Oliver & Compagnie
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Impossible de parler d'Oliver & compagnieq sans repenser à ce moment un peu chaotique de Disney, juste avant la « Renaissance », quand le studio tâtonnait encore pour retrouver sa magie et testait des idées un peu partout. Sous la direction de George Scribner, secondé par une armée de futurs grands comme Roger Allers, Kirk Wise, Gary Trousdale, Dave Michener, Joe Ranft et même James Mangold (!), qui n'était alors qu'un jeune story artist, le film avait tout d'un laboratoire. Et franchement, rien que pour ça, il mérite qu'on s'y attarde. Disney voulait coller au « cool » de la fin des années 80, avec un New York qui ressemble plus à un clip MTV qu'à un décor de conte de fées. On sentait que le studio cherchait un nouveau terrain de jeu, et ça se voit à chaque plan.
L'histoire, elle, reste très simple : Oliver, chaton minuscule et abandonné, tombe sur une troupe de chiens débrouillards qui vivent avec Fagin, un gentil paumé qui doit de l'argent au très menaçant Sykes. Entre les rues crasseuses, les métros, les limousines et les gratte-ciels, Oliver découvre une forme de famille improvisée, jusqu'à ce que Jenny, gamine des quartiers riches, le recueille. Et quand Sykes enlève Jenny pour soutirer une rançon, toute la bande se lance dans une mission de sauvetage qui n'a rien à envier à un film d'action de la même époque. L'intrigue file vite, parfois trop, mais elle ne traîne jamais.
Le scénario, d'ailleurs, a été réécrit un nombre incalculable de fois. On retrouve des traces d'anciennes versions où l'histoire virait beaucoup plus sombre : Sykes aurait pu avoir un passé plus chargé, Fagin devait au départ être vraiment inquiétant, et il existe même un brouillon (abandonné très tôt) où les héros tentaient de voler… un panda d'un zoo new-yorkais. Tout n'a pas survécu, mais ça explique cette impression étrange que le film essaye plein de choses sans jamais pousser une idée jusqu'au bout. C'est un peu le charme et la limite d'Oliver & compagnie : on y sent la recherche, l'hésitation, parfois l'inachevé.
Les personnages, eux, sont pensés comme des archétypes très lisibles : Dodger, le chien cool qu'on imagine parfaitement dans un clip de Billy Joel (ce n'est pas un hasard), Tito le chihuahua grande gueule, Georgette la diva égocentrique. C'est marrant, ça fonctionne sur le moment, mais ça manque un peu de profondeur. Oliver reste adorable, évidemment, mais il n'a pas la force dramatique du Oliver d'Oliver Twist (ce qui peut surprendre quand on se souvient que Disney avait initialement prévu quelque chose de plus fidèle à Charles Dickens). Fagin est sans doute le personnage le plus touchant : il navigue entre la comédie et une vraie fragilité. Dans une autre version du film, il aurait probablement été central.
Le film joue avec ses thèmes sans trop les creuser : solitude, solidarité dans le chaos urbain, différences sociales, peur de l'abandon. Rien de révolutionnaire, mais replacé dans le contexte de la fin des années 80 (New York post-crise, graffiti partout, atmosphère électrique, violences urbaines encore très présentes), l'idée de faire un Disney dans ce décor avait quelque chose d'audacieux. D'ailleurs, les animateurs ont été envoyés sur place pour observer les rues, les métros, les ponts ; certains ont raconté qu'ils avaient passé des heures à dessiner des voitures garées n'importe comment et des façades en briques délabrées. Cette dimension quasi ethnographique donne une identité unique au film, même si le propos n'est jamais vraiment exploité.
Techniquement, Oliver & compagnie est un patchwork d'expérimentations. On trouve des séquences utilisant les premiers modèles 3D du studio, notamment les voitures de Sykes, ce qui était rare avant La belle et la bête. Certaines scènes ont vieilli, mais d'autres ont une énergie brute qu'on ne retrouve plus aujourd'hui. Les couleurs saturées, les néons, l'animation parfois un peu raide, mais pleine de style… On reconnaît immédiatement l'esthétique « fin des années 80 » : un mélange de spontanéité et de bricolage high-tech.
La bande-son mérite son propre paragraphe. Disney avait joué à fond la carte pop, avec Billy Joel d'un côté, Bette Midler de l'autre. Why should I worry? est sans doute la chanson la plus mémorable du film : un vrai petit tube qui résume parfaitement l'attitude de Dodger. En VF, les chansons tiennent bien la route, même si le style très marqué de la VO se perd un peu. D'ailleurs, Jeffrey Katzenberg avait insisté pour que la musique colle davantage aux tendances contemporaines, ce qui explique cette patte très spécifique qui peut plaire… ou laisser perplexe.
Les acteurs vocaux font le job sans éclat particulier. Ils donnent vie aux personnages, mettent l'énergie qu'il faut, mais on ne retrouve pas la puissance ou l'émotion des grands Disney qui ont suivi. Rien de mauvais, rien de génial, juste des performances qui accompagnent bien le film sans le transcender. La VO, avec Dom DeLuise et Billy Joel, est souvent citée comme plus marquante, mais la VF reste agréable et parfaitement cohérente avec l'époque.
Au final, Oliver & compagnie ressemble à un petit carrefour historique : le film n'est ni un raté, ni un trésor caché, mais une étape curieuse et attachante. Un film qui tente beaucoup, réussit parfois, et passe un peu à côté de sa propre ambition. Le New York animé est superbe, certaines idées sont vraiment bonnes, la musique est fun… mais l'ensemble reste léger, presque trop pour laisser une trace comparable aux « géants » qui ont suivi…
C'est un film qu'on regarde avec plaisir, surtout si on aime les curiosités, les essais, les Disney un peu oubliés de la transition. Parfait pour une soirée nostalgie où l'on veut s'aventurer hors des sentiers battus sans pour autant se lancer dans un chef-d'œuvre intimidant. Et honnêtement, rien que pour Dodger qui frime dans les rues de Manhattan comme s'il sortait d'un studio d'enregistrement, ça vaut le coup d'œil.
L'histoire, elle, reste très simple : Oliver, chaton minuscule et abandonné, tombe sur une troupe de chiens débrouillards qui vivent avec Fagin, un gentil paumé qui doit de l'argent au très menaçant Sykes. Entre les rues crasseuses, les métros, les limousines et les gratte-ciels, Oliver découvre une forme de famille improvisée, jusqu'à ce que Jenny, gamine des quartiers riches, le recueille. Et quand Sykes enlève Jenny pour soutirer une rançon, toute la bande se lance dans une mission de sauvetage qui n'a rien à envier à un film d'action de la même époque. L'intrigue file vite, parfois trop, mais elle ne traîne jamais.
Le scénario, d'ailleurs, a été réécrit un nombre incalculable de fois. On retrouve des traces d'anciennes versions où l'histoire virait beaucoup plus sombre : Sykes aurait pu avoir un passé plus chargé, Fagin devait au départ être vraiment inquiétant, et il existe même un brouillon (abandonné très tôt) où les héros tentaient de voler… un panda d'un zoo new-yorkais. Tout n'a pas survécu, mais ça explique cette impression étrange que le film essaye plein de choses sans jamais pousser une idée jusqu'au bout. C'est un peu le charme et la limite d'Oliver & compagnie : on y sent la recherche, l'hésitation, parfois l'inachevé.
Les personnages, eux, sont pensés comme des archétypes très lisibles : Dodger, le chien cool qu'on imagine parfaitement dans un clip de Billy Joel (ce n'est pas un hasard), Tito le chihuahua grande gueule, Georgette la diva égocentrique. C'est marrant, ça fonctionne sur le moment, mais ça manque un peu de profondeur. Oliver reste adorable, évidemment, mais il n'a pas la force dramatique du Oliver d'Oliver Twist (ce qui peut surprendre quand on se souvient que Disney avait initialement prévu quelque chose de plus fidèle à Charles Dickens). Fagin est sans doute le personnage le plus touchant : il navigue entre la comédie et une vraie fragilité. Dans une autre version du film, il aurait probablement été central.
Le film joue avec ses thèmes sans trop les creuser : solitude, solidarité dans le chaos urbain, différences sociales, peur de l'abandon. Rien de révolutionnaire, mais replacé dans le contexte de la fin des années 80 (New York post-crise, graffiti partout, atmosphère électrique, violences urbaines encore très présentes), l'idée de faire un Disney dans ce décor avait quelque chose d'audacieux. D'ailleurs, les animateurs ont été envoyés sur place pour observer les rues, les métros, les ponts ; certains ont raconté qu'ils avaient passé des heures à dessiner des voitures garées n'importe comment et des façades en briques délabrées. Cette dimension quasi ethnographique donne une identité unique au film, même si le propos n'est jamais vraiment exploité.
Techniquement, Oliver & compagnie est un patchwork d'expérimentations. On trouve des séquences utilisant les premiers modèles 3D du studio, notamment les voitures de Sykes, ce qui était rare avant La belle et la bête. Certaines scènes ont vieilli, mais d'autres ont une énergie brute qu'on ne retrouve plus aujourd'hui. Les couleurs saturées, les néons, l'animation parfois un peu raide, mais pleine de style… On reconnaît immédiatement l'esthétique « fin des années 80 » : un mélange de spontanéité et de bricolage high-tech.
La bande-son mérite son propre paragraphe. Disney avait joué à fond la carte pop, avec Billy Joel d'un côté, Bette Midler de l'autre. Why should I worry? est sans doute la chanson la plus mémorable du film : un vrai petit tube qui résume parfaitement l'attitude de Dodger. En VF, les chansons tiennent bien la route, même si le style très marqué de la VO se perd un peu. D'ailleurs, Jeffrey Katzenberg avait insisté pour que la musique colle davantage aux tendances contemporaines, ce qui explique cette patte très spécifique qui peut plaire… ou laisser perplexe.
Les acteurs vocaux font le job sans éclat particulier. Ils donnent vie aux personnages, mettent l'énergie qu'il faut, mais on ne retrouve pas la puissance ou l'émotion des grands Disney qui ont suivi. Rien de mauvais, rien de génial, juste des performances qui accompagnent bien le film sans le transcender. La VO, avec Dom DeLuise et Billy Joel, est souvent citée comme plus marquante, mais la VF reste agréable et parfaitement cohérente avec l'époque.
Au final, Oliver & compagnie ressemble à un petit carrefour historique : le film n'est ni un raté, ni un trésor caché, mais une étape curieuse et attachante. Un film qui tente beaucoup, réussit parfois, et passe un peu à côté de sa propre ambition. Le New York animé est superbe, certaines idées sont vraiment bonnes, la musique est fun… mais l'ensemble reste léger, presque trop pour laisser une trace comparable aux « géants » qui ont suivi…
C'est un film qu'on regarde avec plaisir, surtout si on aime les curiosités, les essais, les Disney un peu oubliés de la transition. Parfait pour une soirée nostalgie où l'on veut s'aventurer hors des sentiers battus sans pour autant se lancer dans un chef-d'œuvre intimidant. Et honnêtement, rien que pour Dodger qui frime dans les rues de Manhattan comme s'il sortait d'un studio d'enregistrement, ça vaut le coup d'œil.
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