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Que ça vous serve de leçon !

Séries · 2026 · Hong Jong-Chan

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Illustration de critique : Que ça vous serve de leçon ! : Quand il n'y a plus de respect à l'école, des inspecteurs d'un certain type viennent mettre de l'ordre en rappelant s…
Le ministère de l’Éducation recrute rarement ses inspecteurs pour leur aptitude au combat rapproché. C’est pourtant le programme de Que ça vous serve de leçon !, série sud-coréenne arrivée sur Netflix en 2026, réalisée par Hong Jong-chan et adaptée du webtoon Get schooled. Autour de Kim Moo-yul, Lee Sung-min, Jin Ki-joo et Pyo Ji-hoon, elle associe drame scolaire, action et comédie, avec une conception de la pédagogie assez éloignée de la réunion parents-professeurs.

Face au harcèlement, aux abus et à l’impuissance des établissements, un Bureau de protection des droits à l’éducation (le BPE) dispose de pouvoirs exceptionnels pour remettre de l’ordre. Son inspecteur vedette, Na Hwa-jin, ancien militaire, intervient là où les procédures ont échoué. Chaque dossier explore un nouveau dysfonctionnement : élèves protégés par leur statut, adultes défaillants, pression familiale ou corruption. Un fil rouge relie ces interventions, tandis que les membres de l’équipe apprennent à travailler ensemble… et, fatalement, à se regarder autrement.

Le principe est un peu bête, très peu réaliste, mais suffisamment assumé pour fonctionner. La série connaît le plaisir élémentaire de voir un personnage odieux perdre enfin son assurance. Elle organise ses confrontations avec efficacité, soigne les entrées de son héros et ménage quelques respirations comiques entre deux situations franchement éprouvantes. Kim Moo-yul possède exactement la présence nécessaire : il n’a pas besoin de surjouer pour faire comprendre qu’une conversation risque de mal tourner. Hong Jong-chan, déjà passé par Juvenile justice, privilégie ici le spectacle à la procédure. On est plus près de Taxi driver que d’une réflexion patiente sur la justice des mineurs, avec parfois un petit parfum de Bud Spencer dans la manière d’abréger les débats.

Curieusement, j’ai aussi beaucoup pensé à HPI. Pas pour le contexte scolaire ni pour la violence, évidemment, mais pour cette façon de construire des enquêtes autour de personnalités extravagantes, de demander au spectateur une certaine indulgence et de faire avancer les relations au milieu du désordre. Le rapprochement devient particulièrement pertinent avec les personnages secondaires. Jin Ki-joo apporte une énergie réjouissante à Im Han-rim, tandis que Pyo Ji-hoon donne à Bong Geun-dae une maladresse bienvenue. Leur dynamique participe largement au charme de l’ensemble, même lorsque l’écriture insiste un peu trop pour installer leur rapprochement. Cette galerie de caractères contribue surtout à rendre les dix épisodes faciles à suivre et agréablement décalés.

C’est justement le scénario qui limite l’enthousiasme. Plusieurs situations sont écrites pour rendre la sanction irrésistible, quitte à simplifier les comportements et à distribuer les responsabilités avec une assurance excessive. La série veut défendre les victimes, intention parfaitement recevable, mais elle se montre moins habile dès qu’il faut examiner les conséquences de ses méthodes. Le traitement des fausses accusations sexuelles, notamment, aurait mérité davantage de précautions et de contrepoints. À force de préparer le soulagement du spectateur, elle laisse parfois de côté ce qui rendrait ses sujets vraiment complexes.

Le rythme connaît aussi quelques creux au milieu de la saison. Certains dossiers captivent immédiatement ; d’autres donnent davantage l’impression de remplir le programme. Heureusement, la réalisation reste solide, l’action lisible et les seconds rôles assez bien trouvés pour éviter que tout repose sur les corrections administrées par Na Hwa-jin. Le mélange de gravité et d’humour n’est pas toujours parfaitement dosé, mais il conserve une vraie capacité à divertir sans neutraliser complètement l’émotion.

J’ai passé un bon moment devant cette série, tout en levant régulièrement un sourcil devant ses solutions miraculeuses. Elle est drôle, fun, plutôt bien réalisée, et possède une équipe à laquelle on s’attache volontiers. Je la trouve moins convaincante lorsqu’elle semble vouloir transformer ses facilités de scénario en leçons de société. Pas une grande série sur l’éducation, donc, mais un divertissement sympathique dont les interprètes font souvent mieux que l’écriture.
Ma note70%

Publié le 8 octobre 2026