N° 351 · Physique · Tome 4

Comment l’atmosphère transforme-t-elle la lumière en spectacles célestes ?

Sujet : Les phénomènes optiques

Halos, parhélies, mirages, gloires et piliers lumineux semblent parfois surnaturels, mais tous résultent d’interactions précises entre la lumière et l’atmosphère. Cristaux de glace, gouttelettes d’eau et couches d’air dévient, réfléchissent ou diffractent les rayons lumineux pour faire apparaître des formes et des couleurs étonnantes. Certains phénomènes sont fréquents, mais passent inaperçus simplement parce que nous ne levons pas assez souvent les yeux.

Auteur
Julien Lepage
Publié le
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Les phénomènes optiques, case 1 : Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une famille de phénomènes que vous avez probablement croisés sans les reconnaître : les phénomènes optiques atmosphériques. Lumière, air, glace et eau transforment notre ciel en un théâtre de l’improbable — et tout cela obéit à des lois précises. Prêts ?
Case 01 — Les phénomènes optiques
Lire la transcription de la case 01

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une famille de phénomènes que vous avez probablement croisés sans les reconnaître : les phénomènes optiques atmosphériques. Lumière, air, glace et eau transforment notre ciel en un théâtre de l’improbable — et tout cela obéit à des lois précises. Prêts ?

Les phénomènes optiques, case 2 : Ces phénomènes forment une famille scientifique nommée photométéores — tout phénomène lumineux produit par réflexion, réfraction, diffraction ou interférence de la lumière solaire ou lunaire dans l’atmosphère. Leur classification est ancienne : les astronomes du XIXe siècle en dressaient déjà des catalogues illustrés. Le cristallographe Auguste Bravais leur a consacré 270 pages en 1847 à l’École polytechnique.
Case 02 — Les phénomènes optiques
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Ces phénomènes forment une famille scientifique nommée photométéores — tout phénomène lumineux produit par réflexion, réfraction, diffraction ou interférence de la lumière solaire ou lunaire dans l’atmosphère. Leur classification est ancienne : les astronomes du XIXe siècle en dressaient déjà des catalogues illustrés. Le cristallographe Auguste Bravais leur a consacré 270 pages en 1847 à l’École polytechnique.

Les phénomènes optiques, case 3 : Ce spectacle de trois soleils s’appelle un parhélie — du grec « auprès du soleil ». Il se produit quand des cristaux de glace hexagonaux en forme de plaquettes tombent horizontalement, réfractant la lumière à exactement 22° de chaque côté de l’astre. Ce n’est pas rare : en Europe, on en observait un tous les quatre jours au début des années 2000. Nous ne levons tout simplement pas assez les yeux.
Case 03 — Les phénomènes optiques
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Ce spectacle de trois soleils s’appelle un parhélie — du grec « auprès du soleil ». Il se produit quand des cristaux de glace hexagonaux en forme de plaquettes tombent horizontalement, réfractant la lumière à exactement 22° de chaque côté de l’astre. Ce n’est pas rare : en Europe, on en observait un tous les quatre jours au début des années 2000. Nous ne levons tout simplement pas assez les yeux.

Les phénomènes optiques, case 4 : Le rayon vert : quelques secondes de lumière émeraude au sommet du soleil couchant, quand l’atmosphère disperse comme un prisme géant et qu’il ne reste plus que le vert visible. Jules Verne lui a consacré un roman entier en 1882 — et ce roman a littéralement déclenché une vague d’observations scientifiques là où il n’existait presque aucune documentation. La légende écossaise disait : qui voit le rayon vert voit clair dans son propre cœur.
Case 04 — Les phénomènes optiques
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Le rayon vert : quelques secondes de lumière émeraude au sommet du soleil couchant, quand l’atmosphère disperse comme un prisme géant et qu’il ne reste plus que le vert visible. Jules Verne lui a consacré un roman entier en 1882 — et ce roman a littéralement déclenché une vague d’observations scientifiques là où il n’existait presque aucune documentation. La légende écossaise disait : qui voit le rayon vert voit clair dans son propre cœur.

Les phénomènes optiques, case 5 : Le ruban violet, c’est STEVE — Strong Thermal Emission Velocity Enhancement. Observé depuis des années par des amateurs d’aurores, nommé en 2016 par le groupe Facebook Alberta Aurora Chasers d’après un film d’animation, puis étudié par l’ESA via ses satellites SWARM. Verdict : ce n’est pas une aurore. STEVE est produit par la friction thermique d’un flux ionique rapide — sans cascade de particules. Son mécanisme précis reste partiellement non résolu aujourd’hui.
Case 05 — Les phénomènes optiques
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Le ruban violet, c’est STEVE — Strong Thermal Emission Velocity Enhancement. Observé depuis des années par des amateurs d’aurores, nommé en 2016 par le groupe Facebook Alberta Aurora Chasers d’après un film d’animation, puis étudié par l’ESA via ses satellites SWARM. Verdict : ce n’est pas une aurore. STEVE est produit par la friction thermique d’un flux ionique rapide — sans cascade de particules. Son mécanisme précis reste partiellement non résolu aujourd’hui.

Les phénomènes optiques, case 6 : Tout repose sur la géométrie. Les cristaux de glace atmosphériques sont hexagonaux — en colonnes ou en plaquettes selon leur altitude. L’angle de réfraction minimal d’un prisme à 60° est de 22° : c’est pourquoi les halos solaires les plus communs ont exactement 22° de rayon. L’arc circumhorizontal exige un soleil à plus de 58° d’élévation, les cristaux orientés à 90°, produisant des couleurs plus pures qu’un arc-en-ciel.
Case 06 — Les phénomènes optiques
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Tout repose sur la géométrie. Les cristaux de glace atmosphériques sont hexagonaux — en colonnes ou en plaquettes selon leur altitude. L’angle de réfraction minimal d’un prisme à 60° est de 22° : c’est pourquoi les halos solaires les plus communs ont exactement 22° de rayon. L’arc circumhorizontal exige un soleil à plus de 58° d’élévation, les cristaux orientés à 90°, produisant des couleurs plus pures qu’un arc-en-ciel.

Les phénomènes optiques, case 7 : Le spectre de Brocken : votre propre ombre, projetée et amplifiée sur un nuage en contrebas, entourée d’une couronne arc-en-ciel — la gloire. Nommé après le sommet du Harz en Allemagne, recouvert de brouillard 300 jours par an. Certains spécialistes pensent que des observations de Bigfoot ou de Yéti pourraient être des spectres de Brocken mal interprétés dans la brume. La gloire elle-même reste un problème théorique : la diffraction simple est insuffisante — des ondes de surface sur les gouttelettes semblent impliquées.
Case 07 — Les phénomènes optiques
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Le spectre de Brocken : votre propre ombre, projetée et amplifiée sur un nuage en contrebas, entourée d’une couronne arc-en-ciel — la gloire. Nommé après le sommet du Harz en Allemagne, recouvert de brouillard 300 jours par an. Certains spécialistes pensent que des observations de Bigfoot ou de Yéti pourraient être des spectres de Brocken mal interprétés dans la brume. La gloire elle-même reste un problème théorique : la diffraction simple est insuffisante — des ondes de surface sur les gouttelettes semblent impliquées.

Les phénomènes optiques, case 8 : Ces colonnes de lumière ne sont pas des rayons laser ni des projecteurs : ce sont des piliers de lumière, créés par la réflexion des lampadaires sur des cristaux de glace hexagonaux en suspension dans l’air calme entre −8 et −25 °C. La même physique que les parhélies, mais à l’envers : la lumière vient d’en bas. En Corée du Sud, des bateaux de pêche de calmars équipés de projecteurs intenses ont créé en 2017 des forêts entières de piliers bleutés visibles à des kilomètres.
Case 08 — Les phénomènes optiques
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Ces colonnes de lumière ne sont pas des rayons laser ni des projecteurs : ce sont des piliers de lumière, créés par la réflexion des lampadaires sur des cristaux de glace hexagonaux en suspension dans l’air calme entre −8 et −25 °C. La même physique que les parhélies, mais à l’envers : la lumière vient d’en bas. En Corée du Sud, des bateaux de pêche de calmars équipés de projecteurs intenses ont créé en 2017 des forêts entières de piliers bleutés visibles à des kilomètres.

Les phénomènes optiques, case 9 : La Fata Morgana — nommée d’après la Fée Morgane des légendes arthuriennes — est un mirage complexe superposant plusieurs images inversées et redressées d’objets lointains. Elle a fait naître la légende du Hollandais volant dès le XVIIe siècle. Les premiers croisés qui l’observèrent dans le détroit de Messine crurent que la magicienne faisait léviter des châteaux. Les frères Gruber furent les premiers à la reproduire en laboratoire, au-dessus du lac Cerknica en Slovénie, entre 1740 et 1806.
Case 09 — Les phénomènes optiques
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La Fata Morgana — nommée d’après la Fée Morgane des légendes arthuriennes — est un mirage complexe superposant plusieurs images inversées et redressées d’objets lointains. Elle a fait naître la légende du Hollandais volant dès le XVIIe siècle. Les premiers croisés qui l’observèrent dans le détroit de Messine crurent que la magicienne faisait léviter des châteaux. Les frères Gruber furent les premiers à la reproduire en laboratoire, au-dessus du lac Cerknica en Slovénie, entre 1740 et 1806.

Les phénomènes optiques, case 10 : Des parhélies aux aurores, de STEVE aux gloires, chaque phénomène repose sur les mêmes ingrédients — lumière, matière, géométrie —, mais se révèle dans des conditions si précises qu’ils semblent des cadeaux. La bonne nouvelle : ils sont là tout le temps. Ce qui est rare, c’est simplement de lever les yeux. Et parfois, comme ici depuis ce hublot, l’atmosphère vous offre un soleil que vous seul pouvez voir.
Case 10 — Les phénomènes optiques
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Des parhélies aux aurores, de STEVE aux gloires, chaque phénomène repose sur les mêmes ingrédients — lumière, matière, géométrie —, mais se révèle dans des conditions si précises qu’ils semblent des cadeaux. La bonne nouvelle : ils sont là tout le temps. Ce qui est rare, c’est simplement de lever les yeux. Et parfois, comme ici depuis ce hublot, l’atmosphère vous offre un soleil que vous seul pouvez voir.

Transcription complète

Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.

  1. Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une famille de phénomènes que vous avez probablement croisés sans les reconnaître : les phénomènes optiques atmosphériques. Lumière, air, glace et eau transforment notre ciel en un théâtre de l’improbable — et tout cela obéit à des lois précises. Prêts ?
  2. Case 02 Ces phénomènes forment une famille scientifique nommée photométéores — tout phénomène lumineux produit par réflexion, réfraction, diffraction ou interférence de la lumière solaire ou lunaire dans l’atmosphère. Leur classification est ancienne : les astronomes du XIXe siècle en dressaient déjà des catalogues illustrés. Le cristallographe Auguste Bravais leur a consacré 270 pages en 1847 à l’École polytechnique.
  3. Case 03 Ce spectacle de trois soleils s’appelle un parhélie — du grec « auprès du soleil ». Il se produit quand des cristaux de glace hexagonaux en forme de plaquettes tombent horizontalement, réfractant la lumière à exactement 22° de chaque côté de l’astre. Ce n’est pas rare : en Europe, on en observait un tous les quatre jours au début des années 2000. Nous ne levons tout simplement pas assez les yeux.
  4. Case 04 Le rayon vert : quelques secondes de lumière émeraude au sommet du soleil couchant, quand l’atmosphère disperse comme un prisme géant et qu’il ne reste plus que le vert visible. Jules Verne lui a consacré un roman entier en 1882 — et ce roman a littéralement déclenché une vague d’observations scientifiques là où il n’existait presque aucune documentation. La légende écossaise disait : qui voit le rayon vert voit clair dans son propre cœur.
  5. Case 05 Le ruban violet, c’est STEVE — Strong Thermal Emission Velocity Enhancement. Observé depuis des années par des amateurs d’aurores, nommé en 2016 par le groupe Facebook Alberta Aurora Chasers d’après un film d’animation, puis étudié par l’ESA via ses satellites SWARM. Verdict : ce n’est pas une aurore. STEVE est produit par la friction thermique d’un flux ionique rapide — sans cascade de particules. Son mécanisme précis reste partiellement non résolu aujourd’hui.
  6. Case 06 Tout repose sur la géométrie. Les cristaux de glace atmosphériques sont hexagonaux — en colonnes ou en plaquettes selon leur altitude. L’angle de réfraction minimal d’un prisme à 60° est de 22° : c’est pourquoi les halos solaires les plus communs ont exactement 22° de rayon. L’arc circumhorizontal exige un soleil à plus de 58° d’élévation, les cristaux orientés à 90°, produisant des couleurs plus pures qu’un arc-en-ciel.
  7. Case 07 Le spectre de Brocken : votre propre ombre, projetée et amplifiée sur un nuage en contrebas, entourée d’une couronne arc-en-ciel — la gloire. Nommé après le sommet du Harz en Allemagne, recouvert de brouillard 300 jours par an. Certains spécialistes pensent que des observations de Bigfoot ou de Yéti pourraient être des spectres de Brocken mal interprétés dans la brume. La gloire elle-même reste un problème théorique : la diffraction simple est insuffisante — des ondes de surface sur les gouttelettes semblent impliquées.
  8. Case 08 Ces colonnes de lumière ne sont pas des rayons laser ni des projecteurs : ce sont des piliers de lumière, créés par la réflexion des lampadaires sur des cristaux de glace hexagonaux en suspension dans l’air calme entre −8 et −25 °C. La même physique que les parhélies, mais à l’envers : la lumière vient d’en bas. En Corée du Sud, des bateaux de pêche de calmars équipés de projecteurs intenses ont créé en 2017 des forêts entières de piliers bleutés visibles à des kilomètres.
  9. Case 09 La Fata Morgana — nommée d’après la Fée Morgane des légendes arthuriennes — est un mirage complexe superposant plusieurs images inversées et redressées d’objets lointains. Elle a fait naître la légende du Hollandais volant dès le XVIIe siècle. Les premiers croisés qui l’observèrent dans le détroit de Messine crurent que la magicienne faisait léviter des châteaux. Les frères Gruber furent les premiers à la reproduire en laboratoire, au-dessus du lac Cerknica en Slovénie, entre 1740 et 1806.
  10. Case 10 Des parhélies aux aurores, de STEVE aux gloires, chaque phénomène repose sur les mêmes ingrédients — lumière, matière, géométrie —, mais se révèle dans des conditions si précises qu’ils semblent des cadeaux. La bonne nouvelle : ils sont là tout le temps. Ce qui est rare, c’est simplement de lever les yeux. Et parfois, comme ici depuis ce hublot, l’atmosphère vous offre un soleil que vous seul pouvez voir.

Ce qu’il faut retenir

  • Les phénomènes optiques atmosphériques sont aussi appelés photométéores
  • Ils résultent principalement de la réflexion, de la réfraction, de la diffraction ou de l’interférence de la lumière
  • Les parhélies apparaissent à 22 degrés de chaque côté du Soleil
  • Le rayon vert peut être brièvement visible au coucher du Soleil
  • Le spectre de Brocken associe une ombre agrandie à une gloire colorée
  • La Fata Morgana superpose plusieurs images déformées d’objets lointains

Sources et crédits

Auteur et responsable éditorial
Julien Lepage
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