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· Julien   Lepage

50/50
Jonathan Levine
2010

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Illustration de critique : 50/50
50/50 est un film de Jonathan Levine sorti en 2011, porté par Joseph Gordon-Levitt, Seth Rogen, Anna Kendrick et Bryce Dallas Howard. Présenté comme une comédie dramatique inspirée de faits réels, il repose sur un scénario signé Will Reiser, lui-même survivant d'un cancer. Dès l'annonce du projet, le mélange des genres intriguait : un film sur le cancer qui ne vire ni au mélo larmoyant, ni à la farce indécente, c'était un pari risqué.

L'histoire suit Adam, un jeune journaliste de 27 ans, dont la vie bascule lorsqu'un médecin lui apprend qu'il est atteint d'une tumeur maligne rare de la colonne vertébrale. Une chance sur deux d'y survivre — d'où le titre. Sa copine, sa mère envahissante et son meilleur pote un peu bourrin réagissent chacun à leur manière, avec des maladresses qui oscillent entre le tragique et le comique. Son quotidien devient un enchaînement de séances de chimio, de rendez-vous avec une thérapeute débutante, et de tentatives de normaliser l'inacceptable.

Le scénario a la bonne idée d'éviter de tomber trop lourdement dans le pathos, et c'est tant mieux. On nous épargne les grandes envolées tragiques ou les scènes fabriquées pour arracher des larmes à tout prix. L'humour, souvent porté par Seth Rogen, fonctionne dans un registre du potache sincère, avec des répliques bien placées qui allègent la gravité du sujet sans jamais le ridiculiser. Pourtant, on sent que la structure du film peine parfois à maintenir son équilibre entre comédie et drame. Les stéréotypes sont légion : l'ami un peu beauf, mais fidèle, la copine toxique qui ne supporte pas la maladie, la psy maladroite, mais charmante… Le film n'échappe pas toujours aux facilités d'écriture.

Le plus intéressant dans 50/50, ce n'est pas tant la trajectoire d'Adam que ce qu'elle révèle des relations humaines. Face à une épreuve aussi brutale, qui reste ? Qui fuit ? Qui supporte mal son propre rôle ? Le film a l'intelligence de ne pas trop en rajouter sur ces dynamiques, laissant les situations parler d'elles-mêmes. Mais là où il aurait pu être plus audacieux, il préfère une fin trop propre, trop rassurante, qui annule une partie du chemin parcouru. On aurait pu imaginer un dernier acte plus nuancé, plus brutal, moins en quête de feel-good.

Visuellement, Jonathan Levine ne fait pas de prouesse. La réalisation est fonctionnelle, avec une photographie sobre et une mise en scène qui laisse la place aux dialogues et aux interactions. La bande-son, elle, accompagne sans s'imposer, avec quelques morceaux bien choisis qui renforcent l'aspect intime du récit.

Le casting porte le film avec conviction. Joseph Gordon-Levitt livre une performance impeccable, toute en retenue, sans jamais sombrer dans l'excès. Seth Rogen, égal à lui-même, joue un rôle qui lui colle à la peau, oscillant entre le lourdingue et le sincèrement touchant. Anna Kendrick est parfaite en thérapeute trop jeune et un peu dépassée, tandis que Bryce Dallas Howard endosse un rôle ingrat avec efficacité.

50/50 est un film qui aurait pu être plus marquant s'il avait osé aller au bout de ses promesses. Il reste agréable, touchant, parfois drôle et souvent sincère, mais son manque d'audace empêche une véritable percée émotionnelle. Un bon moment de cinéma, mais qui laisse une légère frustration une fois le générique terminé.
Ma note61%
Vu le 24 Avril 2012


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