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· Julien   Lepage

Unirally
DMA Design
1994

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Illustration de critique : Unirally
À une époque où tout le monde jurait par la 3D naissante et où les consoles de nouvelle génération pointaient le bout de leur nez, Unirally débarquait sur Super Nintendo avec un concept aussi absurde que rafraîchissant. Développé par DMA Design, bien avant que le studio ne devienne Rockstar North et n'inonde le monde de jeux controversés et à succès, ce jeu de course arcade misait sur l'originalité en mettant en scène… des monocycles. Pas de pilotes, pas d'équipage, juste des monocycles colorés et animés avec une expressivité cartoonesque qui leur donnait une âme propre. Un choix étrange, mais qui faisait tout son charme.

Le principe est simple : faire la course en enchaînant les acrobaties pour accélérer. Ici, il ne suffit pas juste d'appuyer sur l'accélérateur et de suivre la piste. Pour aller vite, il faut jouer avec la physique du jeu, en exécutant flips et rotations dans les airs avant d'atterrir proprement pour gagner un boost de vitesse. C'est un peu comme du Tony Hawk's pro skater avant l'heure, mais appliqué à une course effrénée où chaque erreur coûte cher. Le level design se rapproche d'ailleurs fortement des circuits sinueux de Sonic the hedgehog, avec ses loopings, ses rampes et ses descentes à toute vitesse qui imposent un vrai sens du timing.

L'un des gros points forts du jeu réside dans sa maniabilité nerveuse et sa sensation de vitesse grisante. Une fois que l'on maîtrise les tricks et les boosts, on ressent une fluidité rare pour un jeu de course en 2D. L'animation impeccable des monocycles et les décors psychédéliques donnent au tout une vraie identité, soutenue par une bande-son rock qui colle parfaitement à l'ambiance. Jouer en solo est un bon challenge, mais c'est surtout à deux que le jeu dévoile son véritable potentiel. Les courses deviennent alors frénétiques, avec un esprit de compétition qui rappelle les meilleurs moments passés sur Micro machines ou Rock'n'Roll racing.

Malgré ses qualités, Unirally n'est pas exempt de défauts. Son principal problème est son manque de contenu sur le long terme. Pas de véritable mode championnat digne de ce nom, juste une succession de défis contre la montre ou contre un adversaire. Un peu dommage quand on voit la solidité du gameplay, qui aurait mérité un cadre plus structuré pour accrocher sur la durée. Autre point frustrant : la vue de profil, qui, si elle permet une lisibilité parfaite des courses, limite la capacité d'anticipation et force parfois le joueur à réagir trop tardivement aux obstacles.

L'histoire du jeu est d'ailleurs entachée d'un incident qui a plombé son avenir commercial. DMA Design a eu la mauvaise idée d'utiliser un style graphique inspiré des animations de Pixar… ce qui n'a pas du tout plu au célèbre studio. Résultat : un procès et une interdiction pour Nintendo de produire de nouvelles cartouches, condamnant Unirally à devenir un titre méconnu et sous-exploité.

Malgré son destin tronqué, Unirally reste un jeu de course atypique et terriblement fun, un de ces ovnis vidéoludiques qui marquent ceux qui ont eu la chance d'y jouer à l'époque. Il a ses imperfections, mais aussi un feeling arcade immédiat qui fonctionne encore aujourd'hui. Pour ceux qui apprécient les jeux de course alternatifs, il mérite largement un détour, ne serait-ce que pour l'adrénaline procurée par ses courses frénétiques et son ambiance unique. Ce n'est peut-être pas un grand classique, mais c'est assurément un jeu qui a du caractère.
Ma note68%
Joué le 30 Juillet 2012


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