N° 244 · Sports et loisirs · Tome 3
Que faut-il savoir sur le calcio florentin ?
Sujet : Le calcio florentin
Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le calcio florentin, aussi appelé calcio storico, un sport collectif né à Florence durant la Renaissance. Ce jeu spectaculaire mêle football, rugby et lutte dans un cocktail unique qui se perpétue depuis près de cinq siècles. Considéré comme le sport d’équipe le plus violent au monde, il oppose chaque année quatre quartiers historiques de Florence sur la Piazza Santa Croce. Loin d’être un simple match, c’est une véritable célébration culturelle qui plonge ses racines dans l’Antiquité romaine. Les origines du calcio remontent à l’harpastum, un jeu pratiqué par les légionnaires de l’Empire romain. Le terme vient du grec « harpazō » signifiant « arracher avec force ». Ce sport très physique se jouait sur des terrains sablonneux avec un ballon de cuir ou de chiffons. Les soldats romains l’ont répandu dans tout l’Empire, notamment à Florence, où il allait se développer. L’harpastum était apprécié pour son caractère viril et ses luttes acharnées pour contrôler la balle.
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- Julien Lepage
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Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le calcio florentin, aussi appelé calcio storico, un sport collectif né à Florence durant la Renaissance. Ce jeu spectaculaire mêle football, rugby et lutte dans un cocktail unique qui se perpétue depuis près de cinq siècles. Considéré comme le sport d’équipe le plus violent au monde, il oppose chaque année quatre quartiers historiques de Florence sur la Piazza Santa Croce. Loin d’être un simple match, c’est une véritable célébration culturelle qui plonge ses racines dans l’Antiquité romaine.
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Les origines du calcio remontent à l’harpastum, un jeu pratiqué par les légionnaires de l’Empire romain. Le terme vient du grec « harpazō » signifiant « arracher avec force ». Ce sport très physique se jouait sur des terrains sablonneux avec un ballon de cuir ou de chiffons. Les soldats romains l’ont répandu dans tout l’Empire, notamment à Florence, où il allait se développer. L’harpastum était apprécié pour son caractère viril et ses luttes acharnées pour contrôler la balle.
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Au Moyen Âge, le calcio se répand dans toute la jeunesse florentine qui le pratique à tous les coins de rue. Avec le temps, pour des raisons d’ordre public, le jeu devient plus organisé. En 1580, Giovanni de Bardi, comte florentin, en rédige le premier règlement officiel. Les joueurs, appelés « calcianti », sont majoritairement des nobles âgés de dix-huit à quarante-cinq ans. Ils portent des livrées somptueuses, d’où les noms « calcio in livrea » et « calcio in costume », et s’affrontent sur les grandes places de la ville.
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Le 17 février 1530 marque l’événement le plus légendaire du calcio florentin. Alors que la ville est assiégée par les troupes espagnoles de Charles Quint, les Florentins organisent un match en plein siège pour narguer l’ennemi. Ce geste de bravoure et de défiance devient un symbole de la fierté florentine. Parmi les joueurs célèbres du calcio figurent des personnalités comme Maffeo Barberini, futur pape Urbain VIII, et plusieurs membres de la famille Médicis. Ces matchs festifs duraient cinquante à soixante minutes devant des foules bruyantes.
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Chaque équipe compte exactement vingt-sept joueurs répartis en rôles précis : quatre « datori indietro » ou gardiens, trois « datori innanzi » ou défenseurs, cinq « sconciatori » ou milieux de terrain, et quinze « innanzi » ou « corridori », les attaquants. Le match dure cinquante minutes sans pause ni remplacement possible pour les blessés. L’objectif est simple : marquer des « caccia », des buts, en envoyant le ballon dans le filet adverse qui s’étend sur toute la largeur du terrain. Un tir raté ou passant au-dessus du but offre un demi-point à l’adversaire, exigeant précision et stratégie.
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La quasi-absence de règles fait du calcio le sport collectif le plus violent au monde. Presque tout est permis : coups de poing, coups de coude, plaquages brutaux, luttes au sol. Seuls interdits : les coups de pied à la tête et les attaques à plus d’un contre un. Les combats un contre un sont encouragés et font partie intégrante de la stratégie. Le match ressemble souvent à une bataille généralisée dans un nuage de poussière. Henri III de France, voyant un match en 1575, aurait déclaré : « C’est trop petit pour qu’on l’appelle la guerre, trop cruel pour qu’on l’appelle un jeu. »
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Chaque année mi-juin, quatre équipes représentent les quartiers historiques de Florence : les Azzurri en bleu pour Santa Croce, les Rossi en rouge pour Santa Maria Novella, les Bianchi en blanc pour Santo Spirito, et les Verdi en vert pour San Giovanni. Deux matchs éliminatoires déterminent les finalistes qui s’affrontent le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, saint patron de Florence. L’équipe victorieuse remporte un palio peint à la main et un veau de race chianina. Mais surtout, elle gagne l’honneur et la fierté pour son quartier. Santa Croce est l’équipe la plus titrée avec plus de vingt victoires depuis 1979.
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Après son âge d’or au XVIe siècle, l’intérêt pour le calcio décline progressivement. Le dernier match documenté avant la période moderne se joue en janvier 1739 sur la Piazza Santa Croce. Pendant deux siècles, le jeu disparaît des places florentines, mais reste gravé dans la mémoire collective. En 1930, sous l’impulsion de Benito Mussolini et d’Alessandro Pavolini, le calcio renaît à l’occasion du quatre centième anniversaire du siège de Florence. Le régime fasciste, attaché au passé glorieux de l’Italie, fait revivre cette tradition pour célébrer l’identité nationale et florentine.
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Aujourd’hui, le calcio storico est bien plus qu’une simple compétition sportive : c’est un événement culturel majeur de Florence. Tous les mois de juin, des milliers de spectateurs, Florentins et touristes, affluent vers la Piazza Santa Croce. Les festivités débutent par un grand défilé historique où plusieurs centaines de participants défilent en costumes Renaissance. En 2017, l’UNESCO a inscrit le calcio storico sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La série Netflix « Home Game » lui a consacré un épisode en 2020, donnant au sport une visibilité mondiale. Les tournois ont parfois été annulés pour violence excessive, notamment en 2006.
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Le calcio florentin incarne l’âme de Florence : un mélange unique de tradition ancestrale, de fierté territoriale et de passion débordante. Né de l’harpastum romain, codifié à la Renaissance, disparu puis ressuscité, ce sport brutal témoigne de la résilience culturelle florentine. Plus qu’un jeu violent, c’est un rituel communautaire où chaque quartier défend son honneur. Entre violence réglementée et célébration festive, entre histoire millénaire et spectacle contemporain, le calcio storico demeure une tradition vivante qui continue de fasciner le monde. Florence garde ainsi vivante une part essentielle de son identité.
Transcription complète
Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.
- Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le calcio florentin, aussi appelé calcio storico, un sport collectif né à Florence durant la Renaissance. Ce jeu spectaculaire mêle football, rugby et lutte dans un cocktail unique qui se perpétue depuis près de cinq siècles. Considéré comme le sport d’équipe le plus violent au monde, il oppose chaque année quatre quartiers historiques de Florence sur la Piazza Santa Croce. Loin d’être un simple match, c’est une véritable célébration culturelle qui plonge ses racines dans l’Antiquité romaine.
- Case 02 Les origines du calcio remontent à l’harpastum, un jeu pratiqué par les légionnaires de l’Empire romain. Le terme vient du grec « harpazō » signifiant « arracher avec force ». Ce sport très physique se jouait sur des terrains sablonneux avec un ballon de cuir ou de chiffons. Les soldats romains l’ont répandu dans tout l’Empire, notamment à Florence, où il allait se développer. L’harpastum était apprécié pour son caractère viril et ses luttes acharnées pour contrôler la balle.
- Case 03 Au Moyen Âge, le calcio se répand dans toute la jeunesse florentine qui le pratique à tous les coins de rue. Avec le temps, pour des raisons d’ordre public, le jeu devient plus organisé. En 1580, Giovanni de Bardi, comte florentin, en rédige le premier règlement officiel. Les joueurs, appelés « calcianti », sont majoritairement des nobles âgés de dix-huit à quarante-cinq ans. Ils portent des livrées somptueuses, d’où les noms « calcio in livrea » et « calcio in costume », et s’affrontent sur les grandes places de la ville.
- Case 04 Le 17 février 1530 marque l’événement le plus légendaire du calcio florentin. Alors que la ville est assiégée par les troupes espagnoles de Charles Quint, les Florentins organisent un match en plein siège pour narguer l’ennemi. Ce geste de bravoure et de défiance devient un symbole de la fierté florentine. Parmi les joueurs célèbres du calcio figurent des personnalités comme Maffeo Barberini, futur pape Urbain VIII, et plusieurs membres de la famille Médicis. Ces matchs festifs duraient cinquante à soixante minutes devant des foules bruyantes.
- Case 05 Chaque équipe compte exactement vingt-sept joueurs répartis en rôles précis : quatre « datori indietro » ou gardiens, trois « datori innanzi » ou défenseurs, cinq « sconciatori » ou milieux de terrain, et quinze « innanzi » ou « corridori », les attaquants. Le match dure cinquante minutes sans pause ni remplacement possible pour les blessés. L’objectif est simple : marquer des « caccia », des buts, en envoyant le ballon dans le filet adverse qui s’étend sur toute la largeur du terrain. Un tir raté ou passant au-dessus du but offre un demi-point à l’adversaire, exigeant précision et stratégie.
- Case 06 La quasi-absence de règles fait du calcio le sport collectif le plus violent au monde. Presque tout est permis : coups de poing, coups de coude, plaquages brutaux, luttes au sol. Seuls interdits : les coups de pied à la tête et les attaques à plus d’un contre un. Les combats un contre un sont encouragés et font partie intégrante de la stratégie. Le match ressemble souvent à une bataille généralisée dans un nuage de poussière. Henri III de France, voyant un match en 1575, aurait déclaré : « C’est trop petit pour qu’on l’appelle la guerre, trop cruel pour qu’on l’appelle un jeu. »
- Case 07 Chaque année mi-juin, quatre équipes représentent les quartiers historiques de Florence : les Azzurri en bleu pour Santa Croce, les Rossi en rouge pour Santa Maria Novella, les Bianchi en blanc pour Santo Spirito, et les Verdi en vert pour San Giovanni. Deux matchs éliminatoires déterminent les finalistes qui s’affrontent le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, saint patron de Florence. L’équipe victorieuse remporte un palio peint à la main et un veau de race chianina. Mais surtout, elle gagne l’honneur et la fierté pour son quartier. Santa Croce est l’équipe la plus titrée avec plus de vingt victoires depuis 1979.
- Case 08 Après son âge d’or au XVIe siècle, l’intérêt pour le calcio décline progressivement. Le dernier match documenté avant la période moderne se joue en janvier 1739 sur la Piazza Santa Croce. Pendant deux siècles, le jeu disparaît des places florentines, mais reste gravé dans la mémoire collective. En 1930, sous l’impulsion de Benito Mussolini et d’Alessandro Pavolini, le calcio renaît à l’occasion du quatre centième anniversaire du siège de Florence. Le régime fasciste, attaché au passé glorieux de l’Italie, fait revivre cette tradition pour célébrer l’identité nationale et florentine.
- Case 09 Aujourd’hui, le calcio storico est bien plus qu’une simple compétition sportive : c’est un événement culturel majeur de Florence. Tous les mois de juin, des milliers de spectateurs, Florentins et touristes, affluent vers la Piazza Santa Croce. Les festivités débutent par un grand défilé historique où plusieurs centaines de participants défilent en costumes Renaissance. En 2017, l’UNESCO a inscrit le calcio storico sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La série Netflix « Home Game » lui a consacré un épisode en 2020, donnant au sport une visibilité mondiale. Les tournois ont parfois été annulés pour violence excessive, notamment en 2006.
- Case 10 Le calcio florentin incarne l’âme de Florence : un mélange unique de tradition ancestrale, de fierté territoriale et de passion débordante. Né de l’harpastum romain, codifié à la Renaissance, disparu puis ressuscité, ce sport brutal témoigne de la résilience culturelle florentine. Plus qu’un jeu violent, c’est un rituel communautaire où chaque quartier défend son honneur. Entre violence réglementée et célébration festive, entre histoire millénaire et spectacle contemporain, le calcio storico demeure une tradition vivante qui continue de fasciner le monde. Florence garde ainsi vivante une part essentielle de son identité.
Sources et crédits
- Auteur et responsable éditorial
- Julien Lepage
- Date de publication
Les références principales de cet ancien sujet sont en cours d’ajout. La bibliographie de l’encyclopédie est enrichie progressivement.
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ISBN-13 : 979-8196766626