Lock out
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Lock out est l'un de ces films d'action qui, avant même leur sortie, affichent leur ADN sans la moindre ambiguïté : un concept simple, un héros badass, une mission impossible et une succession de scènes d'action qui s'enchaînent sans trop se poser de questions. Aux manettes, James Mather et Stephen St. Leger, deux réalisateurs irlandais repérés par EuropaCorp grâce à leur court-métrage Prey alone, et un certain Luc Besson au scénario et à la production. Ajoutez à cela Guy Pearce en héros cynique et Maggie Grace en demoiselle en détresse, et vous avez le cocktail idéal pour un actioner de série B calibré. Malheureusement, Lock out ne se contente pas d'être un film bourrin assumé : il tente d'en faire trop, en oubliant que parfois, la simplicité est la clef.
L'histoire nous propulse en 2079, dans une station spatiale prison, MS-One, où sont cryogénisés les criminels les plus dangereux de la planète. Comme de bien entendu, une mutinerie éclate au moment où la fille du président, Émilie Warnock, vient inspecter les lieux. Face à l'urgence, le gouvernement envoie Snow, un ex-agent accusé à tort d'un crime, pour l'exfiltrer. Le scénario, dès ses premières minutes, évoque un New York 1997 sous gravité zéro, avec des clins d'œil (volontaires ou non) à Piège de cristal, Air Force One et même Mission impossible. Si vous avez vu ne serait-ce qu'un film d'action dans votre vie, vous devinerez chaque rebondissement vingt minutes à l'avance.
Là où le bât blesse, c'est que le film ne se contente pas de recycler des classiques : il le fait sans imagination. Chaque élément du script est un cliché éculé, du héros désabusé qui balance des punchlines aux méchants caricaturaux en passant par la mission de sauvetage au compte à rebours. On aurait pu s'en accommoder si Lock out avait pleinement embrassé son statut de série B décomplexée, mais le film semble hésiter entre l'hommage et l'auto-parodie, sans jamais trouver le bon équilibre. Le pire étant que l'affaire a fini devant les tribunaux : New York 1997 n'était pas qu'une inspiration, mais une source directe. Le plagiat a été reconnu en 2016, et EuropaCorp a dû verser 450 000 € à John Carpenter et ses associés. Une histoire qui aurait presque plus de rebondissements que le film lui-même.
Ce qui sauve quelque peu Lock out, c'est Guy Pearce. Habitué aux rôles plus nuancés (Memento, L.A. Confidential), il s'éclate ici en clone de John McClane version low-cost. Avec sa dégaine de dur à cuire, son sens du timing comique et son sarcasme permanent, il arrive à insuffler une certaine énergie à l'ensemble. Son duo avec Maggie Grace fonctionne par moments, même si les dialogues ne volent jamais bien haut. Quant aux méchants, ils sont tellement caricaturaux qu'ils en deviennent presqu'amusants. Mention spéciale à Joseph Gilgun, qui incarne un psychopathe déglingué à la Misfits, parfait en grand méchant sadique et imprévisible. Il est sans doute l'élément le plus marquant du film, éclipsant même le big boss qui, lui, peine à exister.
Au-delà du simple divertissement, le film tente timidement d'aborder quelques thèmes : la privatisation des prisons, la brutalité carcérale, les dérives d'un système qui traite ses détenus comme des expériences scientifiques. Des sujets intéressants, mais survolés à une vitesse supersonique. À aucun moment Lock out ne prend le temps d'exploiter ces pistes autrement qu'en prétexte narratif. Ce qui compte ici, ce sont les explosions, les fusillades et les cascades. Dommage, car il y avait matière à donner un peu plus de profondeur au récit.
Techniquement, le film oscille entre le correct et le catastrophique. Le budget limité (20 millions de dollars) se fait cruellement sentir dans certains effets spéciaux, notamment lors de la poursuite en moto du début, qui semble sortie d'un jeu vidéo mal finalisé. La mise en scène est fonctionnelle, mais jamais inspirée, et la photographie manque cruellement d'identité. Quant à la bande-son signée Alexandre Azaria, elle fait son job sans vraiment marquer les esprits, entre nappes synthétiques génériques et cuivres à la Hans Zimmer.
En ce qui concerne les performances des acteurs, Guy Pearce s'en sort avec les honneurs, bien qu'il en fasse parfois trop dans le registre du sarcasme. Maggie Grace, quant à elle, a du mal à transcender son rôle de fille du président un peu trop lisse. On sent bien que le script a tenté d'en faire un personnage fort, mais au final, elle passe trop de temps à se faire traîner par Snow pour exister réellement. Côté antagonistes, Joseph Gilgun vole clairement la vedette, livrant une prestation aussi excessive qu'amusante.
Au final, Lock out est un film d'action sans grande envergure, qui peine à cacher son manque d'originalité derrière un rythme effréné et un humour eighties un peu forcé. Il y a bien quelques répliques amusantes, une dynamique de buddy movie qui fonctionne par moments et un méchant mémorable, mais ça ne suffit pas à masquer les faiblesses criantes du scénario et de la réalisation. Le film aurait pu être une série B honnête, mais il s'embourbe dans des choix douteux, des effets spéciaux bâclés et une fin précipitée. À regarder entre potes avec un paquet de chips, mais à oublier dès le générique de fin.
L'histoire nous propulse en 2079, dans une station spatiale prison, MS-One, où sont cryogénisés les criminels les plus dangereux de la planète. Comme de bien entendu, une mutinerie éclate au moment où la fille du président, Émilie Warnock, vient inspecter les lieux. Face à l'urgence, le gouvernement envoie Snow, un ex-agent accusé à tort d'un crime, pour l'exfiltrer. Le scénario, dès ses premières minutes, évoque un New York 1997 sous gravité zéro, avec des clins d'œil (volontaires ou non) à Piège de cristal, Air Force One et même Mission impossible. Si vous avez vu ne serait-ce qu'un film d'action dans votre vie, vous devinerez chaque rebondissement vingt minutes à l'avance.
Là où le bât blesse, c'est que le film ne se contente pas de recycler des classiques : il le fait sans imagination. Chaque élément du script est un cliché éculé, du héros désabusé qui balance des punchlines aux méchants caricaturaux en passant par la mission de sauvetage au compte à rebours. On aurait pu s'en accommoder si Lock out avait pleinement embrassé son statut de série B décomplexée, mais le film semble hésiter entre l'hommage et l'auto-parodie, sans jamais trouver le bon équilibre. Le pire étant que l'affaire a fini devant les tribunaux : New York 1997 n'était pas qu'une inspiration, mais une source directe. Le plagiat a été reconnu en 2016, et EuropaCorp a dû verser 450 000 € à John Carpenter et ses associés. Une histoire qui aurait presque plus de rebondissements que le film lui-même.
Ce qui sauve quelque peu Lock out, c'est Guy Pearce. Habitué aux rôles plus nuancés (Memento, L.A. Confidential), il s'éclate ici en clone de John McClane version low-cost. Avec sa dégaine de dur à cuire, son sens du timing comique et son sarcasme permanent, il arrive à insuffler une certaine énergie à l'ensemble. Son duo avec Maggie Grace fonctionne par moments, même si les dialogues ne volent jamais bien haut. Quant aux méchants, ils sont tellement caricaturaux qu'ils en deviennent presqu'amusants. Mention spéciale à Joseph Gilgun, qui incarne un psychopathe déglingué à la Misfits, parfait en grand méchant sadique et imprévisible. Il est sans doute l'élément le plus marquant du film, éclipsant même le big boss qui, lui, peine à exister.
Au-delà du simple divertissement, le film tente timidement d'aborder quelques thèmes : la privatisation des prisons, la brutalité carcérale, les dérives d'un système qui traite ses détenus comme des expériences scientifiques. Des sujets intéressants, mais survolés à une vitesse supersonique. À aucun moment Lock out ne prend le temps d'exploiter ces pistes autrement qu'en prétexte narratif. Ce qui compte ici, ce sont les explosions, les fusillades et les cascades. Dommage, car il y avait matière à donner un peu plus de profondeur au récit.
Techniquement, le film oscille entre le correct et le catastrophique. Le budget limité (20 millions de dollars) se fait cruellement sentir dans certains effets spéciaux, notamment lors de la poursuite en moto du début, qui semble sortie d'un jeu vidéo mal finalisé. La mise en scène est fonctionnelle, mais jamais inspirée, et la photographie manque cruellement d'identité. Quant à la bande-son signée Alexandre Azaria, elle fait son job sans vraiment marquer les esprits, entre nappes synthétiques génériques et cuivres à la Hans Zimmer.
En ce qui concerne les performances des acteurs, Guy Pearce s'en sort avec les honneurs, bien qu'il en fasse parfois trop dans le registre du sarcasme. Maggie Grace, quant à elle, a du mal à transcender son rôle de fille du président un peu trop lisse. On sent bien que le script a tenté d'en faire un personnage fort, mais au final, elle passe trop de temps à se faire traîner par Snow pour exister réellement. Côté antagonistes, Joseph Gilgun vole clairement la vedette, livrant une prestation aussi excessive qu'amusante.
Au final, Lock out est un film d'action sans grande envergure, qui peine à cacher son manque d'originalité derrière un rythme effréné et un humour eighties un peu forcé. Il y a bien quelques répliques amusantes, une dynamique de buddy movie qui fonctionne par moments et un méchant mémorable, mais ça ne suffit pas à masquer les faiblesses criantes du scénario et de la réalisation. Le film aurait pu être une série B honnête, mais il s'embourbe dans des choix douteux, des effets spéciaux bâclés et une fin précipitée. À regarder entre potes avec un paquet de chips, mais à oublier dès le générique de fin.
Ma note35%
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