Le Diable noir

Il y a quelque chose de très rafraîchissant à tomber sur ce petit film presqu'accidentel de Georges Méliès en 2012, comme si on ouvrait une vieille boîte à chaussures dans le grenier et qu'on y trouvait une marionnette malicieuse prête à bondir. Ce n'est pas son œuvre la plus connue, ni la plus ambitieuse, ni même la plus inspirée, mais justement : c'est ce côté « miniature imparfaite » qui la rend attachante.
Et puis il faut le dire : voir Méliès jouer la victime, ça change. Lui qui adore se glisser dans la peau du Diable, du sorcier, du savant fou, du maître de cérémonie démoniaque, voilà qu'il se retrouve en bon bourgeois un peu trop bien mis pour passer la nuit dans une chambre hantée par un diablotin surexcité. Certains historiens du cinéma racontent qu'il s'amusait plus à jouer les créatures qu'à diriger ses acteurs, alors forcément, cette inversion donne un charme particulier à l'ensemble.
Le diablotin en question, ce n'est pas Belzébuth, pas même un méchant de pacotille : plutôt un sale gosse en costume noir, le genre à déplacer les meubles dès qu'on détourne le regard. On dirait que Méliès a ressuscité une tradition des théâtres de magie : « une illusion n'a pas besoin d'avoir du sens tant qu'elle amuse ». Selon certaines études sur la Star Film Company, la scène des chaises animées aurait nécessité une quantité absurde de coupes image par image : plus d'une soixantaine pour quelques secondes d'écran. Juste pour un gag. Le genre d'investissement artistique qu'on ne verrait plus beaucoup aujourd'hui, sauf peut-être chez des fous passionnés.
Le film n'a pas de vraie histoire, soyons honnêtes. C'est juste une chambre, un homme, un diablotin et une série de farces. À une époque où le cinéma était encore un terrain de jeu, ça devait passer. En 2012, ça fait plus « bonus DVD », mais un bonus sympathique. D'après un vieux commentaire de la Cinémathèque, ce court aurait été projeté dans des fêtes foraines où les spectateurs hurlaient littéralement de rire devant les meubles capricieux ! Un public entier en transe pour une chaise qui bouge. On a perdu ce rapport naïf au merveilleux, ou alors il faut aller voir un spectacle de magie pour le retrouver.
La fin, même légère, fonctionne toujours. Elle arrive presque par surprise. Pas de morale, pas d'épilogue, juste un petit clin d'œil avant de disparaître comme le Diable dans la fumée.
On pourrait demander plus : un rythme plus soutenu, un peu plus de folie, une idée narrative qui tienne deux minutes. Mais ce serait passer à côté de ce que ce film est réellement : un jouet d'époque. Un bricolage ingénieux. Une bulle de savon cinématographique.
Ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais c'est une bouffée d'air vintage, avec ce mélange d'amusement, d'imperfection et d'inventivité qui fait qu'on se dit : « Bon, c'est tout… mais c'est déjà pas mal. ».
Et puis il faut le dire : voir Méliès jouer la victime, ça change. Lui qui adore se glisser dans la peau du Diable, du sorcier, du savant fou, du maître de cérémonie démoniaque, voilà qu'il se retrouve en bon bourgeois un peu trop bien mis pour passer la nuit dans une chambre hantée par un diablotin surexcité. Certains historiens du cinéma racontent qu'il s'amusait plus à jouer les créatures qu'à diriger ses acteurs, alors forcément, cette inversion donne un charme particulier à l'ensemble.
Le diablotin en question, ce n'est pas Belzébuth, pas même un méchant de pacotille : plutôt un sale gosse en costume noir, le genre à déplacer les meubles dès qu'on détourne le regard. On dirait que Méliès a ressuscité une tradition des théâtres de magie : « une illusion n'a pas besoin d'avoir du sens tant qu'elle amuse ». Selon certaines études sur la Star Film Company, la scène des chaises animées aurait nécessité une quantité absurde de coupes image par image : plus d'une soixantaine pour quelques secondes d'écran. Juste pour un gag. Le genre d'investissement artistique qu'on ne verrait plus beaucoup aujourd'hui, sauf peut-être chez des fous passionnés.
Le film n'a pas de vraie histoire, soyons honnêtes. C'est juste une chambre, un homme, un diablotin et une série de farces. À une époque où le cinéma était encore un terrain de jeu, ça devait passer. En 2012, ça fait plus « bonus DVD », mais un bonus sympathique. D'après un vieux commentaire de la Cinémathèque, ce court aurait été projeté dans des fêtes foraines où les spectateurs hurlaient littéralement de rire devant les meubles capricieux ! Un public entier en transe pour une chaise qui bouge. On a perdu ce rapport naïf au merveilleux, ou alors il faut aller voir un spectacle de magie pour le retrouver.
La fin, même légère, fonctionne toujours. Elle arrive presque par surprise. Pas de morale, pas d'épilogue, juste un petit clin d'œil avant de disparaître comme le Diable dans la fumée.
On pourrait demander plus : un rythme plus soutenu, un peu plus de folie, une idée narrative qui tienne deux minutes. Mais ce serait passer à côté de ce que ce film est réellement : un jouet d'époque. Un bricolage ingénieux. Une bulle de savon cinématographique.
Ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais c'est une bouffée d'air vintage, avec ce mélange d'amusement, d'imperfection et d'inventivité qui fait qu'on se dit : « Bon, c'est tout… mais c'est déjà pas mal. ».
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