Under the dome (saison 1)
Quand j'ai appris que Stephen King lui-même était impliqué dans l'adaptation télévisuelle de son roman Under the dome, j'avoue que ma curiosité a été piquée au vif. D'autant plus quand on sait que King a commencé à écrire cette histoire en 1972, l'a reprise en 1982, pour finalement la terminer en 2009. C'est dire si ce projet lui tenait à cœur ! Avec Brian K. Vaughan aux commandes, un véritable visionnaire du comic book américain qui a fait ses armes sur Lost, et Steven Spielberg à la production, on pouvait s'attendre à un sacré cocktail. Mais comme dirait l'autre, entre l'idée et la réalisation, il y a parfois un monde… ou dans ce cas, un dôme.
L'histoire, sur le papier, a de quoi allécher : la petite ville de Chester's Mill se retrouve du jour au lendemain isolée du reste du monde par un mystérieux dôme invisible. Les habitants, pris au piège, doivent faire face à cette situation pour le moins inhabituelle. On suit principalement Dale « Barbie » Barbara, un vétéran de la guerre en Irak joué par Mike Vogel, qui tente de maintenir un semblant d'ordre face aux ambitions du conseiller municipal James « Big Jim » Rennie, incarné par Dean Norris.
Le scénario jongle entre plusieurs intrigues, certaines plus convaincantes que d'autres. L'aspect « huis clos » de la situation permet d'explorer les réactions humaines face à une crise, un thème cher à King. Cependant, on a parfois l'impression que les scénaristes tirent un peu trop sur la corde, multipliant les rebondissements au détriment de la cohérence. C'est comme si on avait voulu faire tenir un roman-fleuve dans un verre d'eau… résultat, ça déborde par moments.
Il faut dire que l'adaptation a dû faire quelques ajustements par rapport au livre. Par exemple, le personnage de Linda Esquivel, joué par Natalie Martinez, n'existe pas en tant que tel dans le roman. Ces changements, bien que nécessaires pour le format télé, peuvent parfois déstabiliser les fans de l'œuvre originale.
Les personnages sont inégaux, comme dans toute bonne ville américaine qui se respecte. Si certains, comme Big Jim, sont plutôt bien développés au fil des épisodes, d'autres restent malheureusement à l'état de clichés ambulants. On pense notamment à Junior, le fils psychopathe de Big Jim, dont le personnage manque cruellement de nuances. C'est dommage, parce qu'on sent qu'Alexander Koch, qui l'incarne, fait de son mieux avec le matériau qu'on lui donne.
La série aborde des thèmes intéressants comme l'abus de pouvoir, la paranoïa collective ou encore la façon dont une communauté réagit face à l'isolement. Malheureusement, ces sujets sont souvent traités de manière superficielle, comme si on avait peur d'aller trop loin et de perdre le spectateur en route. C'est un peu frustrant, surtout quand on connaît la profondeur que King peut atteindre dans ses écrits.
Côté réalisation, Under the dome se défend plutôt bien pour une série. Les effets spéciaux du dôme sont convaincants, et certains plans aériens donnent une bonne idée de l'ampleur de la situation. Le choix de tourner en Caroline du Nord, dans les villes de Southport et Wilmington, apporte une authenticité bienvenue à Chester's Mill. La bande-son, composée par W. G. Snuffy Walden, contribue efficacement à l'ambiance oppressante de la série.
Les performances des acteurs sont, à l'image de la série, en dents de scie. Dean Norris, fraîchement sorti de son rôle culte dans Breaking bad, est excellent en Big Jim, apportant de la profondeur à un personnage qui aurait pu être caricatural. Mike Vogel, en revanche, peine parfois à convaincre dans le rôle de Barbie, manquant de ce petit truc en plus qui fait les grands héros.
Un petit clin d'œil amusant : dans le troisième épisode, les scénaristes ont glissé une référence au film Les Simpson, où Springfield se retrouve également sous un dôme. Une façon malicieuse de répondre aux accusations infondées de plagiat qui avaient visé King lors de la sortie de son roman.
Au final, cette première saison de Under the dome laisse un sentiment mitigé. Il y a du potentiel, des moments vraiment réussis, mais aussi pas mal de frustrations. C'est comme un bon gâteau qui aurait un peu trop cuit : on apprécie l'effort, mais on ne peut s'empêcher de penser à ce qu'il aurait pu être avec un peu plus d'attention.
Pour les fans de King qui voudraient voir une adaptation plus réussie de son œuvre, je recommanderais plutôt la mini-série 11.22.63 ou encore la récente Castle Rock. Quant à Under the dome, disons que c'est un divertissement correct pour qui aime les séries de science-fiction à mystère, mais ne vous attendez pas à être scotchés à votre écran comme si vous étiez sous le dôme vous-mêmes.
Note : 6 / 10
L'histoire, sur le papier, a de quoi allécher : la petite ville de Chester's Mill se retrouve du jour au lendemain isolée du reste du monde par un mystérieux dôme invisible. Les habitants, pris au piège, doivent faire face à cette situation pour le moins inhabituelle. On suit principalement Dale « Barbie » Barbara, un vétéran de la guerre en Irak joué par Mike Vogel, qui tente de maintenir un semblant d'ordre face aux ambitions du conseiller municipal James « Big Jim » Rennie, incarné par Dean Norris.
Le scénario jongle entre plusieurs intrigues, certaines plus convaincantes que d'autres. L'aspect « huis clos » de la situation permet d'explorer les réactions humaines face à une crise, un thème cher à King. Cependant, on a parfois l'impression que les scénaristes tirent un peu trop sur la corde, multipliant les rebondissements au détriment de la cohérence. C'est comme si on avait voulu faire tenir un roman-fleuve dans un verre d'eau… résultat, ça déborde par moments.
Il faut dire que l'adaptation a dû faire quelques ajustements par rapport au livre. Par exemple, le personnage de Linda Esquivel, joué par Natalie Martinez, n'existe pas en tant que tel dans le roman. Ces changements, bien que nécessaires pour le format télé, peuvent parfois déstabiliser les fans de l'œuvre originale.
Les personnages sont inégaux, comme dans toute bonne ville américaine qui se respecte. Si certains, comme Big Jim, sont plutôt bien développés au fil des épisodes, d'autres restent malheureusement à l'état de clichés ambulants. On pense notamment à Junior, le fils psychopathe de Big Jim, dont le personnage manque cruellement de nuances. C'est dommage, parce qu'on sent qu'Alexander Koch, qui l'incarne, fait de son mieux avec le matériau qu'on lui donne.
La série aborde des thèmes intéressants comme l'abus de pouvoir, la paranoïa collective ou encore la façon dont une communauté réagit face à l'isolement. Malheureusement, ces sujets sont souvent traités de manière superficielle, comme si on avait peur d'aller trop loin et de perdre le spectateur en route. C'est un peu frustrant, surtout quand on connaît la profondeur que King peut atteindre dans ses écrits.
Côté réalisation, Under the dome se défend plutôt bien pour une série. Les effets spéciaux du dôme sont convaincants, et certains plans aériens donnent une bonne idée de l'ampleur de la situation. Le choix de tourner en Caroline du Nord, dans les villes de Southport et Wilmington, apporte une authenticité bienvenue à Chester's Mill. La bande-son, composée par W. G. Snuffy Walden, contribue efficacement à l'ambiance oppressante de la série.
Les performances des acteurs sont, à l'image de la série, en dents de scie. Dean Norris, fraîchement sorti de son rôle culte dans Breaking bad, est excellent en Big Jim, apportant de la profondeur à un personnage qui aurait pu être caricatural. Mike Vogel, en revanche, peine parfois à convaincre dans le rôle de Barbie, manquant de ce petit truc en plus qui fait les grands héros.
Un petit clin d'œil amusant : dans le troisième épisode, les scénaristes ont glissé une référence au film Les Simpson, où Springfield se retrouve également sous un dôme. Une façon malicieuse de répondre aux accusations infondées de plagiat qui avaient visé King lors de la sortie de son roman.
Au final, cette première saison de Under the dome laisse un sentiment mitigé. Il y a du potentiel, des moments vraiment réussis, mais aussi pas mal de frustrations. C'est comme un bon gâteau qui aurait un peu trop cuit : on apprécie l'effort, mais on ne peut s'empêcher de penser à ce qu'il aurait pu être avec un peu plus d'attention.
Pour les fans de King qui voudraient voir une adaptation plus réussie de son œuvre, je recommanderais plutôt la mini-série 11.22.63 ou encore la récente Castle Rock. Quant à Under the dome, disons que c'est un divertissement correct pour qui aime les séries de science-fiction à mystère, mais ne vous attendez pas à être scotchés à votre écran comme si vous étiez sous le dôme vous-mêmes.
Note : 6 / 10
Vu le 25 juin 2024