Papa ou maman 2
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Pas besoin d'avoir vu le premier pour comprendre que Papa ou maman 2, réalisé par Martin Bourboulon, prend la suite d'une guerre conjugale qui avait déjà bien dégénéré. Revoilà donc Marina Foïs et Laurent Lafitte en Florence et Vincent, duo infernal d'ex prêts à tout — ou presque — pour empoisonner l'autre, au nom d'un amour qui a mal tourné. Si la première comédie avait cartonné, réunissant trois millions de spectateurs, la suite arrive avec des attentes forcément élevées, et une envie affirmée de ne pas juste rejouer la même partition.
Deux ans ont passé. Florence et Vincent ne sont plus ensemble, leurs enfants ont enfin digéré la séparation, et chacun semble avoir retrouvé un semblant d'équilibre. C'est du moins ce qu'ils croient… jusqu'à ce que deux nouveaux partenaires amoureux entrent dans la danse : Bénédicte pour Vincent, une prof de yoga tout en douceur (interprétée par Sara Giraudeau), et Édouard pour Florence, un startupper un peu grande gueule (joué par Jonathan Cohen). Dès lors, les hostilités reprennent, les enfants trinquent, et le voisinage n'est pas en reste : difficile de rester zen quand deux maisons identiques, face à face, deviennent le théâtre d'un règlement de comptes en haute définition.
Le scénario reprend l'idée maligne du premier film — la guerre post-conjugale portée à un degré d'absurdité assumée — en essayant de l'enrichir d'un nouveau motif : celui de la reconstruction. Sauf que cette reconstruction passe, à nouveau, par la destruction, et que le film peine à se renouveler. Il y a de bonnes idées, comme ce miroir architectural entre les deux maisons ou la scène de lit partagée qui, parait-il, fut improvisée de bout en bout, mais globalement, on sent que le ressort est un peu fatigué. Certains gags s'étirent, d'autres sont des redites à peine maquillées. Le dîner familial de douze minutes, tout droit sorti d'une pièce de théâtre, montre l'ambition, mais laisse sur sa faim par sa relative prévisibilité. On sourit souvent, on rit parfois, mais l'étincelle du premier film se consume doucement.
Le duo Florence/Vincent reste pourtant savoureux, notamment grâce à l'écriture des personnages, toujours un peu plus immatures que leurs enfants. Loin de tout réalisme psychologique, ils agissent comme des ados attardés, incapables de digérer la jalousie ou d'accepter l'idée que l'autre puisse aller de l'avant. Cette mesquinerie assumée est leur moteur comique, mais elle finit par plafonner. Le film aurait pu creuser davantage leurs failles, montrer autre chose que des coups bas et des stratagèmes ridicules. Quant aux enfants, ils gagnent un peu en autonomie narrative, mais restent, la plupart du temps, des spectateurs désabusés du cirque parental.
Il faut reconnaître que Papa ou maman 2 ne s'enferme pas totalement dans le gag pur. Derrière les blagues, on perçoit une tentative (modeste) de parler des recompositions familiales, des tensions post-séparation et de cette étrange zone grise entre haine et affection. Mais le film choisit clairement le camp de la légèreté, quitte à en rester au bord. Là où une comédie comme C'est quoi cette famille ?! jouait la carte du patchwork générationnel avec une tendresse réelle, ici tout est ramené à la bataille d'ego.
Bourboulon, de son côté, garde la main ferme sur le rythme : le film dure à peine 1 h 30, ce qui est plutôt une qualité dans ce genre. La mise en scène est fluide, sans génie mais sans temps mort, et le montage ultra-serré assure une certaine efficacité. On notera aussi une utilisation sobre mais efficace de la musique de Jérôme Rebotier, qui ponctue les moments-clefs sans surligner l'humour.
Le vrai moteur du film reste le duo Foïs/Lafitte. Leur complicité, sur et hors champ, est palpable, leur capacité à décaler les situations toujours vive. Foïs, fidèle à elle-même, apporte une forme de cynisme classe, là où Lafitte tire plus vers le burlesque un peu borderline. Ensemble, ils fonctionnent encore, même si l'effet de surprise est passé. Jonathan Cohen amuse dans un rôle très typé, bien à lui, et Sara Giraudeau joue avec justesse une présence en retrait, ce qui n'est pas si simple dans un film qui cabotine souvent.
J'ai passé un moment pas désagréable, sans non plus être conquis. Le film fait le boulot, avec une énergie certaine, une mécanique bien rodée, et un casting efficace. Mais il aurait gagné à moins répéter ses effets, à explorer davantage ses personnages, et à s'émanciper franchement du canevas du premier épisode. C'est une suite honnête, divertissante, mais qui ne prend pas beaucoup de risques. Pour ceux qui aiment les comédies domestiques survoltées, ça passe. Pour les autres, il manque peut-être un grain de folie en plus, ou un peu plus de profondeur sous les éclats de rire.
Deux ans ont passé. Florence et Vincent ne sont plus ensemble, leurs enfants ont enfin digéré la séparation, et chacun semble avoir retrouvé un semblant d'équilibre. C'est du moins ce qu'ils croient… jusqu'à ce que deux nouveaux partenaires amoureux entrent dans la danse : Bénédicte pour Vincent, une prof de yoga tout en douceur (interprétée par Sara Giraudeau), et Édouard pour Florence, un startupper un peu grande gueule (joué par Jonathan Cohen). Dès lors, les hostilités reprennent, les enfants trinquent, et le voisinage n'est pas en reste : difficile de rester zen quand deux maisons identiques, face à face, deviennent le théâtre d'un règlement de comptes en haute définition.
Le scénario reprend l'idée maligne du premier film — la guerre post-conjugale portée à un degré d'absurdité assumée — en essayant de l'enrichir d'un nouveau motif : celui de la reconstruction. Sauf que cette reconstruction passe, à nouveau, par la destruction, et que le film peine à se renouveler. Il y a de bonnes idées, comme ce miroir architectural entre les deux maisons ou la scène de lit partagée qui, parait-il, fut improvisée de bout en bout, mais globalement, on sent que le ressort est un peu fatigué. Certains gags s'étirent, d'autres sont des redites à peine maquillées. Le dîner familial de douze minutes, tout droit sorti d'une pièce de théâtre, montre l'ambition, mais laisse sur sa faim par sa relative prévisibilité. On sourit souvent, on rit parfois, mais l'étincelle du premier film se consume doucement.
Le duo Florence/Vincent reste pourtant savoureux, notamment grâce à l'écriture des personnages, toujours un peu plus immatures que leurs enfants. Loin de tout réalisme psychologique, ils agissent comme des ados attardés, incapables de digérer la jalousie ou d'accepter l'idée que l'autre puisse aller de l'avant. Cette mesquinerie assumée est leur moteur comique, mais elle finit par plafonner. Le film aurait pu creuser davantage leurs failles, montrer autre chose que des coups bas et des stratagèmes ridicules. Quant aux enfants, ils gagnent un peu en autonomie narrative, mais restent, la plupart du temps, des spectateurs désabusés du cirque parental.
Il faut reconnaître que Papa ou maman 2 ne s'enferme pas totalement dans le gag pur. Derrière les blagues, on perçoit une tentative (modeste) de parler des recompositions familiales, des tensions post-séparation et de cette étrange zone grise entre haine et affection. Mais le film choisit clairement le camp de la légèreté, quitte à en rester au bord. Là où une comédie comme C'est quoi cette famille ?! jouait la carte du patchwork générationnel avec une tendresse réelle, ici tout est ramené à la bataille d'ego.
Bourboulon, de son côté, garde la main ferme sur le rythme : le film dure à peine 1 h 30, ce qui est plutôt une qualité dans ce genre. La mise en scène est fluide, sans génie mais sans temps mort, et le montage ultra-serré assure une certaine efficacité. On notera aussi une utilisation sobre mais efficace de la musique de Jérôme Rebotier, qui ponctue les moments-clefs sans surligner l'humour.
Le vrai moteur du film reste le duo Foïs/Lafitte. Leur complicité, sur et hors champ, est palpable, leur capacité à décaler les situations toujours vive. Foïs, fidèle à elle-même, apporte une forme de cynisme classe, là où Lafitte tire plus vers le burlesque un peu borderline. Ensemble, ils fonctionnent encore, même si l'effet de surprise est passé. Jonathan Cohen amuse dans un rôle très typé, bien à lui, et Sara Giraudeau joue avec justesse une présence en retrait, ce qui n'est pas si simple dans un film qui cabotine souvent.
J'ai passé un moment pas désagréable, sans non plus être conquis. Le film fait le boulot, avec une énergie certaine, une mécanique bien rodée, et un casting efficace. Mais il aurait gagné à moins répéter ses effets, à explorer davantage ses personnages, et à s'émanciper franchement du canevas du premier épisode. C'est une suite honnête, divertissante, mais qui ne prend pas beaucoup de risques. Pour ceux qui aiment les comédies domestiques survoltées, ça passe. Pour les autres, il manque peut-être un grain de folie en plus, ou un peu plus de profondeur sous les éclats de rire.
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