Antarès, épisode 6

Leo boucle ici son troisième cycle : le seul à s'étirer sur six tomes plutôt que cinq, choix éditorial qui a suscité quelques grincements de dents chez les lecteurs assidus. Ce Brésilien installé en France depuis 1981, toujours seul aux manettes du scénario, du dessin et des couleurs, livre en 2015 une conclusion qui arrive après huit ans de cycle Antarès. C'est long. Et ça se sent un peu.
Jedediah Thornton est enfin aux prises avec les conséquences de ses propres excès. Son intégrisme religieux a fini par se retourner contre lui, ses partisans se divisent, et Kim peut reprendre la main. Via ses liens avec Sven, l'extraterrestre dont elle a eu une fille, elle réussit à retrouver Lynn et à entrer en contact avec le peuple d'Antarès-5. Les révélations s'enchaînent sur la nature de la mystérieuse sphère métallique qui a fasciné tout le monde depuis des tomes, sur le rôle des extraterrestres dans l'histoire de la colonisation, et sur le futur de la relation entre les humains et les différentes espèces intelligentes de la galaxie. Leo prévenait lui-même ses lecteurs dans une interview incluse en bonus dans ce tome : il n'a pas voulu tout expliquer, et ça se voit.
Sur le fond, Leo parvient à nouveau à donner à son récit une explication convaincante et satisfaisante ; ce n'est pas rien. Les pièces du puzzle s'emboîtent avec la même logique interne qui caractérisait les fins de cycles précédents, même si on sent parfois qu'il rattrapait du retard plutôt qu'il n'exécutait un plan préétabli. La critique de Scénario.com à la sortie relevait exactement ça : les dialogues occupent trop de place, le dessin s'épure au détriment des décors, et certaines situations auraient pu être traitées deux ou trois tomes plus tôt. Mais au moins ça tient debout, et c'est déjà mieux que beaucoup de fins de série.
Ce qui frustre davantage, c'est ce qui reste dans l'ombre. Les peintures rupestres humanoïdes découvertes dans les grottes d'Antarès au tome 4 — cette révélation choc sur une présence humaine ou humanoïde préhistorique sur la planète — ne reçoivent jamais d'explication. Qui a laissé ces traces ? Le même peuple qui a construit la sphère métallique ? Existe-t-il encore, quelque part ? Et ce cube, qu'on aperçoit dans les dernières pages, est-il l'œuvre du même peuple, ou d'une autre civilisation encore ? Et tout cela a-t-il un rapport avec les Mantrisses ? Ce sont exactement les bonnes questions, et Leo semble les avoir gardées en réserve pour la suite : ce qui deviendra Retour sur Aldébaran en 2018. Ce n'est pas vraiment de la frustration, en fait, c'est de la curiosité. La saga reste ouverte vers d'autres horizons, et ça, c'est une promesse qui vaut le détour.
Jedediah termine sa course de la façon qu'il méritait — sans surprise — et le personnage finit aussi peu subtil qu'il avait commencé. C'est le vrai défaut persistant de ce cycle : un antagoniste trop monolithique pour convaincre pleinement. Le reste est du Leo honnête : humaniste, un peu moralisateur, avec des personnages qui s'aiment trop entre eux, mais portés par un imaginaire qui reste sincèrement inventif après vingt ans de saga. Une fin correcte pour un cycle qui aurait gagné à être resserré sur cinq volumes. La suite, on y va.
Jedediah Thornton est enfin aux prises avec les conséquences de ses propres excès. Son intégrisme religieux a fini par se retourner contre lui, ses partisans se divisent, et Kim peut reprendre la main. Via ses liens avec Sven, l'extraterrestre dont elle a eu une fille, elle réussit à retrouver Lynn et à entrer en contact avec le peuple d'Antarès-5. Les révélations s'enchaînent sur la nature de la mystérieuse sphère métallique qui a fasciné tout le monde depuis des tomes, sur le rôle des extraterrestres dans l'histoire de la colonisation, et sur le futur de la relation entre les humains et les différentes espèces intelligentes de la galaxie. Leo prévenait lui-même ses lecteurs dans une interview incluse en bonus dans ce tome : il n'a pas voulu tout expliquer, et ça se voit.
Sur le fond, Leo parvient à nouveau à donner à son récit une explication convaincante et satisfaisante ; ce n'est pas rien. Les pièces du puzzle s'emboîtent avec la même logique interne qui caractérisait les fins de cycles précédents, même si on sent parfois qu'il rattrapait du retard plutôt qu'il n'exécutait un plan préétabli. La critique de Scénario.com à la sortie relevait exactement ça : les dialogues occupent trop de place, le dessin s'épure au détriment des décors, et certaines situations auraient pu être traitées deux ou trois tomes plus tôt. Mais au moins ça tient debout, et c'est déjà mieux que beaucoup de fins de série.
Ce qui frustre davantage, c'est ce qui reste dans l'ombre. Les peintures rupestres humanoïdes découvertes dans les grottes d'Antarès au tome 4 — cette révélation choc sur une présence humaine ou humanoïde préhistorique sur la planète — ne reçoivent jamais d'explication. Qui a laissé ces traces ? Le même peuple qui a construit la sphère métallique ? Existe-t-il encore, quelque part ? Et ce cube, qu'on aperçoit dans les dernières pages, est-il l'œuvre du même peuple, ou d'une autre civilisation encore ? Et tout cela a-t-il un rapport avec les Mantrisses ? Ce sont exactement les bonnes questions, et Leo semble les avoir gardées en réserve pour la suite : ce qui deviendra Retour sur Aldébaran en 2018. Ce n'est pas vraiment de la frustration, en fait, c'est de la curiosité. La saga reste ouverte vers d'autres horizons, et ça, c'est une promesse qui vaut le détour.
Jedediah termine sa course de la façon qu'il méritait — sans surprise — et le personnage finit aussi peu subtil qu'il avait commencé. C'est le vrai défaut persistant de ce cycle : un antagoniste trop monolithique pour convaincre pleinement. Le reste est du Leo honnête : humaniste, un peu moralisateur, avec des personnages qui s'aiment trop entre eux, mais portés par un imaginaire qui reste sincèrement inventif après vingt ans de saga. Une fin correcte pour un cycle qui aurait gagné à être resserré sur cinq volumes. La suite, on y va.
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