N° 403 · Géographie · Tome 4

Comment Hashima, autrefois l’un des lieux les plus densément peuplés au monde, est-elle devenue une île fantôme ?

Sujet : Hashima

Au large de Nagasaki, Hashima dresse sur l’océan ses immeubles éventrés et ses murailles de béton, évoquant la silhouette d’un navire de guerre. Surnommée Gunkanjima, « l’île cuirassé », cette ancienne cité minière a connu une activité intense avant la fermeture de sa mine de charbon en 1974 et le départ de tous ses habitants. Désormais abandonnée, rongée par les tempêtes et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle demeure un saisissant témoin de l’industrialisation du Japon.

Auteur
Julien Lepage
Publié le
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Hashima, case 1 : Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir… Hashima, une ancienne île minière japonaise située au large de Nagasaki. Longue d’environ 480 mètres, elle fut agrandie artificiellement jusqu’à couvrir près de 6,3 hectares. Sa silhouette entourée de murailles lui valut le surnom de Gunkanjima, « l’île-navire de guerre ».
Case 01 — Hashima
Lire la transcription de la case 01

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir… Hashima, une ancienne île minière japonaise située au large de Nagasaki. Longue d’environ 480 mètres, elle fut agrandie artificiellement jusqu’à couvrir près de 6,3 hectares. Sa silhouette entourée de murailles lui valut le surnom de Gunkanjima, « l’île-navire de guerre ».

Hashima, case 2 : Du charbon est exploité localement à Hashima dès le début du XIXᵉ siècle, la date de 1810 étant généralement retenue. L’îlot naturel était alors minuscule : digues, remblais et extensions successives lui donnèrent progressivement sa forme actuelle. Son développement est lié à Takashima, mine voisine où furent introduites des techniques occidentales.
Case 02 — Hashima
Lire la transcription de la case 02

Du charbon est exploité localement à Hashima dès le début du XIXᵉ siècle, la date de 1810 étant généralement retenue. L’îlot naturel était alors minuscule : digues, remblais et extensions successives lui donnèrent progressivement sa forme actuelle. Son développement est lié à Takashima, mine voisine où furent introduites des techniques occidentales.

Hashima, case 3 : En 1890, Mitsubishi acquiert Hashima et transforme l’exploitation en vaste mine sous-marine. Des puits verticaux conduisent à des galeries prolongées sous le fond de la mer, bien au-delà de l’île visible. Ce charbon alimente notamment les navires, les aciéries et l’industrialisation rapide du Japon.
Case 03 — Hashima
Lire la transcription de la case 03

En 1890, Mitsubishi acquiert Hashima et transforme l’exploitation en vaste mine sous-marine. Des puits verticaux conduisent à des galeries prolongées sous le fond de la mer, bien au-delà de l’île visible. Ce charbon alimente notamment les navires, les aciéries et l’industrialisation rapide du Japon.

Hashima, case 4 : Pour loger les mineurs, Hashima devient une ville verticale : logements, école, hôpital, bains, commerces et lieux de loisirs s’empilent sur quelques hectares. Construit en 1916, l’immeuble résidentiel numéro 30 compte parmi les premiers grands bâtiments japonais en béton armé. Les toits servent même de jardins et de terrains de jeu.
Case 04 — Hashima
Lire la transcription de la case 04

Pour loger les mineurs, Hashima devient une ville verticale : logements, école, hôpital, bains, commerces et lieux de loisirs s’empilent sur quelques hectares. Construit en 1916, l’immeuble résidentiel numéro 30 compte parmi les premiers grands bâtiments japonais en béton armé. Les toits servent même de jardins et de terrains de jeu.

Hashima, case 5 : En 1959, la population atteint 5 259 habitants, soit environ 83 500 personnes par kilomètre carré si l’on retient toute la superficie. Les salaires miniers permettent à de nombreux foyers japonais d’acquérir tôt téléviseurs, réfrigérateurs et machines à laver. Mais l’eau, la nourriture et presque toutes les ressources dépendent encore du continent.
Case 05 — Hashima
Lire la transcription de la case 05

En 1959, la population atteint 5 259 habitants, soit environ 83 500 personnes par kilomètre carré si l’on retient toute la superficie. Les salaires miniers permettent à de nombreux foyers japonais d’acquérir tôt téléviseurs, réfrigérateurs et machines à laver. Mais l’eau, la nourriture et presque toutes les ressources dépendent encore du continent.

Hashima, case 6 : Sous l’image moderne de la cité se cachait un métier dangereux : chaleur, humidité, poussières, accidents et maladies pulmonaires. Les mineurs travaillaient courbés dans des galeries parfois éloignées de plusieurs kilomètres du puits. La petite île visible n’était donc que l’entrée d’un territoire industriel souterrain beaucoup plus vaste.
Case 06 — Hashima
Lire la transcription de la case 06

Sous l’image moderne de la cité se cachait un métier dangereux : chaleur, humidité, poussières, accidents et maladies pulmonaires. Les mineurs travaillaient courbés dans des galeries parfois éloignées de plusieurs kilomètres du puits. La petite île visible n’était donc que l’entrée d’un territoire industriel souterrain beaucoup plus vaste.

Hashima, case 7 : Pendant la guerre, plusieurs centaines de Coréens furent envoyés à Hashima dans un système devenu progressivement coercitif, ainsi que des travailleurs chinois. Certains survivants ont raconté la faim, les coups, les retenues salariales et l’impossibilité pratique de quitter l’île. Les chiffres exacts des travailleurs et des morts restent débattus, car les archives sont dispersées ou incomplètes.
Case 07 — Hashima
Lire la transcription de la case 07

Pendant la guerre, plusieurs centaines de Coréens furent envoyés à Hashima dans un système devenu progressivement coercitif, ainsi que des travailleurs chinois. Certains survivants ont raconté la faim, les coups, les retenues salariales et l’impossibilité pratique de quitter l’île. Les chiffres exacts des travailleurs et des morts restent débattus, car les archives sont dispersées ou incomplètes.

Hashima, case 8 : Quand le Japon se tourne vers le pétrole, le charbon perd son rôle central et Mitsubishi ferme la mine en janvier 1974. Les derniers habitants quittent Hashima en avril : en quelques mois, une ville entière devient silencieuse. Mitsubishi transfère finalement l’île à la ville de Nagasaki en 2002.
Case 08 — Hashima
Lire la transcription de la case 08

Quand le Japon se tourne vers le pétrole, le charbon perd son rôle central et Mitsubishi ferme la mine en janvier 1974. Les derniers habitants quittent Hashima en avril : en quelques mois, une ville entière devient silencieuse. Mitsubishi transfère finalement l’île à la ville de Nagasaki en 2002.

Hashima, case 9 : Hashima rouvre partiellement aux visiteurs en 2009, puis rejoint en 2015 un bien UNESCO consacré à l’industrialisation japonaise. L’UNESCO reproche ensuite au Japon de ne pas présenter suffisamment l’histoire complète du travail forcé, malgré des améliorations récentes. Typhons, sel et corrosion menacent désormais les ruines, que Nagasaki documente et stabilise sélectivement.
Case 09 — Hashima
Lire la transcription de la case 09

Hashima rouvre partiellement aux visiteurs en 2009, puis rejoint en 2015 un bien UNESCO consacré à l’industrialisation japonaise. L’UNESCO reproche ensuite au Japon de ne pas présenter suffisamment l’histoire complète du travail forcé, malgré des améliorations récentes. Typhons, sel et corrosion menacent désormais les ruines, que Nagasaki documente et stabilise sélectivement.

Hashima, case 10 : Hashima n’est ni seulement une prouesse industrielle, ni seulement une ville fantôme : elle réunit innovation, vie ouvrière, domination coloniale et fragilité écologique. Les récits de fantômes, de milliers de morts ou d’un tournage de Skyfall sur place sont non prouvés ou exagérés. Son véritable mystère réside dans ses galeries noyées, ses archives incomplètes et les mémoires qu’il reste à réconcilier.
Case 10 — Hashima
Lire la transcription de la case 10

Hashima n’est ni seulement une prouesse industrielle, ni seulement une ville fantôme : elle réunit innovation, vie ouvrière, domination coloniale et fragilité écologique. Les récits de fantômes, de milliers de morts ou d’un tournage de Skyfall sur place sont non prouvés ou exagérés. Son véritable mystère réside dans ses galeries noyées, ses archives incomplètes et les mémoires qu’il reste à réconcilier.

Transcription complète

Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.

  1. Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir… Hashima, une ancienne île minière japonaise située au large de Nagasaki. Longue d’environ 480 mètres, elle fut agrandie artificiellement jusqu’à couvrir près de 6,3 hectares. Sa silhouette entourée de murailles lui valut le surnom de Gunkanjima, « l’île-navire de guerre ».
  2. Case 02 Du charbon est exploité localement à Hashima dès le début du XIXᵉ siècle, la date de 1810 étant généralement retenue. L’îlot naturel était alors minuscule : digues, remblais et extensions successives lui donnèrent progressivement sa forme actuelle. Son développement est lié à Takashima, mine voisine où furent introduites des techniques occidentales.
  3. Case 03 En 1890, Mitsubishi acquiert Hashima et transforme l’exploitation en vaste mine sous-marine. Des puits verticaux conduisent à des galeries prolongées sous le fond de la mer, bien au-delà de l’île visible. Ce charbon alimente notamment les navires, les aciéries et l’industrialisation rapide du Japon.
  4. Case 04 Pour loger les mineurs, Hashima devient une ville verticale : logements, école, hôpital, bains, commerces et lieux de loisirs s’empilent sur quelques hectares. Construit en 1916, l’immeuble résidentiel numéro 30 compte parmi les premiers grands bâtiments japonais en béton armé. Les toits servent même de jardins et de terrains de jeu.
  5. Case 05 En 1959, la population atteint 5 259 habitants, soit environ 83 500 personnes par kilomètre carré si l’on retient toute la superficie. Les salaires miniers permettent à de nombreux foyers japonais d’acquérir tôt téléviseurs, réfrigérateurs et machines à laver. Mais l’eau, la nourriture et presque toutes les ressources dépendent encore du continent.
  6. Case 06 Sous l’image moderne de la cité se cachait un métier dangereux : chaleur, humidité, poussières, accidents et maladies pulmonaires. Les mineurs travaillaient courbés dans des galeries parfois éloignées de plusieurs kilomètres du puits. La petite île visible n’était donc que l’entrée d’un territoire industriel souterrain beaucoup plus vaste.
  7. Case 07 Pendant la guerre, plusieurs centaines de Coréens furent envoyés à Hashima dans un système devenu progressivement coercitif, ainsi que des travailleurs chinois. Certains survivants ont raconté la faim, les coups, les retenues salariales et l’impossibilité pratique de quitter l’île. Les chiffres exacts des travailleurs et des morts restent débattus, car les archives sont dispersées ou incomplètes.
  8. Case 08 Quand le Japon se tourne vers le pétrole, le charbon perd son rôle central et Mitsubishi ferme la mine en janvier 1974. Les derniers habitants quittent Hashima en avril : en quelques mois, une ville entière devient silencieuse. Mitsubishi transfère finalement l’île à la ville de Nagasaki en 2002.
  9. Case 09 Hashima rouvre partiellement aux visiteurs en 2009, puis rejoint en 2015 un bien UNESCO consacré à l’industrialisation japonaise. L’UNESCO reproche ensuite au Japon de ne pas présenter suffisamment l’histoire complète du travail forcé, malgré des améliorations récentes. Typhons, sel et corrosion menacent désormais les ruines, que Nagasaki documente et stabilise sélectivement.
  10. Case 10 Hashima n’est ni seulement une prouesse industrielle, ni seulement une ville fantôme : elle réunit innovation, vie ouvrière, domination coloniale et fragilité écologique. Les récits de fantômes, de milliers de morts ou d’un tournage de Skyfall sur place sont non prouvés ou exagérés. Son véritable mystère réside dans ses galeries noyées, ses archives incomplètes et les mémoires qu’il reste à réconcilier.

Ce qu’il faut retenir

  • Hashima se trouve au large de Nagasaki, dans le sud-ouest du Japon
  • Son surnom Gunkanjima signifie « île cuirassé » et vient de sa silhouette caractéristique
  • L’île a prospéré autour de l’exploitation d’une mine de charbon sous-marine entre 1890 et 1974
  • Sa population a dépassé 5 000 habitants à son apogée, avec une densité exceptionnellement élevée
  • Elle a été entièrement abandonnée après la fermeture de la mine en 1974
  • La mine de Hashima fait partie des sites de la révolution industrielle Meiji inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Sources et crédits

Auteur et responsable éditorial
Julien Lepage
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