Bienvenue à Zombieland
Mode lecture activé pour faciliter la lecture des critiques longues.

Le genre zombie est franchement éculé, mais Bienvenue à Zombieland, premier film de Ruben Fleischer, m'avait intrigué. À l'époque, le buzz était solide, la promesse semblait être celle d'un cocktail détonant entre comédie mordante, film de survie et second degré assumé. Et il y avait Bill Murray. C'est dire si le capital sympathie était bien entamé.
L'histoire suit Columbus, un nerd angoissé survivant d'un monde post-apocalyptique, qui applique des règles de survie dignes d'un manuel de scout asocial. Il croise la route de Tallahassee, un cow-boy déglingué dont la quête existentielle se résume à dénicher un Twinkie. Ensemble, ils forment un duo improbable, bientôt rejoints par deux sœurs arnaqueuses, Wichita et Little Rock. Le tout évolue en mode road-movie dans un pays déserté, jusqu'au fameux parc d'attractions final, censé représenter un ultime refuge. Sauf que... évidemment, non.
Le début fonctionne. Même très bien. Un générique à la fois inventif et esthétique, une voix off sarcastique plutôt bien vue, et une première demi-heure qui enchaîne les idées visuelles et comiques avec une belle énergie. J'étais presque surpris d'être autant embarqué. Et puis le film s'effondre doucement, mais sûrement. On sent que les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick ont eu du mal à tirer une intrigue à partir de ce qui, à l'origine, n'était qu'un pilote de série télé. Une fois les personnages posés, tout tourne en rond. Les péripéties deviennent mollassonnes, les enjeux inexistants, l'humour se dilue dans un bavardage paresseux, et on commence à se demander pourquoi on les suit exactement.
Les personnages, justement, n'évoluent pas. Columbus reste ce type phobique et obsédé par ses règles, dont le manque de charisme devient agaçant dès qu'on dépasse la vanne initiale. Tallahassee amuse un temps par son obsession des Twinkies, mais finit par ressembler à une caricature figée. Quant à Wichita et Little Rock, elles ne dépassent jamais vraiment leur fonction de « girls with guns » vaguement rusées. On voudrait croire à une dynamique de groupe, mais la mayonnaise ne prend pas. Le caméo de Bill Murray, bien que salué partout, m'a paru d'une mollesse consternante — un bel hommage à SOS fantômes peut-être, mais sans l'étincelle.
Le film prétend aborder la solitude, la peur de l'engagement, la notion de famille choisie, et pourquoi pas la perte dans un monde désarticulé. Mais tout reste superficiel, noyé sous les blagues pas toujours bien timées et les incohérences à la pelle. À commencer par cette idée de zombies « rapides », certes bienvenue (enfin un minimum de logique biologique), mais à peine exploitée. On nous vend un monde ravagé, et pourtant, les rues sont vides, les routes tranquilles, les supermarchés presque trop bien rangés. Et puis Hollywood, vidé de ses habitants sauf... cinq zombies épars ? On est plus proche d'un téléfilm de luxe que d'un univers post-apocalyptique crédible. C'est censé être une comédie, d'accord, mais même Shaun of the dead — souvent comparé — parvient à faire cohabiter l'absurde et une vraie structure narrative.
Réalisation propre, effets spéciaux soignés, et une photographie léchée, surtout dans les ralentis du générique. Fleischer a manifestement vu des pubs Nike et des clips de métal avant de se lancer dans l'aventure. Le film se veut dynamique, mais finit par tourner à vide. Le montage est efficace, la musique de David Sardy fait le job, mais rien ne reste en mémoire, passé l'euphorie visuelle du départ.
Côté casting, Woody Harrelson cabotine comme il sait si bien le faire, et il s'en sort avec une certaine dignité. Jesse Eisenberg, lui, joue... Jesse Eisenberg. Même posture, mêmes tics que dans The social network. Je commence à croire qu'il n'a qu'un seul registre, ce qui est assez embarrassant dans un film qui mise justement sur un contraste comique. Emma Stone et Abigail Breslin sont là, remplies de bonne volonté, mais elles n'ont strictement rien à jouer d'intéressant.
Au final, Bienvenue à Zombieland démarre très fort, puis s'enlise dans un gloubiboulga de blagues réchauffées, de péripéties bancales et de dialogues plats. On a l'impression que personne ne savait vraiment comment conclure, alors on colle un climax grotesque dans un parc d'attractions, avec des manèges qui fonctionnent comme par magie, et des zombies qui surgissent quand le scénario le décide. Ça passe le temps, mais à peine. Pour une parodie, ça manque cruellement de mordant. Pour un film de zombies, ça manque de tripes. Bref, une belle idée de départ maltraitée jusqu'à l'épuisement. À voir une fois, un œil sur l'écran, l'autre sur la date de péremption des Twinkies.
L'histoire suit Columbus, un nerd angoissé survivant d'un monde post-apocalyptique, qui applique des règles de survie dignes d'un manuel de scout asocial. Il croise la route de Tallahassee, un cow-boy déglingué dont la quête existentielle se résume à dénicher un Twinkie. Ensemble, ils forment un duo improbable, bientôt rejoints par deux sœurs arnaqueuses, Wichita et Little Rock. Le tout évolue en mode road-movie dans un pays déserté, jusqu'au fameux parc d'attractions final, censé représenter un ultime refuge. Sauf que... évidemment, non.
Le début fonctionne. Même très bien. Un générique à la fois inventif et esthétique, une voix off sarcastique plutôt bien vue, et une première demi-heure qui enchaîne les idées visuelles et comiques avec une belle énergie. J'étais presque surpris d'être autant embarqué. Et puis le film s'effondre doucement, mais sûrement. On sent que les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick ont eu du mal à tirer une intrigue à partir de ce qui, à l'origine, n'était qu'un pilote de série télé. Une fois les personnages posés, tout tourne en rond. Les péripéties deviennent mollassonnes, les enjeux inexistants, l'humour se dilue dans un bavardage paresseux, et on commence à se demander pourquoi on les suit exactement.
Les personnages, justement, n'évoluent pas. Columbus reste ce type phobique et obsédé par ses règles, dont le manque de charisme devient agaçant dès qu'on dépasse la vanne initiale. Tallahassee amuse un temps par son obsession des Twinkies, mais finit par ressembler à une caricature figée. Quant à Wichita et Little Rock, elles ne dépassent jamais vraiment leur fonction de « girls with guns » vaguement rusées. On voudrait croire à une dynamique de groupe, mais la mayonnaise ne prend pas. Le caméo de Bill Murray, bien que salué partout, m'a paru d'une mollesse consternante — un bel hommage à SOS fantômes peut-être, mais sans l'étincelle.
Le film prétend aborder la solitude, la peur de l'engagement, la notion de famille choisie, et pourquoi pas la perte dans un monde désarticulé. Mais tout reste superficiel, noyé sous les blagues pas toujours bien timées et les incohérences à la pelle. À commencer par cette idée de zombies « rapides », certes bienvenue (enfin un minimum de logique biologique), mais à peine exploitée. On nous vend un monde ravagé, et pourtant, les rues sont vides, les routes tranquilles, les supermarchés presque trop bien rangés. Et puis Hollywood, vidé de ses habitants sauf... cinq zombies épars ? On est plus proche d'un téléfilm de luxe que d'un univers post-apocalyptique crédible. C'est censé être une comédie, d'accord, mais même Shaun of the dead — souvent comparé — parvient à faire cohabiter l'absurde et une vraie structure narrative.
Réalisation propre, effets spéciaux soignés, et une photographie léchée, surtout dans les ralentis du générique. Fleischer a manifestement vu des pubs Nike et des clips de métal avant de se lancer dans l'aventure. Le film se veut dynamique, mais finit par tourner à vide. Le montage est efficace, la musique de David Sardy fait le job, mais rien ne reste en mémoire, passé l'euphorie visuelle du départ.
Côté casting, Woody Harrelson cabotine comme il sait si bien le faire, et il s'en sort avec une certaine dignité. Jesse Eisenberg, lui, joue... Jesse Eisenberg. Même posture, mêmes tics que dans The social network. Je commence à croire qu'il n'a qu'un seul registre, ce qui est assez embarrassant dans un film qui mise justement sur un contraste comique. Emma Stone et Abigail Breslin sont là, remplies de bonne volonté, mais elles n'ont strictement rien à jouer d'intéressant.
Au final, Bienvenue à Zombieland démarre très fort, puis s'enlise dans un gloubiboulga de blagues réchauffées, de péripéties bancales et de dialogues plats. On a l'impression que personne ne savait vraiment comment conclure, alors on colle un climax grotesque dans un parc d'attractions, avec des manèges qui fonctionnent comme par magie, et des zombies qui surgissent quand le scénario le décide. Ça passe le temps, mais à peine. Pour une parodie, ça manque cruellement de mordant. Pour un film de zombies, ça manque de tripes. Bref, une belle idée de départ maltraitée jusqu'à l'épuisement. À voir une fois, un œil sur l'écran, l'autre sur la date de péremption des Twinkies.
Ma note31%
Commentaires
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier !