Les amateurs (saison 1)
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En adaptant The wrong mans, la série britannique de Mathew Baynton et James Corden, Fred Scotlande et Chloé Marçais avaient sans doute en tête de créer le buddy-movie français de l'année. Avec Vincent Dedienne et François Damiens dans les rôles principaux, accompagnés de Fanny Sidney et Anne Benoît, la série promettait de mélanger comédie et thriller dans une course-poursuite déjantée. Diffusée sur Disney+ en octobre 2022, cette production franco-belge arrivait avec l'espoir de renouveler le genre de la comédie d'action à la française, un territoire souvent miné par les facilités et les clichés.
L'intrigue nous embarque dans les mésaventures de Vincent, employé administratif fraîchement largué, et d'Alban, agent d'entretien trentenaire qui vit encore chez sa mère. Un téléphone trouvé près d'un accident de voiture va transformer ces deux losers en héros malgré eux, plongés dans une affaire de rançon impliquant la mafia albanaise. Au fil de six épisodes de trente minutes, le duo va s'enfoncer toujours plus profondément dans un complot d'espionnage qui les dépasse complètement, multipliant les quiproquos et les situations périlleuses. Cette mécanique du malentendu, éprouvée depuis les grands classiques de Billy Wilder, constitue le moteur narratif de l'ensemble.
Remake dispensable. Le scénario, lui, est cousu de fil blanc, et l'on peine à comprendre pourquoi adapter une série britannique déjà formatée pour le divertissement grand public. Les créateurs français se contentent de transposer mécaniquement les ressorts de l'original sans vraiment se les approprier ni y apporter une vision personnelle. Cette approche paresseuse se ressent dès les premiers épisodes : les rebondissements s'enchaînent de manière prévisible, les retournements de situation tombent comme des cheveux sur la soupe, et l'escalade de l'absurde suit une courbe trop linéaire pour surprendre. Les facilités narratives s'accumulent au point de transformer l'intrigue en simple prétexte à gags, sans que jamais une véritable tension dramatique ne s'installe durablement.
Les personnages principaux souffrent d'une caractérisation trop schématique qui les enferme dans des archétypes convenus. Vincent incarne le névrosé citadin typique, coincé entre ses angoisses existentielles et ses velléités de rédemption, tandis qu'Alban représente le bon gros belge naïf et attachant. Cette dichotomie, qui pourrait générer des étincelles comiques, tourne rapidement en rond faute d'un développement psychologique suffisant. Les personnages secondaires, notamment Louise, l'ex-petite amie (et patronne) de Vincent, et la mère d'Alban, restent cantonnés à des rôles fonctionnels sans jamais gagner en épaisseur. Cette superficialité empêche l'identification et prive la série d'une dimension émotionnelle qui aurait pu compenser les faiblesses du scénario.
La série tente d'explorer les thèmes de l'amitié masculine et de la seconde chance à travers le prisme de la comédie d'action, mais ce traitement reste terriblement convenu. Le message sur la nécessité de sortir de sa zone de confort et de prendre des risques pour évoluer transparaît avec une évidence pesante, sans subtilité ni originalité. L'évocation de la France périphérique et de ses laissés-pour-compte aurait pu offrir un angle d'approche intéressant, mais les créateurs préfèrent survoler ces enjeux sociaux au profit d'un divertissement de surface. Cette frilosité thématique témoigne d'une ambition limitée et d'une volonté de ne prendre aucun risque narratif.
Sur le plan technique, Les amateurs fait preuve d'un professionnalisme certain sans jamais vraiment impressionner. La réalisation de Fred Scotlande privilégie un style nerveux fait de jump cuts et de mouvements de caméra dynamiques, dans la lignée des productions Netflix contemporaines. Cette esthétique calibrée pour les écrans de smartphones fonctionne correctement mais manque de personnalité. La photographie belge, entre grisaille urbaine et intérieurs étriqués, restitue fidèlement l'ambiance petit-bourgeoise des protagonistes sans pour autant créer une identité visuelle marquante. La bande-son, composée de musiques électroniques formatées, accompagne l'action sans jamais la transcender.
Si Dedienne/Damiens, mais aussi Fanny Sydney et Anne Benoît sont excellents, ils ne parviennent pas à sauver l'ensemble. Vincent Dedienne, habitué aux planches et aux rôles d'intellectuel torturé, trouve ici un registre qui lui sied parfaitement. Sa capacité à incarner la névrose bobo avec un mélange de pathétique et d'autodérision fonctionne à merveille. François Damiens, fidèle à sa réputation d'improvisation et d'authenticité, apporte une humanité touchante à son personnage d'éternel adolescent. Leur complicité, née lors du tournage selon les témoignages de l'équipe, transpire à l'écran et constitue indéniablement le point fort de la série. Anne Benoît, en mère possessive, mais aimante, livre une prestation juste qui évite les caricatures, tandis que Fanny Sidney campe une Louise crédible malgré un rôle un peu ingrat.
Les amateurs illustre parfaitement les travers du remake paresseux et de l'adaptation sans âme. Les gags ne suffisent pas à maintenir l'intérêt au-delà de quelques séquences réussies, et l'on sort de ces six épisodes avec l'impression d'avoir perdu son temps. Très moyen ! Malgré un casting de qualité et quelques moments de grâce comique, la série peine à justifier son existence face à l'original britannique ou aux nombreuses comédies d'action qui ont jalonné le paysage audiovisuel français.
L'intrigue nous embarque dans les mésaventures de Vincent, employé administratif fraîchement largué, et d'Alban, agent d'entretien trentenaire qui vit encore chez sa mère. Un téléphone trouvé près d'un accident de voiture va transformer ces deux losers en héros malgré eux, plongés dans une affaire de rançon impliquant la mafia albanaise. Au fil de six épisodes de trente minutes, le duo va s'enfoncer toujours plus profondément dans un complot d'espionnage qui les dépasse complètement, multipliant les quiproquos et les situations périlleuses. Cette mécanique du malentendu, éprouvée depuis les grands classiques de Billy Wilder, constitue le moteur narratif de l'ensemble.
Remake dispensable. Le scénario, lui, est cousu de fil blanc, et l'on peine à comprendre pourquoi adapter une série britannique déjà formatée pour le divertissement grand public. Les créateurs français se contentent de transposer mécaniquement les ressorts de l'original sans vraiment se les approprier ni y apporter une vision personnelle. Cette approche paresseuse se ressent dès les premiers épisodes : les rebondissements s'enchaînent de manière prévisible, les retournements de situation tombent comme des cheveux sur la soupe, et l'escalade de l'absurde suit une courbe trop linéaire pour surprendre. Les facilités narratives s'accumulent au point de transformer l'intrigue en simple prétexte à gags, sans que jamais une véritable tension dramatique ne s'installe durablement.
Les personnages principaux souffrent d'une caractérisation trop schématique qui les enferme dans des archétypes convenus. Vincent incarne le névrosé citadin typique, coincé entre ses angoisses existentielles et ses velléités de rédemption, tandis qu'Alban représente le bon gros belge naïf et attachant. Cette dichotomie, qui pourrait générer des étincelles comiques, tourne rapidement en rond faute d'un développement psychologique suffisant. Les personnages secondaires, notamment Louise, l'ex-petite amie (et patronne) de Vincent, et la mère d'Alban, restent cantonnés à des rôles fonctionnels sans jamais gagner en épaisseur. Cette superficialité empêche l'identification et prive la série d'une dimension émotionnelle qui aurait pu compenser les faiblesses du scénario.
La série tente d'explorer les thèmes de l'amitié masculine et de la seconde chance à travers le prisme de la comédie d'action, mais ce traitement reste terriblement convenu. Le message sur la nécessité de sortir de sa zone de confort et de prendre des risques pour évoluer transparaît avec une évidence pesante, sans subtilité ni originalité. L'évocation de la France périphérique et de ses laissés-pour-compte aurait pu offrir un angle d'approche intéressant, mais les créateurs préfèrent survoler ces enjeux sociaux au profit d'un divertissement de surface. Cette frilosité thématique témoigne d'une ambition limitée et d'une volonté de ne prendre aucun risque narratif.
Sur le plan technique, Les amateurs fait preuve d'un professionnalisme certain sans jamais vraiment impressionner. La réalisation de Fred Scotlande privilégie un style nerveux fait de jump cuts et de mouvements de caméra dynamiques, dans la lignée des productions Netflix contemporaines. Cette esthétique calibrée pour les écrans de smartphones fonctionne correctement mais manque de personnalité. La photographie belge, entre grisaille urbaine et intérieurs étriqués, restitue fidèlement l'ambiance petit-bourgeoise des protagonistes sans pour autant créer une identité visuelle marquante. La bande-son, composée de musiques électroniques formatées, accompagne l'action sans jamais la transcender.
Si Dedienne/Damiens, mais aussi Fanny Sydney et Anne Benoît sont excellents, ils ne parviennent pas à sauver l'ensemble. Vincent Dedienne, habitué aux planches et aux rôles d'intellectuel torturé, trouve ici un registre qui lui sied parfaitement. Sa capacité à incarner la névrose bobo avec un mélange de pathétique et d'autodérision fonctionne à merveille. François Damiens, fidèle à sa réputation d'improvisation et d'authenticité, apporte une humanité touchante à son personnage d'éternel adolescent. Leur complicité, née lors du tournage selon les témoignages de l'équipe, transpire à l'écran et constitue indéniablement le point fort de la série. Anne Benoît, en mère possessive, mais aimante, livre une prestation juste qui évite les caricatures, tandis que Fanny Sidney campe une Louise crédible malgré un rôle un peu ingrat.
Les amateurs illustre parfaitement les travers du remake paresseux et de l'adaptation sans âme. Les gags ne suffisent pas à maintenir l'intérêt au-delà de quelques séquences réussies, et l'on sort de ces six épisodes avec l'impression d'avoir perdu son temps. Très moyen ! Malgré un casting de qualité et quelques moments de grâce comique, la série peine à justifier son existence face à l'original britannique ou aux nombreuses comédies d'action qui ont jalonné le paysage audiovisuel français.
Ma note38%
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