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· Julien   Lepage

Astérix et les Vikings
Stefan Fjeldmark et Jesper Møller
2006

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Illustration de critique : Astérix et les Vikings
Sorti en 2006 sous la direction de Stefan Fjeldmark et Jesper Møller, Astérix et les Vikings tente de transposer l'univers des albums de René Goscinny et Albert Uderzo en animation moderne. Inspiré d'Astérix et les Normands, le film s'inscrit dans la longue lignée des adaptations animées des aventures des Gaulois les plus célèbres. Si l'enthousiasme autour du projet était au rendez-vous, avec un budget respectable de 22 millions d'euros et une ambition d'ouvrir l'univers à un public plus large, le résultat final divise.

Nous sommes en 50 av. J.-C., dans un petit village gaulois qui résiste encore et toujours à l'envahisseur. Tout bascule quand Abraracourcix confie à Astérix et Obélix une mission à haut risque : faire de son neveu Goudurix un homme, un vrai. Problème, ce dernier n'est qu'un jeune Lutécien froussard et imbu de lui-même, plus préoccupé par son style vestimentaire que par l'art de la castagne. En parallèle, les Vikings débarquent, persuadés que la peur donne des ailes. Ils cherchent un « champion de la peur » capable de leur apprendre à voler, et bien sûr, ils tombent sur Goudurix. L'enlèvement du jeune dandy contraint nos héros à traverser les mers jusqu'au Grand Nord pour lui venir en aide. Mais sur place, Goudurix rencontre Abba, la fille du chef viking, et commence à se transformer d'une manière plus inattendue...

Là où l'intrigue de la bande dessinée tenait en quelques planches bien rythmées, l'adaptation cinématographique étire son matériau en tentant de moderniser son approche. L'ajout de thèmes contemporains, notamment via le personnage de Goudurix et son comportement de « jeune branché », se fait avec plus ou moins de succès. Si l'idée de confronter les codes vikings et gaulois avait du potentiel, le film peine parfois à trouver son équilibre entre aventure et comédie.

Les personnages conservent leur essence, mais sont légèrement remaniés. Astérix, toujours aussi malin et intrépide, se retrouve parfois en retrait face à un Goudurix qui occupe le devant de la scène. Obélix, quant à lui, assure son rôle de colosse au grand cœur, bien que son humour fonctionne de manière inégale. Les Vikings, menés par Grossebaf et le perfide Cryptograf, sont des antagonistes plus comiques qu'effrayants, ce qui réduit l'enjeu dramatique. Abba, création originale du film, apporte une touche de fraîcheur et d'énergie bienvenue.

Là où le film surprend, c'est dans sa volonté de traiter de thèmes universels comme le courage et l'évolution personnelle. Le passage de Goudurix d'adolescent peureux à jeune homme plus affirmé est au cœur du récit. Cependant, cette dynamique se fait parfois au détriment des héros habituels, réduisant Astérix et Obélix à des accompagnateurs de luxe.

Techniquement, l'animation reste globalement soignée, avec des décors colorés et un character design fidèle à l'œuvre d'origine. Toutefois, le résultat manque parfois de fluidité, et les tentatives d'intégration de 3D sont visibles sans être toujours bien fondues dans l'ensemble. La bande-son, avec notamment une reprise d'Eye of the tiger, tente de donner un souffle pop au film, mais ces choix musicaux tranchent un peu trop avec l'univers habituel d'Astérix.

Le casting vocal est, lui, solide. Roger Carel reprend son rôle mythique d'Astérix avec la même verve qu'à ses débuts, Jacques Frantz incarne un Obélix toujours aussi bonhomme, et Lorànt Deutsch campe un Goudurix convaincant, bien que son personnage soit parfois un peu agaçant. Sara Forestier, dans le rôle d'Abba, apporte énergie et spontanité, tandis que Pierre Palmade s'amuse en Cryptograf.

Au final, Astérix et les Vikings est un divertissement honnête, sans être inoubliable. Si l'humour fonctionne par moments et que l'animation est globalement réussie, l'intrigue étirée et le décalage de ton peuvent dérouter les puristes. Ce n'est ni une catastrophe, ni une réussite majeure : un film qui s'apprécie sans pour autant marquer durablement.
Ma note54%
Vu le 18 Janvier 2011


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