Dragon ball Z : Baddack contre Freezer
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Il y a quelque chose de presque mythique autour de ce vieux téléfilm de Mitsuo Ashimoto, sorti discrètement en 1990 au Japon. On le découvre souvent sur le tard, un peu par accident, comme un supplément oublié au coffret DVD de Dragon ball Z. Pourtant, dès qu'on le lance, on sent qu'on n'est pas dans un simple hors-série : l'atmosphère pèse, la musique tire vers le tragique, et le destin du père de Son Gokū prend soudain des proportions quasi mythologiques. À l'époque, personne n'attendait un « film » centré sur Baddack. Même Toriyama n'avait pas vraiment prévu ce personnage : il en a juste donné l'idée générale, et c'est la Toei qui a façonné toute sa personnalité. Résultat : un truc un peu bricolé, mais avec une âme.
L'histoire, tout le monde la connaît vaguement : des visions du futur, un tyran galactique décidé à effacer une race entière, un père qui se transforme en Cassandre saïyenne, et une planète promise à l'explosion. Dans les faits, c'est un récit simple, presque dépouillé. Baddack est un guerrier de troisième catégorie, un type dur, jamais le dernier pour raser une planète entière, et qui apprend d'un coup (littéralement d'un coup sur la tête) que son monde va disparaître. Les visions ne sont pas très subtiles, mais elles installent un vrai malaise : on y voit Freezer rire comme un démon d'opéra, Son Gokū grandir sur Terre, et l'inévitable catastrophe approcher en silence. Le film n'essaie jamais de maquiller l'évidence : Baddack est condamné, et il le sait. C'est ce qui donne au final son ton si particulier, presque mélancolique.
Le scénario n'est pas un modèle d'écriture, loin de là. Le pouvoir de prémonition, par exemple, c'est du pur deus ex machina : un Kanassan agonisant qui balance un « sort » à Baddack… pourquoi pas, mais on sent que l'équipe voulait aller vite. Pourtant, malgré cette facilité, l'histoire fonctionne parce qu'elle va droit au but : on suit un type pas spécialement sympathique, forcé de regarder sa vie en face. Et là, ça devient intéressant. Contrairement à d'autres personnages de Dragon ball Z, qui se transforment grâce à l'amitié ou la justice ou la lumière intérieure, Baddack ne change pas vraiment. Il reste rugueux, rancunier, rempli de colère. Il se bat plus par instinct que par grandeur d'âme. C'est presque rafraîchissant.
Ce qui frappe, c'est la manière dont le film traite la société saïyenne. On savait déjà que c'était une civilisation violente, mais ici, la Toei décide de tout montrer sans filtre : les missions de conquête, l'indifférence totale pour les enfants, la hiérarchie écrasante, la dépendance aveugle à Freezer. Il y a même une scène d'archive (créée pour l'occasion) où l'on voit les Saïyens revenir de mission comme une bande de mercenaires triomphants, inconscients d'être les futurs jouets d'un empire. Cette vision plus politique des Saïyens, déjà esquissée dans le manga, mais jamais autant développée, donne au téléfilm un côté documentaire. Une anecdote amusante : l'équipe de la Toei avait tellement envie de montrer « la vraie vie saïyenne » que Toriyama lui-même a repris certaines idées pour son manga, notamment le design du bandeau de Baddack.
Visuellement, le téléfilm accuse son âge. L'animation n'est pas honteuse, mais franchement, certaines séquences ressemblent plus à des diapositives mises bout à bout qu'à de véritables plans animés. Le face-à-face final contre Freezer, surtout, a de quoi frustrer : pas de combat épique, pas d'échange de coups titanesques. Juste un minuscule guerrier qui fonce vers une boule de la mort grande comme une Lune. C'est court, c'est abrupt, mais ça a de l'impact. Et on est encore loin des choix musicaux des doublages américains ultérieurs, qui ont tenté de « rockiser » tout ça avec du metal improbable (il existe même une version FUNimation où l'on entend une sorte de Linkin Park au rabais : une curiosité assez culte chez les fans).
Les voix japonaises, par contre, sont impeccables. Masako Nozawa, qui double à la fois Son Gokū et Baddack (oui : le père et le fils), donne à ce dernier une énergie complètement différente : plus grave, plus cynique, fatiguée. C'est un détail, mais il contribue énormément à la personnalité du personnage. Ryūsei Nakao, de son côté, campe un Freezer délicieusement détestable, déjà au sommet de son rire aristocratique : une performance qui a façonné l'image du personnage pendant trente ans.
Au bout du compte, ce téléfilm laisse une sensation étrange, à mi-chemin entre le respect et la frustration. Ce n'est pas un chef-d'œuvre, pas une catastrophe non plus. C'est un morceau à part dans la grande saga Dragon ball, un petit tragique galactique coincé entre deux arcs beaucoup plus clinquants. Son ambiance sombre, son refus d'offrir un vrai combat final et son héros imparfait en font une œuvre qui touche… mais pas toujours là où elle vise. On le regarde avec plaisir, parfois avec tendresse, tout en se disant qu'il manquait un petit quelque chose pour en faire un moment vraiment inoubliable.
L'histoire, tout le monde la connaît vaguement : des visions du futur, un tyran galactique décidé à effacer une race entière, un père qui se transforme en Cassandre saïyenne, et une planète promise à l'explosion. Dans les faits, c'est un récit simple, presque dépouillé. Baddack est un guerrier de troisième catégorie, un type dur, jamais le dernier pour raser une planète entière, et qui apprend d'un coup (littéralement d'un coup sur la tête) que son monde va disparaître. Les visions ne sont pas très subtiles, mais elles installent un vrai malaise : on y voit Freezer rire comme un démon d'opéra, Son Gokū grandir sur Terre, et l'inévitable catastrophe approcher en silence. Le film n'essaie jamais de maquiller l'évidence : Baddack est condamné, et il le sait. C'est ce qui donne au final son ton si particulier, presque mélancolique.
Le scénario n'est pas un modèle d'écriture, loin de là. Le pouvoir de prémonition, par exemple, c'est du pur deus ex machina : un Kanassan agonisant qui balance un « sort » à Baddack… pourquoi pas, mais on sent que l'équipe voulait aller vite. Pourtant, malgré cette facilité, l'histoire fonctionne parce qu'elle va droit au but : on suit un type pas spécialement sympathique, forcé de regarder sa vie en face. Et là, ça devient intéressant. Contrairement à d'autres personnages de Dragon ball Z, qui se transforment grâce à l'amitié ou la justice ou la lumière intérieure, Baddack ne change pas vraiment. Il reste rugueux, rancunier, rempli de colère. Il se bat plus par instinct que par grandeur d'âme. C'est presque rafraîchissant.
Ce qui frappe, c'est la manière dont le film traite la société saïyenne. On savait déjà que c'était une civilisation violente, mais ici, la Toei décide de tout montrer sans filtre : les missions de conquête, l'indifférence totale pour les enfants, la hiérarchie écrasante, la dépendance aveugle à Freezer. Il y a même une scène d'archive (créée pour l'occasion) où l'on voit les Saïyens revenir de mission comme une bande de mercenaires triomphants, inconscients d'être les futurs jouets d'un empire. Cette vision plus politique des Saïyens, déjà esquissée dans le manga, mais jamais autant développée, donne au téléfilm un côté documentaire. Une anecdote amusante : l'équipe de la Toei avait tellement envie de montrer « la vraie vie saïyenne » que Toriyama lui-même a repris certaines idées pour son manga, notamment le design du bandeau de Baddack.
Visuellement, le téléfilm accuse son âge. L'animation n'est pas honteuse, mais franchement, certaines séquences ressemblent plus à des diapositives mises bout à bout qu'à de véritables plans animés. Le face-à-face final contre Freezer, surtout, a de quoi frustrer : pas de combat épique, pas d'échange de coups titanesques. Juste un minuscule guerrier qui fonce vers une boule de la mort grande comme une Lune. C'est court, c'est abrupt, mais ça a de l'impact. Et on est encore loin des choix musicaux des doublages américains ultérieurs, qui ont tenté de « rockiser » tout ça avec du metal improbable (il existe même une version FUNimation où l'on entend une sorte de Linkin Park au rabais : une curiosité assez culte chez les fans).
Les voix japonaises, par contre, sont impeccables. Masako Nozawa, qui double à la fois Son Gokū et Baddack (oui : le père et le fils), donne à ce dernier une énergie complètement différente : plus grave, plus cynique, fatiguée. C'est un détail, mais il contribue énormément à la personnalité du personnage. Ryūsei Nakao, de son côté, campe un Freezer délicieusement détestable, déjà au sommet de son rire aristocratique : une performance qui a façonné l'image du personnage pendant trente ans.
Au bout du compte, ce téléfilm laisse une sensation étrange, à mi-chemin entre le respect et la frustration. Ce n'est pas un chef-d'œuvre, pas une catastrophe non plus. C'est un morceau à part dans la grande saga Dragon ball, un petit tragique galactique coincé entre deux arcs beaucoup plus clinquants. Son ambiance sombre, son refus d'offrir un vrai combat final et son héros imparfait en font une œuvre qui touche… mais pas toujours là où elle vise. On le regarde avec plaisir, parfois avec tendresse, tout en se disant qu'il manquait un petit quelque chose pour en faire un moment vraiment inoubliable.
Ma note67%
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