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· Julien   Lepage

Thomas Angelvy
Thomas Angelvy
2025

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Illustration de critique : Thomas Angelvy
Lorsqu'on débarque à Meyzieu un soir de printemps pour découvrir le nouveau spectacle de Thomas Angelvy, on s'attend à une comédie fraîche, peut-être même un peu irrévérencieuse, portée par un jeune humoriste révélé au public par le célèbre Jamel Comedy Club. À la mise en scène, on retrouve Aslem Smida, tandis que Sylvain Lacourt coécrit ce spectacle qui tente sa chance sur les scènes françaises après avoir fréquenté des salles aussi réputées que le Théâtre de la Madeleine à Paris ou l'Opéra de Limoges. Bref, un contexte prometteur pour celui qu'on présente souvent comme l'un des espoirs de la jeune scène humoristique française.

Le spectacle en lui-même se divise en deux temps, malheureusement assez inégaux. D'un côté, des sketches traditionnels autour d'épisodes de la vie quotidienne, où Angelvy évoque notamment un enterrement de vie de garçon avec une certaine drôlerie, il faut bien l'admettre. De l'autre, une interminable session interactive avec le public, où les spectateurs les plus volontaires se voient offrir un micro pour livrer des anecdotes qui naviguent allègrement entre le croustillant et le complètement lunaire. On imagine alors, un peu naïvement, que ces improvisations vont être la force du spectacle, façon stand-up américain à la sauce Dave Chappelle, capable d'improviser sur n'importe quoi avec intelligence et mordant. Eh bien, pas exactement.

Car le principal talent de Thomas Angelvy ne réside pas vraiment dans l'improvisation en elle-même. Non, son véritable tour de force est une mémoire étonnante des prénoms des spectateurs, qu'il répète à loisir tout au long du spectacle, espérant peut-être créer un effet de complicité durable. Sauf que cela ne suffit pas vraiment à compenser une improvisation souvent paresseuse, où il se contente de rebondir platement sur les récits du public sans réelle inspiration. On finit ainsi par éprouver cette même gêne légère qu'en regardant certaines séquences malaisantes du film Borat : amusé au début, puis rapidement lassé par l'aspect répétitif d'une mécanique qui tourne à vide.

Quant aux sketches, mis bout à bout, ils n'excèdent pas une demi-heure et révèlent un humour léger, certes énergique, mais dramatiquement dénué d'originalité ou d'intelligence dans l'écriture. Les sujets sont tellement anecdotiques qu'ils semblent déjà oubliés à peine quittée la salle. On aimerait retrouver dans ce spectacle l'acuité comique d'un Kyan Khojandi ou le regard incisif d'une Blanche Gardin, mais on se contente malheureusement d'une compilation d'anecdotes trop superficielles pour marquer durablement.

Il reste toutefois à Angelvy une indéniable énergie communicative et une véritable écoute de son public, ce qui lui assure une sympathie immédiate auprès d'une jeune génération visiblement séduite par sa spontanéité. Et on a envie d'y croire avec eux, de voir dans ce jeune humoriste une figure en devenir capable, avec le temps, de prendre davantage de risques et de profondeur dans ses textes et improvisations. Pour l'instant, tout cela reste malheureusement très fragile, trop léger pour convaincre pleinement. Quant à notre sympathique humoriste du jour, on ne peut que lui souhaiter sincèrement le meilleur, même si, honnêtement, le chemin semble encore long.
Ma note28%
Vu le 18 Avril 2025


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