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· Julien   Lepage

Papi-sitter
Philippe Guillard
2019

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Illustration de critique : Papi-sitter
Papi-sitter, réalisé par Philippe Guillard, s'inscrit dans la lignée des comédies familiales françaises, avec une dose de bons sentiments et une pincée de situations rocambolesques. Après Le fils à Jo et On voulait tout casser, ce troisième long-métrage de l'ancien rugbyman met en scène deux grands-pères que tout oppose, forcés de cohabiter pour veiller sur leur petite-fille Camille. Le tout, sous le Soleil des Landes.

L'intrigue repose sur une idée simple : Camille, adolescente à la dérive, doit rattraper une année scolaire chaotique en vue de décrocher son bac. Ses parents, absents pour raisons professionnelles, la confient à ses deux grands-pères, André et Teddy. André, ancien gendarme psychorigide, voit dans cette mission une occasion de redresser la jeune fille à coups de discipline stricte, tandis que Teddy, ex-gérant de boîtes de nuit au tempérament festif, préfère un laissez-faire total. Entre chamailleries, règlements de comptes et moments de complicité inattendue, le trio va apprendre à se connaître, malgré des débuts pour le moins explosifs.

Le scénario, bien que prévisible, joue la carte de la légèreté et de l'humour bon enfant. On sait dès les premières minutes où l'histoire va nous mener : des disputes qui tournent à la comédie de situation, un amour naissant pour Camille en guise de sous-intrigue, et une morale appuyée sur les liens intergénérationnels. Ce n'est pas une révolution, mais cela fonctionne a minima. Pourtant, le récit peine à surprendre, se contentant d'aligner les clichés propres à ce genre de comédie. Les dialogues, souvent poussifs, alternent entre quelques bons mots et des répliques plus convenues, parfois surjouées.

Les personnages, bien qu'archétypaux, parviennent à tirer leur épingle du jeu grâce au contraste marqué entre les deux grands-pères. André, joué par Gérard Lanvin, incarne la rigueur et l'autorité avec une certaine finesse, tandis que Teddy, campé par Olivier Marchal, joue la carte de l'excès et de la désinvolture. Si Lanvin reste fidèle à son image de « bourru au grand cœur », Marchal semble parfois trop dans l'outrance, ce qui peut lasser à force. Camille, interprétée par Camille Aguilar, apporte une fraîcheur bienvenue. Son personnage, bien qu'un peu stéréotypé, est porté avec naturel et charisme, tenant tête à ses deux partenaires chevronnés.

La thématique du conflit générationnel est au cœur du film, mais elle est abordée de manière superficielle. Les tensions entre les grands-pères et leur manière de gérer l'éducation de Camille sont l'occasion de scènes drôles, mais le traitement manque de profondeur. L'idée d'un rapprochement forcé pour le bien de la famille est touchante, mais reste trop survolée pour véritablement émouvoir. En filigrane, le film glisse quelques réflexions sur les méthodes éducatives, mais celles-ci restent anecdotiques, laissant l'impression d'un potentiel inexploité.

Sur le plan technique, Philippe Guillard livre une réalisation classique, sans éclat, mais propre. Les paysages des Landes apportent une touche visuelle agréable, notamment avec les scènes de surf qui ajoutent un peu de dynamisme. La bande-son, discrète, accompagne l'ensemble sans véritablement marquer les esprits. On apprécie néanmoins l'effort de mise en scène pour alterner les intérieurs et les espaces ouverts, ce qui évite une certaine monotonie visuelle.

Si les performances des acteurs principaux restent honorables, ce sont les seconds rôles qui surprennent agréablement. Anne Girouard, connue pour son rôle de Guenièvre dans Kaamelott, et Francis Renaud apportent une touche d'humour et de dérision bienvenue, bien que leur présence soit anecdotique.

En définitive, Papi-sitter s'inscrit dans cette catégorie de comédies françaises « sans prétention », qui ne marquent ni par leur originalité ni par leur profondeur, mais qui offrent un divertissement léger et accessible. Ce n'est pas un film qu'on recommandera avec enthousiasme, mais il peut satisfaire ceux qui cherchent simplement à passer un moment agréable sans grandes attentes. On retiendra surtout la dynamique Lanvin/Marchal et la découverte de Camille Aguilar, mais le tout reste bien trop formaté pour vraiment séduire. À voir sans en attendre plus qu'un sourire ponctuel.
Ma note22%
Vu le 8 Janvier 2025


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