les réponses que dans le débit de parole.

Autre évolution bienvenue : l'état du patient devient instable en cours de partie, ce qui change complètement le rapport au temps. Le premier cas laissait une marge de manœuvre confortable pour explorer toutes les pistes sans trop de pression ; ici, l'urgence redevient tangible, avec ce sentiment diffus qu'une mauvaise décision de traitement peut faire basculer la situation. Le jeu retrouve enfin la tension dramatique que son pitch promettait depuis le début, celle d'un service d'urgence où chaque minute compte réellement, et pas seulement sur le papier.

Le format à enveloppe unique reste la limite structurelle de la série : une fois le diagnostic posé, ce patient-là ne reviendra pas sur la table d'opération pour une deuxième partie. Mais ce deuxième cas donne enfin la démonstration de ce que le concept pouvait offrir de mieux : une écriture plus retorse, un personnage secondaire qui a du répondant, et une gestion du rythme qui tient enfin ses promesses de série B médicale. De quoi rassurer sur la suite de la boîte, et donner un vrai coup de fouet à l'expérience après un démarrage plus sage.
Ma note72%

Publié le 23 août 2026