Zathura : une aventure spatiale
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Derrière un projet familial mis en scène par Jon Favreau, porté par Josh Hutcherson, Jonah Bobo, Dax Shepard et Kristen Stewart, un parfum de curiosité entourait l'arrivée de Zathura au milieu des années 2000. L'idée d'un jeu de société qui dynamite la réalité avait déjà montré son potentiel quelques années plus tôt ; difficile de ne pas avoir en tête Jumanji (du même auteur, Chris Van Allsburg) lorsque celui-ci proposa ce nouveau voyage, cette fois vers les étoiles plutôt que dans la jungle. Cela valait au moins qu'on s'y attarde : l'espace, l'enfance, la maison arrachée à son quartier paisible de banlieue… un mélange qui promettait de secouer meubles, fratrie, et peut-être un peu plus.
L'histoire est limpide : deux frères, Danny et Walter, fouillent la cave et tombent sur un jeu poussiéreux baptisé « Zathura ». Une carte tirée plus tard, des météorites traversent le salon comme si on avait laissé la fenêtre ouverte sur l'infini. Les garçons comprennent qu'ils ne quitteront pas la partie tant qu'ils n'auront pas atteint la fin, et que chaque tour peut leur coûter à la fois leur maison, leur sécurité… et leur relation. Entre attaques de Zorgons affamés, apparitions imprévues d'un astronaute et pièges mécaniques, les étapes du jeu se succèdent avec l'imprévisibilité qu'on attend d'un film d'aventure familial.
Le scénario joue une partition connue, mais efficace : l'épreuve extérieure comme catalyseur d'une réconciliation intime. Le mécanisme narratif n'est pas révolutionnaire, mais on apprécie sa franchise. Certaines cartes du jeu semblent arriver un peu trop facilement pour créer des péripéties préfabriquées : météorites, aliens, cryogénisation involontaire… Par moments, on sent l'étagère à idées plutôt que le souffle épique. Pourtant, quelques trouvailles surnagent, notamment l'apparition de l'astronaute et les implications temporelles qui l'accompagnent. C'est ici que le récit prend un peu d'ampleur, esquissant quelque chose de plus tendre et mélancolique que ce qu'il semblait d'abord promettre.
Les personnages restent dessinés à traits simples. Danny, le benjamin rêveur, cherche l'attention ; Walter, plus dur, s'arrange pour la garder pour lui. Leur dynamique, presque mécanique au début, trouve un peu d'épaisseur au fil des épreuves. L'astronaute leur sert de guide émotionnel autant que de boussole narrative, tandis que Lisa — la grande sœur — flotte dans le décor, trop figée entre deux gags pour vraiment exister. On aurait aimé qu'elle soit davantage intégrée au voyage plutôt qu'en incident running-gag de cryogénisation et d'escapades improbables. On voit ce que le récit tente : une galerie resserrée pour privilégier la fratrie. Mais cette économie, parfois, ressemble davantage à un manque qu'à un choix.
Sous ses péripéties cosmiques, le film parle surtout de famille, de rancœurs enfantines et d'admiration contrariée. L'espace n'est qu'un prétexte scintillant pour apprendre à faire équipe. Le message est clair, presque trop : rien n'est plus dangereux que de jouer seul. Pas de sous-lecture grandiose, mais une manière simple d'incarner l'idée que la maturité surgit souvent au cœur du chaos. Dans une Amérique post-divorce devenue presque routine narrative, cette fratrie ballotée dans l'espace trouve un écho discret, mais sincère. On y croise même l'ombre bienveillante d'une fable morale façon E.T. — la magie en moins, le cliquetis des engrenages en plus.
La mise en scène de Favreau fait le choix respectable (et déjà rétro en 2005) de privilégier les effets pratiques. Plusieurs décors de la maison étaient montés sur plateforme mobile pour simuler la dérive spatiale, et les Zorgons furent incarnés par des costumes signés Stan Winston Studio. Cette approche donne au film une texture tangible, un charme artisanal qu'on ne retrouve pas toujours dans les productions jeunesse de l'époque. L'esthétique rétro-SF, inspirée des illustrations du livre, fonctionne plutôt bien, même si certains passages numériques ont mal vieilli. La photographie reste propre, fonctionnelle, mais rarement inspirée. La bande-son soutient l'ensemble sans vraiment s'imposer, un peu comme un thème qu'on fredonnerait sans jamais le reconnaître.
Du côté du jeu, Jonah Bobo et Josh Hutcherson font le travail honnêtement : c'est parfois un peu forcé, parfois touchant. Dax Shepard trouve un ton mi-héroïque, mi-débonnaire qui lui va plutôt bien, tandis que Kristen Stewart hérite d'un rôle tellement sous-exploité qu'on la regretterait si on avait eu plus le temps de s'y attacher. Tim Robbins, quant à lui, passe presqu'en coup de vent. L'ensemble rappelle davantage une sitcom galactique qu'un véritable drame familial, mais l'énergie reste bon enfant.
Au final, difficile de s'enthousiasmer pleinement, mais tout aussi difficile d'être vraiment sévère. Zathura est un film attachant, soigneusement fabriqué, qui n'atteint jamais l'intensité ou l'imaginaire de Jumanji, mais parvient à tenir sa promesse : une aventure familiale solide, parfois creuse, parfois touchante, jamais désagréable. Une porte d'entrée convenable vers la science-fiction pour les plus jeunes, sans atteindre le souffle des modèles qui l'ont précédée.
L'histoire est limpide : deux frères, Danny et Walter, fouillent la cave et tombent sur un jeu poussiéreux baptisé « Zathura ». Une carte tirée plus tard, des météorites traversent le salon comme si on avait laissé la fenêtre ouverte sur l'infini. Les garçons comprennent qu'ils ne quitteront pas la partie tant qu'ils n'auront pas atteint la fin, et que chaque tour peut leur coûter à la fois leur maison, leur sécurité… et leur relation. Entre attaques de Zorgons affamés, apparitions imprévues d'un astronaute et pièges mécaniques, les étapes du jeu se succèdent avec l'imprévisibilité qu'on attend d'un film d'aventure familial.
Le scénario joue une partition connue, mais efficace : l'épreuve extérieure comme catalyseur d'une réconciliation intime. Le mécanisme narratif n'est pas révolutionnaire, mais on apprécie sa franchise. Certaines cartes du jeu semblent arriver un peu trop facilement pour créer des péripéties préfabriquées : météorites, aliens, cryogénisation involontaire… Par moments, on sent l'étagère à idées plutôt que le souffle épique. Pourtant, quelques trouvailles surnagent, notamment l'apparition de l'astronaute et les implications temporelles qui l'accompagnent. C'est ici que le récit prend un peu d'ampleur, esquissant quelque chose de plus tendre et mélancolique que ce qu'il semblait d'abord promettre.
Les personnages restent dessinés à traits simples. Danny, le benjamin rêveur, cherche l'attention ; Walter, plus dur, s'arrange pour la garder pour lui. Leur dynamique, presque mécanique au début, trouve un peu d'épaisseur au fil des épreuves. L'astronaute leur sert de guide émotionnel autant que de boussole narrative, tandis que Lisa — la grande sœur — flotte dans le décor, trop figée entre deux gags pour vraiment exister. On aurait aimé qu'elle soit davantage intégrée au voyage plutôt qu'en incident running-gag de cryogénisation et d'escapades improbables. On voit ce que le récit tente : une galerie resserrée pour privilégier la fratrie. Mais cette économie, parfois, ressemble davantage à un manque qu'à un choix.
Sous ses péripéties cosmiques, le film parle surtout de famille, de rancœurs enfantines et d'admiration contrariée. L'espace n'est qu'un prétexte scintillant pour apprendre à faire équipe. Le message est clair, presque trop : rien n'est plus dangereux que de jouer seul. Pas de sous-lecture grandiose, mais une manière simple d'incarner l'idée que la maturité surgit souvent au cœur du chaos. Dans une Amérique post-divorce devenue presque routine narrative, cette fratrie ballotée dans l'espace trouve un écho discret, mais sincère. On y croise même l'ombre bienveillante d'une fable morale façon E.T. — la magie en moins, le cliquetis des engrenages en plus.
La mise en scène de Favreau fait le choix respectable (et déjà rétro en 2005) de privilégier les effets pratiques. Plusieurs décors de la maison étaient montés sur plateforme mobile pour simuler la dérive spatiale, et les Zorgons furent incarnés par des costumes signés Stan Winston Studio. Cette approche donne au film une texture tangible, un charme artisanal qu'on ne retrouve pas toujours dans les productions jeunesse de l'époque. L'esthétique rétro-SF, inspirée des illustrations du livre, fonctionne plutôt bien, même si certains passages numériques ont mal vieilli. La photographie reste propre, fonctionnelle, mais rarement inspirée. La bande-son soutient l'ensemble sans vraiment s'imposer, un peu comme un thème qu'on fredonnerait sans jamais le reconnaître.
Du côté du jeu, Jonah Bobo et Josh Hutcherson font le travail honnêtement : c'est parfois un peu forcé, parfois touchant. Dax Shepard trouve un ton mi-héroïque, mi-débonnaire qui lui va plutôt bien, tandis que Kristen Stewart hérite d'un rôle tellement sous-exploité qu'on la regretterait si on avait eu plus le temps de s'y attacher. Tim Robbins, quant à lui, passe presqu'en coup de vent. L'ensemble rappelle davantage une sitcom galactique qu'un véritable drame familial, mais l'énergie reste bon enfant.
Au final, difficile de s'enthousiasmer pleinement, mais tout aussi difficile d'être vraiment sévère. Zathura est un film attachant, soigneusement fabriqué, qui n'atteint jamais l'intensité ou l'imaginaire de Jumanji, mais parvient à tenir sa promesse : une aventure familiale solide, parfois creuse, parfois touchante, jamais désagréable. Une porte d'entrée convenable vers la science-fiction pour les plus jeunes, sans atteindre le souffle des modèles qui l'ont précédée.
Ma note61%
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