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· Julien   Lepage

Super Mario all-stars
Takashi Tezuka
1993

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Illustration de critique : Super Mario all-stars
En 1993, Nintendo, alors en pleine domination du marché avec sa Super Nintendo, décide de capitaliser sur l'un de ses atouts les plus solides : Super Mario. Mais plutôt que de se contenter d'un simple portage des classiques de la NES, la firme nippone fait les choses en grand et propose Super Mario all-stars, une compilation regroupant Super Mario bros., Super Mario bros. : the lost levels, Super Mario bros. 2 (version occidentale) et Super Mario bros. 3, le tout remis au goût du jour avec des graphismes 16 bits, un réarrangement sonore et, surtout, une fonctionnalité révolutionnaire à l'époque : la possibilité de sauvegarder sa partie. Une bénédiction pour les joueurs habitués à tout recommencer à chaque session.

D'un point de vue gameplay, l'ensemble reste fidèle aux versions originales, et c'est bien là l'essentiel. Super Mario bros. pose les bases du jeu de plateforme moderne avec son level design millimétré, son contrôle précis et son apprentissage naturel des mécaniques. C'est un titre fondateur, toujours aussi agréable à jouer près de 40 ans après sa sortie. Super Mario bros. 3 affine cette formule et l'amène à un degré de perfection rarement égalé en 2D, introduisant une carte du monde, des costumes aux pouvoirs variés et une variété de niveaux qui confèrent au jeu une richesse rarement atteinte à l'époque.

À côté de ces monuments, Super Mario bros. 2 (version occidentale) fait un peu figure d'intrus. Plus proche d'un spin-off que d'une véritable suite, ce titre, adapté de Doki Doki Panic, propose un gameplay atypique où l'on jette des ennemis plutôt que de leur sauter sur la tête. Il a son charme, mais il peine à captiver autant que ses compagnons de cartouche. Quant à The lost levels, la vraie suite de Super Mario bros. sortie initialement au Japon, elle pousse le concept du premier opus vers un try and die particulièrement exigeant, flirtant parfois avec la frustration pure. Un bon jeu, mais réservé aux joueurs les plus persévérants.

Techniquement, cette version SNES apporte une vraie plus-value. Les graphismes, bien que retouchés, respectent l'esthétique originelle tout en lui offrant une meilleure lisibilité et plus de détails. Les musiques, réorchestrées, gagnent en ampleur et en richesse sonore, sans jamais trahir l'essence des compositions originales. L'ajout du système de sauvegarde est probablement la plus grande amélioration en termes de confort de jeu, surtout pour les aventures plus longues comme Super Mario bros. 3.

Évidemment, avec le recul, cette compilation peut sembler être le premier pas d'une longue tradition de recyclage chez Nintendo, une pratique qui se poursuivra avec des rééditions, des remakes et des remasters en pagaille. Mais en 1993, Super Mario all-stars était un petit événement : quatre jeux cultes regroupés dans une seule cartouche, avec un lifting bienvenu et une accessibilité accrue. C'était un cadeau inespéré pour les fans, et une porte d'entrée idéale pour ceux qui avaient manqué la NES.

Difficile, même aujourd'hui, de bouder son plaisir. Certes, certains puristes regretteront des différences subtiles dans la physique du jeu ou un aspect visuel qui uniformise un peu trop les différents opus, mais dans l'ensemble, Super Mario all-stars reste une excellente manière de (re)découvrir ces classiques intemporels. Une cartouche qui a marqué son époque et qui, presque trente ans plus tard, conserve tout son attrait. Un indispensable pour tout amateur de jeux de plateforme.
Ma note78%
Joué le 27 Septembre 2011


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