La sirène

Encore une fois, Georges Méliès s'amuse à filmer un spectacle de magie… du moins, pendant toute la première moitié. On retrouve ce goût pour la parade illusionniste, l'enchaînement de trucs qui s'empilent sans véritable montée dramatique, comme si la caméra n'était qu'un siège de première loge au Théâtre Robert-Houdin. Ça fonctionne un temps : le chapeau plein d'eau, les poissons qu'on pêche comme dans un numéro de foire, l'aquarium improbable… mais l'ensemble tourne un peu en rond avant de trouver enfin un élan plus cinématographique.
La bascule arrive avec ce faux travelling avant, petit tour de passe-passe typique du Méliès bricoleur, et soudain on entre réellement dans le décor sous-marin. La sirène apparaît, comme promise depuis le début, et tout à coup le film respire mieux. L'effet « aquatique » évoque clairement celui déjà utilisé dans Le royaume des fées, sorti l'année précédente, mais on sent une meilleure maîtrise : les poissons ne glissent plus comme des taches floues, la profondeur est mieux suggérée, et l'ensemble donne enfin l'impression d'un monde un peu habité, même si on reste très loin d'une immersion réelle.
Il y a aussi cette volonté de combiner plusieurs techniques déjà éprouvées : le fondu que Méliès utilisait dans Le roi du maquillage ou Les cartes vivantes, les changements de décor express, la superposition des figures mythologiques… L'ensemble est cohérent sur le papier, mais à l'écran, ça manque parfois d'unité. On passe du music-hall au tableau féerique sans véritable transition émotionnelle, comme si chaque effet voulait voler la vedette au précédent, sans que l'ensemble parvienne à créer un vrai souffle.
Le film reste pourtant attachant, parce qu'on y voit un artisan tenter de pousser un peu plus loin ses propres trouvailles, et parce que Georges Méliès n'a jamais manqué d'imagination. Mais la magie ici fonctionne par intermittence. On admire la débrouille, les décors peints, l'ingéniosité des trucages, tout en sentant que l'alchimie n'opère pas toujours. On regarde ça avec une sorte de tendresse lucide : ni émerveillé, ni vraiment déçu, juste partagé entre la curiosité pour ces expérimentations et la sensation que le résultat n'atteint qu'à moitié ce qu'il promettait.
La bascule arrive avec ce faux travelling avant, petit tour de passe-passe typique du Méliès bricoleur, et soudain on entre réellement dans le décor sous-marin. La sirène apparaît, comme promise depuis le début, et tout à coup le film respire mieux. L'effet « aquatique » évoque clairement celui déjà utilisé dans Le royaume des fées, sorti l'année précédente, mais on sent une meilleure maîtrise : les poissons ne glissent plus comme des taches floues, la profondeur est mieux suggérée, et l'ensemble donne enfin l'impression d'un monde un peu habité, même si on reste très loin d'une immersion réelle.
Il y a aussi cette volonté de combiner plusieurs techniques déjà éprouvées : le fondu que Méliès utilisait dans Le roi du maquillage ou Les cartes vivantes, les changements de décor express, la superposition des figures mythologiques… L'ensemble est cohérent sur le papier, mais à l'écran, ça manque parfois d'unité. On passe du music-hall au tableau féerique sans véritable transition émotionnelle, comme si chaque effet voulait voler la vedette au précédent, sans que l'ensemble parvienne à créer un vrai souffle.
Le film reste pourtant attachant, parce qu'on y voit un artisan tenter de pousser un peu plus loin ses propres trouvailles, et parce que Georges Méliès n'a jamais manqué d'imagination. Mais la magie ici fonctionne par intermittence. On admire la débrouille, les décors peints, l'ingéniosité des trucages, tout en sentant que l'alchimie n'opère pas toujours. On regarde ça avec une sorte de tendresse lucide : ni émerveillé, ni vraiment déçu, juste partagé entre la curiosité pour ces expérimentations et la sensation que le résultat n'atteint qu'à moitié ce qu'il promettait.
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