Numéro quatre
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Quand un film porte un titre aussi impersonnel que Numéro Quatre, on peut s'attendre à tout. Ou plutôt à pas grand-chose. Réalisé par D.J. Caruso, à qui l'on doit Paranoïak et L'œil du mal, le film ambitionnait d'être le fer de lance d'une nouvelle saga de science-fiction adolescente, dans la lignée de Twilight ou Hunger games. Produit par Michael Bay, avec un budget conséquent et un casting composé de jeunes acteurs prometteurs, il aurait pu marquer le début d'une franchise à succès. Mais entre ambitions mal calibrées et exécution paresseuse, le film s'effondre rapidement sous le poids de ses propres maladresses.
L'histoire est pourtant simple et efficace sur le papier : John Smith, alias Numéro Quatre, est un extraterrestre d'apparence humaine qui se cache sur Terre avec son protecteur, Henri. Il est traqué par les Mogadoriens, des envahisseurs belliqueux ayant déjà exterminé sa planète et décidés à poursuivre leur génocide intergalactique en éliminant les rares survivants. La particularité de cette traque ? Les neuf jeunes extraterrestres visés ne peuvent être tués que dans l'ordre de leur numéro. Et puisque Numéro Trois vient d'être assassiné, John est le prochain sur la liste. Problème : il vient à peine de s'installer dans un petit lycée de l'Ohio, où il découvre les joies des premiers émois amoureux et les querelles avec les brutes locales. D'un côté, une menace extraterrestre ; de l'autre, une rivalité lycéenne et un amour naissant. L'équilibre entre les deux aurait pu être intéressant. Il ne l'est pas.
Le scénario souffre d'une absence totale de relief. Dès les premières minutes, on devine tout ce qui va se passer. La fuite perpétuelle, le lycée paumé, la romance impossible, la révélation progressive des pouvoirs du héros… Tous les clichés du genre sont alignés avec un manque d'audace affligeant. Le film hésite constamment entre deux tons : la science-fiction et le teen movie. Mais il ne parvient jamais à conjuguer les deux de manière fluide. Là où Chronicle avait su brillamment fusionner ces éléments, Numéro Quatre donne l'impression de cocher mécaniquement toutes les cases du cahier des charges d'un blockbuster préfabriqué. Même les enjeux sont flous : pourquoi les Mogadoriens doivent-ils tuer les Neuf dans l'ordre ? Mystère. Pourquoi les Gardiens ne semblent-ils servir à rien ? Question en suspens. Pourquoi un tel manque d'explications alors que le film dure près de deux heures ? Incompréhensible.
Les personnages sont à l'image du scénario : fades et sans nuance. John Smith, censé incarner l'archétype du héros en quête d'identité, n'a aucune personnalité. Il traverse le film avec un air évasif et une intensité dramatique proche du néant. Son protecteur, Henri, joué par Timothy Olyphant, aurait pu être un mentor charismatique, mais il disparaît trop tôt pour qu'on puisse réellement s'attacher à lui. La romance avec Sarah, interprétée par Dianna Agron, est tout aussi insipide : une amourette lycéenne sans passion, sans conflit réel, sans l'alchimie minimale qui aurait pu donner un peu de corps à l'histoire. Le seul personnage vaguement intéressant est Numéro Six, incarnée par Teresa Palmer. Elle débarque tardivement dans le film, mais sa présence apporte enfin une énergie qui faisait cruellement défaut jusque-là. Malheureusement, elle ne suffit pas à sauver l'ensemble.
Derrière cette trame convenue, on devine vaguement une tentative de traiter des thèmes classiques : l'adolescence comme une période de transformation, la quête d'identité, la solitude du héros différent… Mais tout est effleuré, jamais approfondi. Là où Spider-man ou Harry Potter utilisaient le fantastique pour parler d'une jeunesse en construction, Numéro Quatre se contente de survoler ses propres idées. On pourrait au moins espérer un sous-texte sur l'exil, la survie d'un peuple en diaspora, mais même cette piste est rapidement évacuée au profit de scènes de romance stéréotypées et d'affrontements génériques.
D'un point de vue technique, la réalisation de D.J. Caruso manque cruellement d'inspiration. Le film essaie d'adopter un style réaliste pour ancrer son histoire dans un cadre crédible, mais cela se traduit surtout par une mise en scène sans éclat, incapable de donner la moindre ampleur aux enjeux. La photographie, signée Guillermo Navarro, pourtant talentueux chef opérateur du Labyrinthe de Pan, ne parvient pas à donner de véritable identité visuelle au film. Les scènes d'action, censées être spectaculaires, sont d'une banalité désolante, oscillant entre montage épileptique et CGI sans âme. La bande-son, elle, se limite à une sélection de morceaux rock convenus, balancés sans grande subtilité dans les moments clefs.
Quant aux performances des acteurs, elles sont à l'image du reste : oubliables. Alex Pettyfer, dans le rôle principal, est tout simplement transparent. Son jeu est mécanique, son regard constamment vide, et son charisme inexistant. Dianna Agron, en petite amie photographe, semble tout droit sortie d'un téléfilm adolescent, sans jamais transcender son rôle. Timothy Olyphant, pourtant capable d'un magnétisme certain, est sous-exploité. Seule Teresa Palmer apporte un semblant d'énergie à son personnage de guerrière badass, mais elle apparaît bien trop tard pour relever le niveau.
Numéro Quatre incarne tout ce qui ne fonctionne pas dans une adaptation de franchise adolescente mal pensée. Un scénario creux, des personnages inintéressants, une mise en scène sans souffle et une ambition qui se réduit à préparer une suite qui ne verra jamais le jour. Un produit calibré, conçu pour plaire à une audience adolescente, mais qui oublie d'avoir une identité propre. Si vous cherchez un film de science-fiction avec un véritable propos et un sens du spectacle, mieux vaut se tourner vers Chronicle, Super 8 ou même le pourtant inégal Divergente. Ici, rien à sauver. Pas étonnant que le projet de saga se soit arrêté net après ce premier volet.
L'histoire est pourtant simple et efficace sur le papier : John Smith, alias Numéro Quatre, est un extraterrestre d'apparence humaine qui se cache sur Terre avec son protecteur, Henri. Il est traqué par les Mogadoriens, des envahisseurs belliqueux ayant déjà exterminé sa planète et décidés à poursuivre leur génocide intergalactique en éliminant les rares survivants. La particularité de cette traque ? Les neuf jeunes extraterrestres visés ne peuvent être tués que dans l'ordre de leur numéro. Et puisque Numéro Trois vient d'être assassiné, John est le prochain sur la liste. Problème : il vient à peine de s'installer dans un petit lycée de l'Ohio, où il découvre les joies des premiers émois amoureux et les querelles avec les brutes locales. D'un côté, une menace extraterrestre ; de l'autre, une rivalité lycéenne et un amour naissant. L'équilibre entre les deux aurait pu être intéressant. Il ne l'est pas.
Le scénario souffre d'une absence totale de relief. Dès les premières minutes, on devine tout ce qui va se passer. La fuite perpétuelle, le lycée paumé, la romance impossible, la révélation progressive des pouvoirs du héros… Tous les clichés du genre sont alignés avec un manque d'audace affligeant. Le film hésite constamment entre deux tons : la science-fiction et le teen movie. Mais il ne parvient jamais à conjuguer les deux de manière fluide. Là où Chronicle avait su brillamment fusionner ces éléments, Numéro Quatre donne l'impression de cocher mécaniquement toutes les cases du cahier des charges d'un blockbuster préfabriqué. Même les enjeux sont flous : pourquoi les Mogadoriens doivent-ils tuer les Neuf dans l'ordre ? Mystère. Pourquoi les Gardiens ne semblent-ils servir à rien ? Question en suspens. Pourquoi un tel manque d'explications alors que le film dure près de deux heures ? Incompréhensible.
Les personnages sont à l'image du scénario : fades et sans nuance. John Smith, censé incarner l'archétype du héros en quête d'identité, n'a aucune personnalité. Il traverse le film avec un air évasif et une intensité dramatique proche du néant. Son protecteur, Henri, joué par Timothy Olyphant, aurait pu être un mentor charismatique, mais il disparaît trop tôt pour qu'on puisse réellement s'attacher à lui. La romance avec Sarah, interprétée par Dianna Agron, est tout aussi insipide : une amourette lycéenne sans passion, sans conflit réel, sans l'alchimie minimale qui aurait pu donner un peu de corps à l'histoire. Le seul personnage vaguement intéressant est Numéro Six, incarnée par Teresa Palmer. Elle débarque tardivement dans le film, mais sa présence apporte enfin une énergie qui faisait cruellement défaut jusque-là. Malheureusement, elle ne suffit pas à sauver l'ensemble.
Derrière cette trame convenue, on devine vaguement une tentative de traiter des thèmes classiques : l'adolescence comme une période de transformation, la quête d'identité, la solitude du héros différent… Mais tout est effleuré, jamais approfondi. Là où Spider-man ou Harry Potter utilisaient le fantastique pour parler d'une jeunesse en construction, Numéro Quatre se contente de survoler ses propres idées. On pourrait au moins espérer un sous-texte sur l'exil, la survie d'un peuple en diaspora, mais même cette piste est rapidement évacuée au profit de scènes de romance stéréotypées et d'affrontements génériques.
D'un point de vue technique, la réalisation de D.J. Caruso manque cruellement d'inspiration. Le film essaie d'adopter un style réaliste pour ancrer son histoire dans un cadre crédible, mais cela se traduit surtout par une mise en scène sans éclat, incapable de donner la moindre ampleur aux enjeux. La photographie, signée Guillermo Navarro, pourtant talentueux chef opérateur du Labyrinthe de Pan, ne parvient pas à donner de véritable identité visuelle au film. Les scènes d'action, censées être spectaculaires, sont d'une banalité désolante, oscillant entre montage épileptique et CGI sans âme. La bande-son, elle, se limite à une sélection de morceaux rock convenus, balancés sans grande subtilité dans les moments clefs.
Quant aux performances des acteurs, elles sont à l'image du reste : oubliables. Alex Pettyfer, dans le rôle principal, est tout simplement transparent. Son jeu est mécanique, son regard constamment vide, et son charisme inexistant. Dianna Agron, en petite amie photographe, semble tout droit sortie d'un téléfilm adolescent, sans jamais transcender son rôle. Timothy Olyphant, pourtant capable d'un magnétisme certain, est sous-exploité. Seule Teresa Palmer apporte un semblant d'énergie à son personnage de guerrière badass, mais elle apparaît bien trop tard pour relever le niveau.
Numéro Quatre incarne tout ce qui ne fonctionne pas dans une adaptation de franchise adolescente mal pensée. Un scénario creux, des personnages inintéressants, une mise en scène sans souffle et une ambition qui se réduit à préparer une suite qui ne verra jamais le jour. Un produit calibré, conçu pour plaire à une audience adolescente, mais qui oublie d'avoir une identité propre. Si vous cherchez un film de science-fiction avec un véritable propos et un sens du spectacle, mieux vaut se tourner vers Chronicle, Super 8 ou même le pourtant inégal Divergente. Ici, rien à sauver. Pas étonnant que le projet de saga se soit arrêté net après ce premier volet.
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