N° 358 · Figures historiques · Tome 4

Julie d’Aubigny était-elle réellement une cantatrice qui défiait ses adversaires en duel, ou son incroyable existence a-t-elle été embellie par la légende ?

Sujet : Julie d’Aubigny

À la fin du XVIIe siècle, Julie d’Aubigny, dite « La Maupin », s’imposa comme cantatrice à l’Académie royale de musique tout en cultivant une réputation de redoutable duelliste. Habillée tantôt en femme, tantôt en homme, elle aurait multiplié les aventures amoureuses, les provocations et les combats à l’épée, au point de devenir une figure presque romanesque. Sa carrière artistique est bien attestée, mais de nombreux épisodes spectaculaires de sa vie reposent sur des récits tardifs ou difficiles à vérifier, tandis que son destin inspira notamment le roman Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier.

Auteur
Julien Lepage
Publié le
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2 min
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Julie d’Aubigny, case 1 : Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une femme française du XVIIe siècle : duelliste, chanteuse d’opéra, fugitive recherchée. Son nom : Julie d’Aubigny, plus connue sous le surnom de La Maupin. Une vie si extraordinaire qu’elle a longtemps semblé inventée.
Case 01 — Julie d’Aubigny
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Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une femme française du XVIIe siècle : duelliste, chanteuse d’opéra, fugitive recherchée. Son nom : Julie d’Aubigny, plus connue sous le surnom de La Maupin. Une vie si extraordinaire qu’elle a longtemps semblé inventée.

Julie d’Aubigny, case 2 : Née vers 1670-1673, Julie grandit dans les écuries royales de Versailles. Son père, maître d’armes chargé de former les pages du roi, lui enseigne l’escrime comme aux garçons. Fait rare pour l’époque : elle apprend aussi la danse, le dessin et la lecture, dans une éducation mixte inhabituelle.
Case 02 — Julie d’Aubigny
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Née vers 1670-1673, Julie grandit dans les écuries royales de Versailles. Son père, maître d’armes chargé de former les pages du roi, lui enseigne l’escrime comme aux garçons. Fait rare pour l’époque : elle apprend aussi la danse, le dessin et la lecture, dans une éducation mixte inhabituelle.

Julie d’Aubigny, case 3 : Vers 1687, elle s’enfuit avec un maître d’armes nommé Sérannes, recherché pour un duel illégal — strictement interdit par Louis XIV. Le couple sillonne la France, vivant de démonstrations d’escrime et de chants dans les tavernes. Julie se travestit alors régulièrement en homme pour ces spectacles.
Case 03 — Julie d’Aubigny
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Vers 1687, elle s’enfuit avec un maître d’armes nommé Sérannes, recherché pour un duel illégal — strictement interdit par Louis XIV. Le couple sillonne la France, vivant de démonstrations d’escrime et de chants dans les tavernes. Julie se travestit alors régulièrement en homme pour ces spectacles.

Julie d’Aubigny, case 4 : L’épisode le plus célèbre : Julie se serait fait admettre comme novice dans un couvent d’Avignon pour retrouver une amante éloignée par sa famille, puis aurait organisé une évasion en mettant le feu à une cellule. Condamnée par contumace au bûcher, elle échappe à cette sentence et reste en fuite.
Case 04 — Julie d’Aubigny
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L’épisode le plus célèbre : Julie se serait fait admettre comme novice dans un couvent d’Avignon pour retrouver une amante éloignée par sa famille, puis aurait organisé une évasion en mettant le feu à une cellule. Condamnée par contumace au bûcher, elle échappe à cette sentence et reste en fuite.

Julie d’Aubigny, case 5 : Mais attention : très peu d’archives fiables subsistent sur cette période de sa vie. L’incendie du couvent n’est documenté que par des biographies écrites plus d’un siècle après les faits, jamais par l’acte de jugement original. Beaucoup d’historiens distinguent donc les faits avérés des récits amplifiés.
Case 05 — Julie d’Aubigny
Lire la transcription de la case 05

Mais attention : très peu d’archives fiables subsistent sur cette période de sa vie. L’incendie du couvent n’est documenté que par des biographies écrites plus d’un siècle après les faits, jamais par l’acte de jugement original. Beaucoup d’historiens distinguent donc les faits avérés des récits amplifiés.

Julie d’Aubigny, case 6 : De retour à Paris vers 1690, elle intègre l’Opéra sous le nom de Mademoiselle de Maupin et débute dans Cadmus et Hermione de Lully. Sa voix de contralto — grave pour une femme — la pousse vers des rôles de déesses et de guerrières plutôt que les rôles ingénus réservés aux sopranos.
Case 06 — Julie d’Aubigny
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De retour à Paris vers 1690, elle intègre l’Opéra sous le nom de Mademoiselle de Maupin et débute dans Cadmus et Hermione de Lully. Sa voix de contralto — grave pour une femme — la pousse vers des rôles de déesses et de guerrières plutôt que les rôles ingénus réservés aux sopranos.

Julie d’Aubigny, case 7 : Habituée à se travestir, elle aurait provoqué trois hommes en duel lors d’un bal après avoir courtisé une femme devant eux — et les aurait vaincus tous les trois. Convoquée devant Louis XIV, celui-ci l’aurait graciée en rappelant que l’interdiction du duel ne visait que les hommes.
Case 07 — Julie d’Aubigny
Lire la transcription de la case 07

Habituée à se travestir, elle aurait provoqué trois hommes en duel lors d’un bal après avoir courtisé une femme devant eux — et les aurait vaincus tous les trois. Convoquée devant Louis XIV, celui-ci l’aurait graciée en rappelant que l’interdiction du duel ne visait que les hommes.

Julie d’Aubigny, case 8 : Sa vie amoureuse mêle hommes et femmes sans qu’elle s’en cache, ce qui en fait aujourd’hui une figure souvent qualifiée de bisexuelle ou queer. Sa relation la plus durable et la plus discrète fut avec la marquise de Florensac, entre 1703 et 1705 — étonnamment absente des ragots de l’époque.
Case 08 — Julie d’Aubigny
Lire la transcription de la case 08

Sa vie amoureuse mêle hommes et femmes sans qu’elle s’en cache, ce qui en fait aujourd’hui une figure souvent qualifiée de bisexuelle ou queer. Sa relation la plus durable et la plus discrète fut avec la marquise de Florensac, entre 1703 et 1705 — étonnamment absente des ragots de l’époque.

Julie d’Aubigny, case 9 : Anéantie par la mort de Florensac, Julie quitte la scène pour de bon en 1705 et se retire, probablement dans un couvent provençal. Elle meurt en 1707, à environ 33 ans — mais ni le lieu exact ni la cause de sa mort ne sont connus : elle n’a aucune tombe identifiée.
Case 09 — Julie d’Aubigny
Lire la transcription de la case 09

Anéantie par la mort de Florensac, Julie quitte la scène pour de bon en 1705 et se retire, probablement dans un couvent provençal. Elle meurt en 1707, à environ 33 ans — mais ni le lieu exact ni la cause de sa mort ne sont connus : elle n’a aucune tombe identifiée.

Julie d’Aubigny, case 10 : Entre duels avérés et légendes amplifiées par deux siècles de biographies, Julie d’Aubigny reste insaisissable — mais c’est peut-être ce flou même qui a fait sa légende. Icône queer, féministe ou simple fait divers grossi : et vous, quelle version retenez-vous ?
Case 10 — Julie d’Aubigny
Lire la transcription de la case 10

Entre duels avérés et légendes amplifiées par deux siècles de biographies, Julie d’Aubigny reste insaisissable — mais c’est peut-être ce flou même qui a fait sa légende. Icône queer, féministe ou simple fait divers grossi : et vous, quelle version retenez-vous ?

Transcription complète

Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.

  1. Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une femme française du XVIIe siècle : duelliste, chanteuse d’opéra, fugitive recherchée. Son nom : Julie d’Aubigny, plus connue sous le surnom de La Maupin. Une vie si extraordinaire qu’elle a longtemps semblé inventée.
  2. Case 02 Née vers 1670-1673, Julie grandit dans les écuries royales de Versailles. Son père, maître d’armes chargé de former les pages du roi, lui enseigne l’escrime comme aux garçons. Fait rare pour l’époque : elle apprend aussi la danse, le dessin et la lecture, dans une éducation mixte inhabituelle.
  3. Case 03 Vers 1687, elle s’enfuit avec un maître d’armes nommé Sérannes, recherché pour un duel illégal — strictement interdit par Louis XIV. Le couple sillonne la France, vivant de démonstrations d’escrime et de chants dans les tavernes. Julie se travestit alors régulièrement en homme pour ces spectacles.
  4. Case 04 L’épisode le plus célèbre : Julie se serait fait admettre comme novice dans un couvent d’Avignon pour retrouver une amante éloignée par sa famille, puis aurait organisé une évasion en mettant le feu à une cellule. Condamnée par contumace au bûcher, elle échappe à cette sentence et reste en fuite.
  5. Case 05 Mais attention : très peu d’archives fiables subsistent sur cette période de sa vie. L’incendie du couvent n’est documenté que par des biographies écrites plus d’un siècle après les faits, jamais par l’acte de jugement original. Beaucoup d’historiens distinguent donc les faits avérés des récits amplifiés.
  6. Case 06 De retour à Paris vers 1690, elle intègre l’Opéra sous le nom de Mademoiselle de Maupin et débute dans Cadmus et Hermione de Lully. Sa voix de contralto — grave pour une femme — la pousse vers des rôles de déesses et de guerrières plutôt que les rôles ingénus réservés aux sopranos.
  7. Case 07 Habituée à se travestir, elle aurait provoqué trois hommes en duel lors d’un bal après avoir courtisé une femme devant eux — et les aurait vaincus tous les trois. Convoquée devant Louis XIV, celui-ci l’aurait graciée en rappelant que l’interdiction du duel ne visait que les hommes.
  8. Case 08 Sa vie amoureuse mêle hommes et femmes sans qu’elle s’en cache, ce qui en fait aujourd’hui une figure souvent qualifiée de bisexuelle ou queer. Sa relation la plus durable et la plus discrète fut avec la marquise de Florensac, entre 1703 et 1705 — étonnamment absente des ragots de l’époque.
  9. Case 09 Anéantie par la mort de Florensac, Julie quitte la scène pour de bon en 1705 et se retire, probablement dans un couvent provençal. Elle meurt en 1707, à environ 33 ans — mais ni le lieu exact ni la cause de sa mort ne sont connus : elle n’a aucune tombe identifiée.
  10. Case 10 Entre duels avérés et légendes amplifiées par deux siècles de biographies, Julie d’Aubigny reste insaisissable — mais c’est peut-être ce flou même qui a fait sa légende. Icône queer, féministe ou simple fait divers grossi : et vous, quelle version retenez-vous ?

Ce qu’il faut retenir

  • Julie d’Aubigny serait née vers 1670 et mourut en 1707
  • Elle était connue sous les noms de La Maupin et Mademoiselle Maupin
  • Elle mena une carrière de cantatrice à l’Académie royale de musique
  • Sa voix grave lui permit d’interpréter d’importants rôles féminins dans l’opéra français
  • Elle acquit une réputation de duelliste habile à l’épée
  • Ses relations avec des femmes comme avec des hommes occupent une place importante dans les récits consacrés à sa vie
  • Certaines aventures qui lui sont attribuées, notamment une fuite spectaculaire hors d’un couvent, restent difficiles à distinguer de la légende
  • Théophile Gautier s’inspira librement de sa vie pour son roman Mademoiselle de Maupin, publié en 1835
  • Le personnage du roman ne constitue pas une biographie fidèle de la cantatrice

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Auteur et responsable éditorial
Julien Lepage
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