Aller au contenu principal

· Julien   Lepage

Dragon ball Z : les mercenaires de l'espace
Yoshihiro Ueda
1993

Précédent
Suivant

Mode lecture activé pour faciliter la lecture des critiques longues.

Illustration de critique : Dragon ball Z : les mercenaires de l'espace
J'ai revu ce petit film animé de 1993 avec l'esprit un peu nostalgique de 2016, pas celui du fan hardcore qui hurle dès que quelque chose dévie d'un continuum théorique. Ici, j'ai essayé de regarder Les mercenaires de l'espace comme on revoit un pote d'enfance qu'on n'a pas vu depuis des années : avec une bonne dose d'affection, un soupçon de recul, et l'envie de se marrer un peu. Réalisé par Yoshihiro Ueda, avec une bande de persos qu'on a appris à connaître pendant des années, ce film a une drôle d'aura. À l'époque, c'était l'occasion de revoir des visages familiers loin d'un arc narratif officiel, et c'est peut-être ça qui le rend attachant.

Le pitch est simple comme bonjour : un riche milliardaire organise un tournoi d'arts martiaux… intergalactique! Ce qui commence comme un concours au Soleil tourne rapidement au chaos quand Bojack et sa bande de mercenaires volent la vedette aux combattants invités. On enchaîne les affrontements : des duels aussi improbables que Ten Shin Han contre Trunks… jusqu'à ce que Gohan soit obligé d'affronter à lui seul l'équipe ennemie. Bref, avant même que Gokū fasse un bref coucou depuis l'Au-delà, tout part en vrille.

Ce qui m'a toujours frappé, c'est la façon dont le scénario gère son contexte temporel : on est juste après les Cell Games, Gokū est techniquement mort et Gohan est installé en tête d'affiche avec son SSJ2. Un choix narratif rare pour l'époque puisque les films DBZ avaient tendance à remettre Gokū au centre coûte que coûte. Ça donne une sorte de cohérence interne qui manque à beaucoup de films dérivés, même si ici et là le fil logique se tend un peu (par exemple, la longueur des cheveux de Trunks du futur donne matière à débat sur le moment exact où l'histoire se situe).

Côté personnages, le film fait quelque chose que je n'attendais plus trop : il leur donne de l'espace. Pas juste des poses héroïques et des kamehameha en boucle, mais une vraie présence, même pour des types comme Ten Shin Han ou Krilin, qui souvent se retrouvent relégués au banc de touche. Krilin a même quelques instants à lui, ce qui est une petite victoire pour un perso qui, dans la série, passe parfois plus de temps à se faire taper dessus qu'autre chose. Et puis oui, voir Gohan en Super Saiyan 2, c'est toujours aussi classe : ça n'a rien de révolutionnaire, mais ça marche.

Le film touche à des thèmes simples (responsabilité, dépassement de soi, solidarité), mais il le fait sans se prendre trop au sérieux. Ce n'est pas un chef-d'œuvre philosophique, loin de là, mais on sent que ce n'est pas juste une excuse pour aligner des combats. Il y a une construction : un tournoi, un chaos qui s'installe, et une montée en puissance logique qui donne à la dernière demi-heure une vraie tension dramatique (même si, parfois, certains combats semblent surgir comme par magie sans trop d'explication).

Techniquement, pour l'époque, c'est plutôt propre. L'animation est plus fluide et lisible que dans beaucoup d'autres films DBZ de ces années-là, les décors sont suffisamment variés pour ne pas lasser, et l'action est cadrée de façon à ce qu'on comprenne ce qui se passe. Ce n'est pas du Akira ou du Ghost in the shell niveau révolution esthétique, mais pour un film dérivé d'une série télé, ça envoie. Et puis la musique de Shunsuke Kikuchi colle bien à l'ensemble, même si on sent parfois ses thèmes familiers revenir comme de vieux amis entendus mille fois.

Parlons vite fait des voix : qu'on aime le doublage japonais ou qu'on ait grandi avec les voix françaises parfois improbables, il y a un vrai attachement à ces prestations. Rien qui te fasse dire « wow, c'est un chef-d'œuvre de la performance », mais un alignement solide et cohérent avec ce que la série nous avait habitués.

Au final, ce film n'est pas le genre de chose qui te fera te lever la nuit. Il ne révolutionne pas le médium ni ne redéfinit les codes du genre. Mais il y a quelque chose d'authentique dans son énergie, dans la manière dont il semble dire : on sait d'où on vient, on kiffe nos persos, et on va faire un truc qui a de la gueule. Et ça suffit souvent pour passer un bon moment. Sans doute pas un classique absolu, mais un bon petit épisode prolongé que beaucoup reviennent voir, chaque fois avec ce petit sourire en coin de nostalgie.
Ma note70%
Vu le 5 Septembre 2016


Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier !

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés avant publication.